
Gaz lacrymogène utilisé alors que des éleveurs de moutons roumains forcent des barrières lors d'une manifestation à Bucarest contre l'interdiction d'exportation
Des milliers d'éleveurs de moutons et de chèvres se sont rassemblés à Bucarest le 30 juillet 2026 pour exiger la levée de l'interdiction d'exportation de l'UE, des affrontements éclatant après que certains manifestants ont tenté de forcer l'entrée du siège de l'autorité vétérinaire.
Background of the crisis
La Roumanie était jusqu'à récemment le principal fournisseur de moutons vivants au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, couvrant plus de 70 % des besoins d'importation de la Jordanie, de l'Arabie saoudite et de la Libye. Cette position s'est effondrée après la première épidémie de peste des petits ruminants (PPR) détectée il y a deux ans dans une ferme commerciale du comté de Tulcea, où près de 50 000 moutons étaient détenus. Le virus s'est propagé par le commerce illégal et une mauvaise biosécurité, les autorités étant incapables de le contenir. En juin 2026, de nouvelles épidémies agressives sont apparues dans le comté de Mureș, une région auparavant considérée comme sûre et un hub clé pour les éleveurs de Transylvanie. La Commission européenne a répondu en interdisant toutes les exportations de moutons et de chèvres vivants de Roumanie jusqu'au 31 décembre 2026, couvrant à la fois les expéditions intra-UE et vers les pays tiers. Les éleveurs estiment que des contrats d'une valeur de plus de 300 millions d'euros étaient en place pour cette seule année, et l'arrêt soudain a poussé de nombreuses exploitations au bord de la faillite.
- Première épidémie de PPR détectée dans le comté de Tulcea, près de 50 000 moutons touchés
- De nouvelles épidémies agressives de PPR confirmées dans le comté de Mureș, une région auparavant sûre
- La Commission européenne interdit toutes les exportations de moutons et de chèvres de Roumanie jusqu'au 31 décembre 2026
- La manifestation à Bucarest tourne à la violence ; les gendarmes utilisent du gaz lacrymogène après que les éleveurs ont forcé les barrières
La manifestation et les affrontements
Le matin du 30 juillet 2026, entre 5 000 et 6 500 éleveurs se sont rassemblés devant le siège de l'ANSVSA à Bucarest, selon les organisateurs. La manifestation était soutenue par le Sheep Union et plusieurs associations régionales. Vers 09h45, un groupe de manifestants a forcé les barrières métalliques et lancé des objets contondants sur le cordon de gendarmes. La Gendarmerie a déclaré dans un communiqué que les officiers ont d'abord appelé au calme, puis ont utilisé un spray individuel irritant-lacrymogène lorsque certains manifestants ont refusé d'obtempérer et ont continué à faire pression sur le périmètre de sécurité.
Certains participants ont refusé de suivre les recommandations des forces de l'ordre et ont exercé une pression sur le cordon de gendarmes, c'est pourquoi le spray individuel avec substance irritante-lacrymogène a été utilisé.
Un éleveur présent sur place a exprimé une frustration plus large envers l'autorité vétérinaire.
Ce pays doit être géré avec valeur ajoutée. Nous, les bergers, apportons de la valeur ajoutée à la Roumanie, nous n'apportons pas la destruction. Où est la prévention ? Du temps de Ceauşescu, il y avait de la prévention. Où est la prévention ? De l'argent a été donné pour la prévention, nous contribuons, où est notre argent ? Nous n'avons ni retraites, ni salaires, rien.
Revendications et griefs
La demande centrale des manifestants est la démission du président de l'ANSVSA, Alexandru Bociu, qu'ils tiennent pour responsable de la gestion de la crise de la PPR. Ils veulent également la reprise immédiate des exportations en provenance des comtés exempts de problèmes épidémiologiques, une compensation intégrale des pertes économiques, le paiement des dommages liés à la PPR dans les 30 jours, la vaccination contre le charbon financée par l'État, la protection des fermes contre les attaques d'animaux sauvages, et des mesures pour améliorer la compétitivité du secteur. Le Sheep Union a souligné que la manifestation ne signifie pas une rupture avec son approche institutionnelle habituelle mais reflète une situation exceptionnelle.
La situation actuelle est néanmoins exceptionnelle. Le blocage des exportations, les pertes économiques accumulées et l'absence de perspective claire sur la reprise du commerce menacent la continuité des exploitations et les revenus des familles qui dépendent de l'élevage.
La suite des événements
Après l'incident, la situation s'est calmée mais les gendarmes sont restés en alerte. Les éleveurs prévoyaient de rester devant l'ANSVSA jusqu'en début d'après-midi, puis de marcher vers le bâtiment du gouvernement sur la Piața Victoriei, où ils comptaient rester jusqu'en soirée. Les autorités déclarent qu'elles poursuivent les négociations avec la Commission européenne et les États du Moyen-Orient pour permettre les exportations depuis les zones non touchées, mais aucune percée immédiate n'a été annoncée.


