
L'Espagne mobilise 324 policiers anti-émeutes à Ceuta avant les élections marocaines
L'Espagne a placé 324 policiers anti-émeutes en alerte à Ceuta et lancé des efforts diplomatiques avec le Maroc pour empêcher des passages massifs à la frontière programmés sur les réseaux sociaux pour les élections législatives marocaines du 23 septembre.
Déploiement sécuritaire à la frontière
Le ministère espagnol de l'Intérieur a placé toutes les unités de maintien de l'ordre public de Ceuta en alerte maximale de samedi à mercredi pour contrer les tentatives coordonnées d'entrée à la frontière coïncidant avec les élections législatives marocaines du 23 septembre. Au total, 324 agents de la Police nationale et de la Guardia Civil ont été mobilisés, avec annulation des congés. Le contingent comprend 180 agents de la Police nationale des unités d'intervention et de prévention (UIP et UPR) et 144 agents de la Guardia Civil des groupes de réserve et de sécurité (GRS). Ce déploiement contraste avec le 31 juillet, où seuls cinq agents étaient postés à la barrière. Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a également envoyé trois pelotons GRS, dont 63 agents de la Guardia Civil, à Melilla. De l'autre côté de la frontière, les autorités marocaines ont déployé au moins 3 000 policiers et militaires, installant des barrières métalliques dans la mer pour bloquer les voies de nage.
- Policía Nacional (UIP et UPR)
- 180 officiers
- Guardia Civil (GRS)
- 144 officiers
Discussions bilatérales et rapatriement des migrants
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s'est rendu à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies afin de tenir la première réunion en personne avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, depuis la crise frontalière de juillet. Les discussions bilatérales portent sur le rapatriement des migrants irréguliers entrés à Ceuta les 30 et 31 juillet, lorsque entre 75 000 et 85 000 personnes ont traversé selon les rapports de police soumis à l'Audience nationale. Bien que 90 % des entrants soient repartis, plus de 10 000 migrants restent à Ceuta. Ce chiffre comprend environ 3 000 mineurs, dont 2 100 placés en foyer officiel et les autres vivant dans la rue. Les autorités marocaines ont indiqué par écrit leur volonté de réadmettre les mineurs une fois les procédures terminées.
Le retour des migrants irréguliers encore à Ceuta sera une partie importante de notre conversation. Nous avons convenu de nous rencontrer en personne pour avoir une conversation calme et sereine et y consacrer le temps nécessaire.
Contrer les campagnes de traversée en ligne
Les agences espagnoles et marocaines ont établi une surveillance conjointe pour suivre les campagnes sur les réseaux sociaux encourageant les franchissements de frontière. Des groupes Facebook comptant jusqu'à 90 000 membres partageaient des itinéraires et des slogans tels que « Un seul objectif » et « Passage massif le 23 », affirmant que les forces de sécurité marocaines seraient distraites par les élections. L'ambassade d'Espagne à Rabat a publié des avis précisant que l'entrée irrégulière ne donne droit ni au séjour ni au voyage ultérieur en Europe, précisant que les arrêts de la Cour suprême n'invalident pas les refus d'entrée.
Nous demandons à chacun de ne faire confiance qu'aux informations réelles. Ne suivez pas les conseils des réseaux sociaux. Vous ne pourrez pas rester si vous entrez à Ceuta. Ne risquez pas votre argent et votre vie, ne vous mettez pas entre les mains des mafias qui vous trompent.
Agitation locale et visites ministérielles
Grande-Marlaska s'est rendu à Ceuta pour inspecter la sécurité frontalière en collaboration avec le Service européen pour l'action extérieure et les canaux de renseignement marocains. Des manifestants se sont rassemblés à la Plaza de los Reyes pour conspuer le ministre et exiger sa démission. La visite faisait suite à une manifestation organisée le week-end par la Fédération des associations de quartier de Tarajal, où des affrontements ont éclaté et des jets de pierres ont endommagé la voiture de la députée de Ceuta Ya !, Julia Ferreras. Les responsables espagnols ont noté que les appels précédents au passage les 15 août et 20 septembre n'avaient pas provoqué de mouvements frontaliers.
- Traversée massive entraîne l'entrée de 75 000 à 85 000 migrants à Ceuta
- Le Maroc empêche une tentative coordonnée de franchissement de la frontière
- L'alerte frontalière passe sans tentative signalée
- Élections législatives marocaines programmées parallèlement aux appels au passage sur les réseaux sociaux


