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Conflits·-2 h

Les États-Unis interdisent aux étrangers les meilleurs modèles d'IA d'Anthropic, l'Europe accélère sa quête de souveraineté

Vendredi dernier, l'administration Trump a contraint Anthropic à couper l'accès à ses modèles d'IA les plus avancés aux ressortissants non américains, provoquant une onde de choc politique en Europe à quelques jours d'un sommet du G7.

Anthropic, une entreprise américaine d'IA déjà sur la liste noire du Pentagone, a été contrainte par l'administration Trump de désactiver l'accès à Claude Mythos 5 et Claude Fable 5 pour les ressortissants non américains le vendredi 12 juin 2026. Cette mesure a été justifiée par des raisons de sécurité nationale et constitue la deuxième restriction de ce type en moins de deux mois. Cette coupure brutale a provoqué une onde de choc dans les gouvernements européens et les cercles technologiques, relançant un débat ancien sur la dépendance numérique du continent vis-à-vis des États-Unis.

Un réveil brutal

La décision a pris les utilisateurs et les entreprises européennes au dépourvu. Anthropic, qui prépare une introduction en bourse aux côtés de son rival OpenAI, a vu sa valorisation tripler en quatre mois avant l'interdiction. Le blocage forcé de ses modèles linguistiques les plus performants a été immédiatement présenté à Paris comme un rappel des vulnérabilités créées par la dépendance à la technologie américaine, faisant écho à des précédents comme l'épisode de dépendance à Starlink en Ukraine. Les candidats à la présidentielle française et les responsables en exercice ont appelé à un sursaut rapide.

La décision de l'administration Trump nous fait prendre conscience de l'ampleur de la dépendance européenne.

La France répond par l'argent et un appel à la mobilisation

À la veille de la conférence VivaTech à Paris, le gouvernement français a annoncé 655 millions d'euros supplémentaires pour accélérer le déploiement de l'intelligence artificielle dans l'administration publique, la santé, la justice et la défense. Ce programme de financement a été explicitement lié au choc provoqué par Anthropic. L'épisode devrait dominer la dixième édition de VivaTech, dont la souveraineté numérique sera l'un des thèmes centraux. Des champions européens comme Mistral AI sont désormais considérés comme des atouts stratégiques plutôt que de simples entreprises commerciales.

L'ampleur de la dépendance

Les chiffres expliquent l'alarme. Plusieurs études citées dans les médias français montrent que les États-Unis contrôlent environ les trois quarts de la capacité de calcul mondiale, tandis que l'Europe en représente environ cinq pour cent. Les modèles d'IA les plus avancés, l'infrastructure cloud qui les fait fonctionner et les puces de pointe qu'ils nécessitent restent massivement américains.

Part de la capacité de calcul mondiale · %
États-Unis
75 %
Europe
5 %
Reste du monde
20 %

Une course mondiale aux investissements

Les géants américains de l'IA devraient investir plus de 700 milliards de dollars en 2026, contre environ 100 milliards de dollars pour les entreprises chinoises, selon un rapport des Échos. Les modèles chinois peuvent cependant être jusqu'à vingt fois moins chers. Cette asymétrie des coûts complique la donne pour les actionnaires américains comme pour les décideurs européens.

Investissements estimés dans l'IA en 2026 · mds USD
États-Unis
700 mds USD
Chine
100 mds USD

Un déjeuner du G7 éclipsé

L'affaire s'est invitée dans l'ordre du jour du sommet du G7. Un déjeuner de travail entre les dirigeants du G7 et les patrons des principales entreprises d'IA est prévu mercredi à Évian. Cette réunion, qui devait à l'origine porter sur la gouvernance et la coopération, prend désormais un tour plus vif après ce que POLITICO décrit comme une « onde de choc » qui a ébranlé les capitales bien au-delà de Washington.

Paris · Évian-les-Bains

8 sources

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