
L'Italie et l'Europe de l'Ouest suffoquent sous une canicule extrême, les alertes rouges passent de 12 à 16 villes
Douze villes italiennes sont placées en alerte maximale le 22 juin, et ce nombre doit passer à 16 mercredi, alors qu'un anticyclone subtropical pousse les températures vers 40°C en Europe de l'Ouest.
Une vague de chaleur sévère s'intensifie sur l'Italie et une grande partie de l'Europe de l'Ouest, poussant les autorités sanitaires à émettre le plus haut niveau d'alerte pour un nombre croissant de centres urbains. Le bulletin chaleur du ministère italien de la Santé a placé 12 villes en alerte rouge lundi, ce chiffre passant à 15 mardi et à 16 mercredi. La chaleur, alimentée par une immense bulle d'air subtropical, devrait durer au moins jusqu'à la fin du mois.
L'alerte rouge s'étend en Italie
Le 22 juin, Bologne, Bolzano, Brescia, Florence, Frosinone, Milan, Pérouse, Pescara, Rieti, Rome, Turin et Vérone étaient toutes soumises à un avertissement de niveau 3, le maximum. Le ministère définit cette situation comme des « conditions d'urgence » qui présentent un risque pour l'ensemble de la population, et non seulement pour les groupes vulnérables. Le 23 juin, Ancône, Venise et Viterbe rejoindront la liste, portant le total à 15. Le 24 juin, Latina passera également en rouge, portant le décompte à 16. Bari et Trieste restent au niveau d'alerte orange.
Conditions d'urgence (canicule) avec des effets négatifs possibles sur la santé des personnes en bonne santé et actives, et pas seulement sur les sous-groupes à risque comme les personnes âgées, les très jeunes enfants et les personnes atteintes de maladies chroniques.
- 12 villes : Bologne, Bolzano, Brescia, Florence, Frosinone, Milan, Pérouse, Pescara, Rieti, Rome, Turin, Vérone
- 15 villes : ajout d'Ancône, Venise, Viterbe
- 16 villes : ajout de Latina
Records de températures menacés
Les météorologues préviennent que la chaleur va s'intensifier ce week-end. Milan devrait dépasser son record de juin de 37°C, atteignant au moins 38°C. Florence pourrait atteindre 41°C d'ici lundi 29 juin. Rome et d'autres villes tyrrhéniennes connaîtront des pics de 37 à 38°C, l'effet d'îlot de chaleur urbain le rendant encore plus chaud. La nuit n'offre que peu de répit : les thermomètres peineront à descendre en dessous de 24–25°C dans la vallée du Pô, certaines nuits restant à 26–27°C, un phénomène désormais décrit comme des « nuits super tropicales ».
- Milan
- 38 °C
- Florence
- 41 °C
- Rome
- 38 °C
- Paris
- 40 °C
- Londres
- 35 °C
Les services de santé sous tension
Les services d'urgence des grandes villes italiennes ont enregistré une augmentation de 10 à 15 % des visites, selon Fabio De Iaco, ancien président national de la Société italienne de médecine d'urgence (Simeu). Il a noté que s'il n'y a pas d'alarme, la hausse est perceptible. Les personnes âgées souffrant de multiples pathologies chroniques sont les plus touchées, mais De Iaco a également souligné une tendance plus récente : les personnes souffrant de fragilité psychiatrique se tournent de plus en plus vers les urgences, qui servent souvent de substitut aux réseaux de soutien communautaire absents. Les hôpitaux ont activé des « codes chaleur », des parcours préférentiels pour les patients souffrant de maladies liées à la chaleur.
Il n'y a pas d'alarme, on peut estimer cette augmentation à 10–15 % dans les services d'urgence des grandes villes.
L'Europe suffoque
La France et l'Allemagne sont à l'épicentre de la canicule continentale. Des anomalies de température de 15 à 17°C au-dessus de la moyenne saisonnière sont enregistrées, avec des maximales atteignant 42–43°C dans certaines parties de la France. Paris pourrait voir 40°C. En Allemagne, plusieurs villes se préparent également à 40°C. La masse d'air chaud a traversé la Manche, poussant les prévisions pour Londres à 35°C, un niveau qui mettra à rude épreuve les infrastructures urbaines britanniques. L'Espagne connaît également une chaleur exceptionnelle.
Qu'est-ce qui provoque la chaleur ?
La canicule est alimentée par un vaste anticyclone subtropical, baptisé Caronte, qui comprime et chauffe l'air en s'installant sur le continent. Il succède à un précédent système de haute pression, Cerberus. La combinaison d'une masse d'air déjà chaude et du chauffage par compression produit des températures jusqu'à 15°C au-dessus de la normale en France et en Allemagne, suscitant des comparaisons avec l'été meurtrier de 2003. La chaleur alimente également l'instabilité : des orages violents accompagnés de grêle sont possibles le long des Alpes et des Apennins jusqu'à jeudi, avec des débordements localisés vers la côte tyrrhénienne.


