L'Irlande adopte une loi interdisant les marchandises des colonies israéliennes, mais exclut les services face aux critiques de l'opposition
Le Dáil a approuvé une loi interdisant l'importation de marchandises provenant des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, mais le gouvernement a rejeté un amendement de l'opposition visant à étendre l'interdiction aux services.
Contexte
Le projet de loi, intitulé officiellement « Loi de 2026 sur les colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé (interdiction d'importation de marchandises) », trouve son origine dans une proposition de 2018 de la sénatrice indépendante Frances Black. Son projet de loi sur les territoires occupés visait à interdire tout commerce, biens et services, en provenance des colonies israéliennes illégales. Cette relance a pris de l'ampleur après l'avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) en juillet 2024, qui concluait que l'occupation israélienne violait le droit international.
- La sénatrice Frances Black rédige le projet de loi sur les territoires occupés, appelant à une interdiction des marchandises et services israéliens en provenance des territoires palestiniens occupés.
- Le projet de loi est adopté par le Dáil et le Seanad, mais le gouvernement émet des réserves sur les aspects juridiques pratiques.
- La Cour internationale de justice rend un avis consultatif concluant que l'occupation israélienne viole le droit international.
- Le projet de loi connaît de nouveaux retards dans un contexte d'attention politique accrue après les attaques du 7 octobre et la réponse militaire israélienne.
- Le Dáil adopte le projet de loi du gouvernement interdisant les marchandises des colonies israéliennes ; les services sont exclus.
Ce que fait la loi
La version du gouvernement, adoptée mardi, interdit uniquement l'importation de marchandises en provenance de « certaines colonies israéliennes ». Elle remplace le projet de loi plus large de Frances Black et se présente comme un moyen pour l'Irlande de remplir ses obligations internationales découlant de l'avis de la CIJ. La loi devrait entrer en vigueur avant la pause estivale de l'Oireachtas, le 16 juillet.
Débat sur l'exclusion des services
Les partis d'opposition ont estimé que le projet de loi était vidé de sa substance en omettant les services, qui représentent selon eux environ 70 % des échanges. Les amendements visant à inclure les services ont été rejetés. Le député du Sinn Féin Donnchadh Ó Laoghaire a qualifié cette exclusion de « décision politique ». Le député de People Before Profit, Paul Murphy, a accusé le gouvernement de suspendre une politique étrangère indépendante « pour le bénéfice des multinationales américaines et par peur de fâcher Donald Trump ».
Nous avons suspendu une politique étrangère indépendante pour le bénéfice des multinationales américaines et par peur de fâcher Donald Trump, c'est ce qui se passe ici.
Le ministre d'État Neale Richmond a défendu le projet de loi, affirmant qu'il « répond pleinement » à l'engagement du programme gouvernemental. Il a qualifié l'idée que la loi soit motivée par des pressions américaines de « théorie du complot » et a prévenu qu'inclure les services rendrait le texte « inapplicable et grandement vulnérable à des contestations judiciaires ».
Le gouvernement a pris une décision suite à l'avis de la CIJ, estimant qu'il y avait une opportunité de s'appuyer sur le bon travail de la sénatrice Black et de présenter un texte législatif qui nous mènera en partie vers cet objectif.
Contexte international
Cette initiative irlandaise est l'une des mesures commerciales les plus ambitieuses d'Europe concernant l'occupation israélienne. Le gouvernement a souligné que la législation européenne crée des « défis énormes » pour l'application d'une interdiction des services et que les États membres doivent identifier le niveau juridique approprié pour agir. Des discussions similaires sont en cours au niveau de l'UE concernant l'accord de partenariat UE-Israël.
Prochaines étapes
Le projet de loi étant désormais à l'étape du rapport et de la finale au Dáil et au Seanad, il devrait être promulgué avant la pause estivale. La ministre des Affaires étrangères, Helen McEntee, a été en contact avec le procureur général, Rossa Fanning, pour garantir la solidité juridique du texte.


