
L'inflation chinoise de juillet inférieure aux prévisions alors que le choc pétrolier de la guerre en Iran commence à s'estomper
L'indice des prix à la production chinois a augmenté de 3,5 % sur un an en juillet, contre 4,1 % en juin, tandis que l'inflation à la consommation a ralenti à 0,5 %, son rythme le plus lent depuis janvier, alors que la baisse des prix du pétrole consécutive au choc de la guerre en Iran se diffusait dans l'économie.
Les données d'inflation inférieures aux prévisions
Le Bureau national des statistiques de Chine a annoncé dimanche que l'indice des prix à la production avait augmenté de 3,5 % sur un an en juillet, contre 4,1 % en juin et inférieur à la hausse de 3,8 % prévue par un sondage Reuters. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,5 % sur un an, son rythme le plus lent depuis janvier, contre une croissance de 1 % en juin et une hausse attendue de 0,8 %. Sur une base mensuelle, l'IPC a baissé de 0,1 %, contre des prévisions de hausse de 0,2 % et après une baisse de 0,3 % en juin. La modération de la croissance des prix à la production est la première depuis le déclenchement de la guerre en Iran fin février, qui avait fait repasser l'indice en territoire positif après des années de déflation.
- IPC juin (en glissement annuel)
- 1 %
- IPC juillet (en glissement annuel)
- 0.5 %
- IPP juin (en glissement annuel)
- 4.1 %
- IPP juillet (en glissement annuel)
- 3.5 %
Le recul du pétrole freine l'inflation
Le Bureau national des statistiques a souligné le ralentissement de la hausse sur un an des prix de l'essence comme un facteur majeur de l'affaiblissement de l'IPC. Les prix de l'essence ont augmenté de 1 % sur un an mais ont chuté de 11 % sur un mois. La fermeture du détroit d'Ormuz suite aux attaques américaines et israéliennes contre l'Iran avait provoqué une flambée des prix du pétrole, qui ont depuis reculé par rapport aux sommets précédents. Le pétrole Brent, référence internationale, s'échangeait à 83,55 $ le baril vendredi, contre plus de 110 $ en avril. Le bureau a cité les hausses de prix dans l'extraction de pétrole et de gaz, le raffinage et les matières premières chimiques comme facteurs contribuant à la lecture de l'IPP.
- Début de la guerre en Iran, faisant repasser l'IPP en croissance positive après des années de déflation
- Le pétrole Brent se négocie au-dessus de 110 $ le baril en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz
- Les ventes au détail reculent pour la première fois depuis 2022
- Les dirigeants s'engagent à accélérer les dépenses budgétaires mais s'abstiennent de dévoiler des mesures de relance majeures
- Le pétrole Brent tombe à 83,55 $ le baril ; les exportations augmentent de près de 24 % sur un an
- Le BNS annonce un IPC à 0,5 % et un IPP à 3,5 % en juillet, tous deux inférieurs aux prévisions
La demande intérieure reste atone
Ces dernières données font suite à des chiffres soulignant les inquiétudes concernant la dynamique économique. L'indice officiel des directeurs d'achats manufacturiers a baissé en juillet pour la première fois en cinq mois, et un autre indice PMI couvrant les services et la construction a atteint son plus bas niveau depuis 2022. Les ventes au détail, couvrant les biens et la restauration, ont diminué en mai pour la première fois depuis 2022 et n'ont augmenté que de 1 % en juin. L'investissement fixe a baissé de 5,7 % sur un an au premier semestre. La croissance officielle du PIB au deuxième trimestre était de 4,3 %, inférieure à un objectif annuel officiel décrit comme le plus bas depuis des décennies. Lors d'une réunion du Politburo en juillet, un organe décisionnel de premier plan du Parti communiste, les dirigeants se sont engagés à accélérer les dépenses budgétaires mais se sont abstenus de dévoiler des mesures de relance majeures.
Les exportations soutiennent l'économie
Face aux pressions intérieures, les exportations chinoises ont fortement augmenté cette année et ont grimpé de près de 24 % sur un an en juillet. L'excédent commercial de la Chine en biens est désormais supérieur à celui de la même période en 2025, lorsqu'il avait atteint un niveau record de 1,2 billion de dollars, selon les chiffres publiés vendredi. La flambée des exportations contraste avec les signaux de faible demande intérieure contenus dans les données sur l'inflation et l'ISM, laissant l'économie dépendante de la demande extérieure alors que les décideurs politiques évaluent de nouvelles mesures budgétaires.


