
L'acquéreur italien de logiciels Bending Spoons grimpe jusqu'à 9,8 % lors de ses débuts au Nasdaq, valorisant le groupe milanais à 18,4 milliards de dollars
Les actions de la société milanaise, qui rachète et restructure des marques internet en difficulté comme AOL et Vimeo, ont grimpé entre 6,9 % et 9,8 % lors de leur premier jour de cotation après une introduction en Bourse élargie qui a permis de lever 1,68 milliard de dollars.
L'introduction en Bourse
Bending Spoons a fait son entrée au Nasdaq Global Select Market mercredi sous le ticker BSP. La société et ses actionnaires existants ont vendu 57,97 millions d'actions à 29 dollars pièce, dépassant la fourchette indicative de 26 à 28 dollars. L'opération a valorisé le groupe à 18,4 milliards de dollars et constitue l'une des plus importantes introductions en Bourse européennes de l'année.
À la clôture, l'action s'établissait à 31,85 dollars selon le Financial Times, soit une hausse de 9,8 %, tandis que Reuters faisait état d'une progression de près de 7 %. Ce bond a transformé les participations des quatre cofondateurs restants en fortunes de plusieurs milliards de dollars.
Le modèle économique
Fondée en 2013 comme studio d'applications mobiles, Bending Spoons est devenue un acquéreur de produits numériques réputés mais sous-performants. Son portefeuille comprend désormais Vimeo, AOL, Eventbrite, WeTransfer, Evernote, Meetup, Brightcove et Komoot, entre autres.
La société reconstruit chaque activité de fond en comble, l'intègre sur une plateforme commune et applique une restructuration agressive des coûts et des modifications de tarification. L'objectif est de générer un rendement annualisé d'au moins 25 % sur le capital, même si le groupe ne revend pas ses acquisitions.
Notre thèse consiste à intégrer très profondément ces entreprises sur notre plateforme et à les reconstruire presque entièrement : la technologie, le produit, la monétisation et une grande partie de l'équipe.
Le chiffre d'affaires est passé de 387 millions de dollars en 2023 à 1,31 milliard de dollars en 2025, un rythme de croissance qui a soutenu le discours de l'introduction en Bourse.
- 2023
- 387 M$
- 2024
- 671 M$
- 2025
- 1310 M$
L'IA et la philosophie de minimiser la chance
Le cofondateur et directeur produit Matteo Danieli a déclaré à TechCrunch que l'entreprise intègre l'apprentissage automatique dans ses produits depuis ses débuts, une pratique que son document réglementaire qualifie d'« IA avant que ce ne soit cool ».
Danieli a évoqué une précédente entreprise avortée, Evertale, qui tentait de générer automatiquement un journal de vie grâce à l'apprentissage automatique. Cette expérience, a-t-il dit, a appris à l'équipe que la chance joue un grand rôle dans le succès des jeunes pousses et a nourri une « obsession à trouver une stratégie qui réduirait autant que possible le rôle de la chance dans la croissance et la réussite ».
Le document F-1 de la société reprend ce motif, affirmant que « la chance n'a aucune importance lorsqu'on recherche l'excellence opérationnelle ».
Au cours des dix-huit derniers mois, nous avons assisté à une accélération incroyable du rythme auquel nous étions capables de livrer de nouvelles fonctionnalités et de créer de la valeur pour les utilisateurs.
Suppressions d'emplois et accueil du marché
Les méthodes de Bending Spoons ont suscité des critiques publiques pour les licenciements consécutifs aux acquisitions. Le PDG Luca Ferrari a soutenu que ces réductions d'effectifs sont nécessaires au redressement des entreprises.
L'introduction en Bourse a été suivie de près comme un indicateur de l'appétit des investisseurs pour le secteur des logiciels, qui fait face à des questions sur la manière dont l'intelligence artificielle va remodeler les modèles économiques traditionnels. Le prix supérieur à la fourchette et le rebond du premier jour suggèrent une demande institutionnelle robuste. Cette entrée en Bourse fait suite à d'autres introductions récentes, notamment celles de SpaceX et de Neutron Holdings, maison mère de Lime.
La suite
Le prospectus de la société énumère plus de 1 000 cibles d'acquisition potentielles, publiques et privées. Ferrari a déclaré à Axios qu'il s'attend à ce qu'environ 90 % d'entre elles soient achetables avec une offre suffisamment attrayante au cours des cinq à six prochaines années, tout en précisant que les intégrations profondes limitent le rythme à environ quatre ou cinq opérations par an.
Le plus grand défaut ou inconvénient de notre stratégie est que ces transformations sont extrêmement longues. Nous désassemblons presque une entreprise et essayons de la réinventer, dans sa version la plus performante et la plus réussie, puis nous tentons de combler l'écart entre l'état actuel et cette vision.


