- Milieu d'après-midi163 interpellations à Paris
- Plus tard dans la journée195 interpellations à Paris, dont 13 mineurs
- Dernier bilan272 interpellations dans le pays, selon le ministère de l'Intérieur
La mobilisation dans le pays
Samedi 17 octobre, des manifestants ont défilé dans les principales villes de France contre le coût de la vie, le sous-financement de l'enseignement public et les récentes violences policières. La CGT a chiffré la participation à plus de 500 000 personnes, un chiffre qu'elle a elle-même fourni. La journée prolonge plusieurs semaines de mobilisation de lycéens qui dénoncent le manque de moyens, d'enseignants et d'installations adéquates. Des sympathisants des gilets jaunes, des militants écologistes et des agriculteurs s'y sont également joints, selon Europa Press. Des sources policières attendaient 30 000 à 60 000 personnes à Paris et 90 000 à 170 000 dans le pays, des chiffres rapportés par BFMTV.
Paris et les heurts
Les manifestants se sont rassemblés place de la République dès le matin, et les forces de l'ordre y ont fait usage de gaz lacrymogène plusieurs heures avant que le cortège ne s'ébranle, plus tard que l'horaire prévu de 14 heures. La police a également déployé un canon à eau. Le défilé a ensuite progressé calmement jusqu'à la place de Clichy, son point d'arrivée. Ailleurs dans la capitale, des désordres, une voiture en feu et des tirs de gaz lacrymogène contre des rassemblements non autorisés ont été signalés. Les pompiers sont intervenus sur plusieurs véhicules incendiés, et le parquet a indiqué que la plupart des interpellations concernaient la participation à un groupement en vue de commettre des violences, le port de poings américains ou de projectiles, la dissimulation du visage, ou la détention de couteaux ou d'explosifs.
Interpellations et bilan évolutif
Le nombre d'interpellations a augmenté au fil de la journée. Une quarantaine de personnes ont d'abord été interpellées à Paris, principalement pour port d'équipements de protection ou d'armes interdits, selon la préfecture de police de Paris. À 11 heures, Paris comptait environ 60 personnes interpellées, et le ministère de l'Intérieur recensait 166 interpellations dans le pays à 12 heures, avec 140 actions recensées et 32 800 personnes mobilisées hors de Paris. Au milieu de l'après-midi, Paris comptait 163 interpellations, un chiffre porté à 195 dans un décompte rapporté plus tard dans la journée, incluant treize mineurs. Le dernier chiffre national du ministère de l'Intérieur est de 272, et il pourrait encore augmenter. La préfecture a indiqué que les actions violentes annoncées en ligne pour la matinée avaient échoué, saluant une réaction rapide qui a dispersé et interpellé les personnes concernées.
Marseille, CNews et d'autres villes
Des manifestants sont brièvement entrés à l'hôtel de ville de Marseille, faisant tomber à terre un buste de Marianne, taguant un slogan anarchiste et brisant des écrans avant d'être confrontés aux agents de sécurité, selon des images de TF1. Séparément, le poste de police municipale de Marseille et plusieurs commerces ont été attaqués, avec des vitrines brisées et des grenades fumigènes lancées à l'intérieur, sans blessé signalé. À Paris, des manifestants encagoulés ont bloqué l'accès au parking de CNews le matin et des objets ont été lancés contre les vitres. Le Figaro a indiqué qu'une centaine de personnes y avaient participé, et non la poignée d'abord rapportée, et que 21 interpellations avaient eu lieu lors de l'opération. CNews appartient à Vincent Bolloré. À Lyon, la police a dispersé un groupe de 40 personnes près d'un pont sur le Rhône et une dizaine près de la raffinerie de Feyzin.
- Lyon
- 20000 personnes
- Rennes
- 10000 personnes
Données tirées du texte de l’article
Le gouvernement et le mouvement
Le 16 octobre, Emmanuel Macron, s'exprimant depuis Bruxelles, a appelé au calme, estimant que le droit de manifester devait s'accompagner de respect, sans insultes ni dégradations. Des sources proches du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez ont averti que les blocages de routes stratégiques ou d'infrastructures essentielles ne seraient pas tolérés, et le ministère a jugé très probable que l'extrême gauche fasse dégénérer les défilés du soir. Un site, 17octobregiletjaune.net, recensait ce matin-là plus de 1 750 actions prévues, du rassemblement au blocage de raffineries, de stations-service et de gares.
L'analyse des chercheurs
Magali Della Sudda, chercheuse et autrice d'un ouvrage sur les gilets jaunes, a déclaré à Adnkronos que l'appel ne venait pas directement des groupes de gilets jaunes mais de comptes sur les réseaux sociaux. Elle a estimé que l'usage de la force par les autorités contre le mouvement lycéen avait nourri un sentiment de mépris envers les jeunes, ce qui a pu convaincre des personnes jusque-là prudentes de rejoindre le mouvement. Elle a aussi relevé qu'un appel du 10 septembre 2025 au retour du mouvement de 2018 s'était soldé par des heurts, sans l'impact d'alors.