
L'Espagne exige que cinq plateformes retirent 141 annonces de locations de vacances dans les colonies israéliennes
Le ministère de la Consommation a envoyé une première mise en demeure à cinq plateformes multinationales, avertissant de mesures supplémentaires si les annonces ne sont pas retirées.
La demande
Le 30 juillet 2026, le ministère espagnol des Droits sociaux, de la Consommation et de l'Agenda 2030 a ordonné à cinq plateformes de location de vacances de retirer 141 annonces d'hébergements touristiques situés dans des colonies israéliennes en territoire palestinien occupé. Le ministère, dirigé par Pablo Bustinduy, a mené une enquête interne qui a identifié les annonces actives sur cinq plateformes intermédiaires opérant en Espagne. Une première mise en demeure a été envoyée aux entreprises, les informant du contenu illicite et leur demandant un retrait ou un blocage immédiat. Le ministère a averti que le non-respect entraînerait d'autres mesures, sans toutefois préciser la nature des sanctions potentielles. Selon des sources ministérielles citées par ABC, certaines plateformes ont déjà commencé à retirer les annonces signalées.
Base juridique
La demande repose sur l'article 4 d'un décret-loi royal approuvé en septembre 2025, que le gouvernement décrit comme des mesures urgentes contre le génocide à Gaza et en soutien à la population palestinienne. L'article qualifie d'illicite toute publicité pour des biens provenant de colonies israéliennes en territoire palestinien occupé, ainsi que les services fournis dans ces colonies. Les 141 annonces se situent dans des zones correspondant à plus de 200 codes postaux publiés au Journal officiel de l'État (BOE) le lundi 27 juillet 2026. La liste, établie par l'Agence fiscale, délimite les zones où la promotion commerciale de biens et services liés aux colonies est interdite.
Mesures antérieures
Il s'agit de la troisième intervention de ce type du ministère. En décembre 2025, il a ordonné à sept entreprises de retirer 138 offres de location de vacances dans les territoires occupés ; en février 2026, 108 de ces annonces avaient été retirées de six des sept plateformes. En février 2026, le ministère a de nouveau exigé que six plateformes différentes suppriment plus de 100 annonces similaires. Malgré ces actions antérieures, le ministère a constaté que les plateformes continuaient de publier de nouvelles annonces, ce qui a conduit à la dernière enquête et mise en demeure.
- Décret-loi royal approuvé ; l'article 4 déclare illicite la publicité pour les biens et services des colonies.
- Le ministère ordonne à 7 entreprises de retirer 138 annonces de locations de vacances dans les territoires occupés.
- Le ministère ordonne à 6 entreprises de retirer plus de 100 annonces ; 108 annonces de la vague de décembre déjà retirées.
- Le Journal officiel de l'État publie une liste de plus de 200 codes postaux couvrant les colonies israéliennes.
- Le ministère ordonne à 5 plateformes de retirer 141 annonces ; première mise en demeure envoyée.
Mesures plus larges
Le décret de septembre 2025 comprend un ensemble de restrictions au-delà de la publicité. Il interdit le transit par les ports espagnols des navires transportant du carburant destiné aux forces armées israéliennes, interdit aux avions d'État transportant du matériel de défense vers Israël d'entrer dans l'espace aérien espagnol, et refuse l'entrée aux personnes participant directement au génocide. Le décret interdit également les importations de produits en provenance des colonies et exige que le gouvernement fasse rapport trimestriellement au Congrès sur sa mise en œuvre. En février 2026, une coalition d'ONG a déposé une plainte contre Edreams Odigeo pour avoir facilité le tourisme dans les territoires occupés, après avoir identifié 43 annonces en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans le Golan syrien.
La suite
Le ministère n'a pas divulgué les noms des cinq plateformes, comme ce fut le cas lors des précédentes vagues. Si les entreprises ne retirent pas les annonces identifiées en Espagne, elles pourraient faire l'objet de procédures ultérieures. Le gouvernement présente cette action comme faisant partie de son effort pour atténuer les souffrances de la population palestinienne touchée par le conflit à Gaza. Les vagues répétées de mesures suggèrent que le ministère entend maintenir la pression sur les plateformes qui continuent de lister des propriétés dans les colonies, bien que l'efficacité des avertissements dépende de la capacité des entreprises à bloquer définitivement ces annonces ou simplement à les supprimer temporairement.


