
L'Italie suspend Schengen avec l'Espagne après l'afflux de 60 000 migrants à Ceuta, 34 morts
Le ministre de l'Intérieur Piantedosi a ordonné la fermeture des frontières aériennes et maritimes après qu'un comité a examiné de nouveaux renseignements sur l'afflux dans l'enclave espagnole, où 34 personnes sont mortes en tentant d'atteindre la côte.
L'urgence à Ceuta
On estime que 60 000 migrants ont tenté d'entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc en l'espace de quelques heures, selon les autorités espagnoles. Au moins 34 personnes sont mortes en tentant d'atteindre la côte et 30 ont été arrêtées lors d'affrontements à la frontière. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu à Ceuta et a décrit l'événement comme un défi direct au contrôle national.
Ce qui s'est passé est une attaque contre la souveraineté territoriale de l'Espagne.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé les images en provenance de l'enclave inacceptables et a appelé à des retours rapides. Madrid a souligné que la crise n'était pas liée à sa décision de régulariser 500 000 migrants, mais à un récent arrêt de la Cour suprême que, selon elle, les réseaux criminels avaient exploité.
La fermeture des frontières par l'Italie
Le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a présidé une réunion du Comité d'analyse de l'immigration et de la sécurité des frontières au Viminale le matin du 31 juillet. À l'issue de la réunion, le ministère a ordonné la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne, fermant les frontières maritimes et aériennes aux voyageurs en provenance de la péninsule ibérique. La mesure a été justifiée par une menace grave pour la sécurité intérieure et l'ordre public.
Piantedosi s'est également entretenu par téléphone avec le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez. Les deux hommes sont convenus de renforcer les contrôles le long de la frontière terrestre entre l'Italie et la France dans le cadre des accords de coopération policière existants.
- La Première ministre Meloni qualifie les scènes de Ceuta de menace concrète pour la sécurité des frontières européennes et évoque des mesures extraordinaires.
- Le ministre de l'Intérieur Piantedosi préside le comité de sécurité des frontières au Viminale, examinant les renseignements sur l'afflux migratoire.
- Le Département d'État accuse l'Espagne de faciliter délibérément l'immigration illégale en Europe ; Trump reprend cet avertissement.
- L'Italie confirme la suspension de Schengen avec l'Espagne, fermant les frontières maritimes et aériennes ; la France accepte de renforcer les contrôles terrestres.
Réactions internationales
Les États-Unis ont accusé l'Espagne de chercher délibérément à encourager l'immigration illégale en Europe. Un communiqué du Département d'État a déclaré que l'incident était la conséquence directe des actions du gouvernement espagnol favorisant l'immigration irrégulière massive, ajoutant que Washington soutenait les Européens contre une violation de la souveraineté et des droits de l'homme. L'ancien président Donald Trump s'est également exprimé, avertissant qu'une crise similaire frapperait les États-Unis dans les trois ans.
La décision de Rome a suscité une réponse diplomatique immédiate de Madrid. Le ministre espagnol des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur italien, déclarant qu'un pays ami devrait offrir de la solidarité, non de la démagogie. La Première ministre italienne Giorgia Meloni avait auparavant signalé la volonté de son gouvernement de recourir à des instruments extraordinaires, qualifiant les scènes de Ceuta de menace concrète pour la sécurité des frontières européennes.
Les images qui nous parviennent de Ceuta sont choquantes et montrent que l'immigration illégale incontrôlée représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes.
Comment fonctionnent les suspensions de Schengen
Conformément au code frontières Schengen, un État membre peut rétablir des contrôles temporaires aux frontières lorsqu'il est confronté à une menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure. En cas d'événements imprévisibles, des contrôles peuvent être imposés immédiatement pour une durée maximale de 10 jours et prolongés jusqu'à 20 jours maximum. Dans les situations prévisibles, la période initiale est limitée à 30 jours, avec des prolongations possibles jusqu'à six mois, ou trois ans dans des circonstances exceptionnelles. Depuis 2006, la Commission européenne a enregistré 498 notifications de ce type ; l'Italie a eu recours à cette mesure 17 fois, la dernière pendant quelques jours en juillet lors d'un rassemblement dans le Val di Susa et en continu à la frontière slovène depuis 2023.
Les images de Ceuta sont inacceptables.
La suite
La suspension italienne restera en vigueur aussi longtemps que nécessaire pour faire face à la menace. Le gouvernement devrait notifier à Bruxelles la portée exacte et le calendrier. La protestation diplomatique de l'Espagne reflète un fossé croissant entre les deux partenaires européens sur la politique migratoire, tandis que le renforcement parallèle par la France des contrôles terrestres avec l'Italie suggère un durcissement plus large des frontières internes de l'Europe.

