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Diplomatie·-2 h

Hegseth réclame une OTAN « dure » version 3.0 alors que les alliés absorbent le redéploiement des forces américaines

Lors d'une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a exhorté l'alliance à devenir une force militaire « dure » et a prévenu que les alliés ne respectant pas leurs engagements de dépenses seraient nommés publiquement. Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a insisté sur le fait que l'Europe peut combler le vide laissé par le retrait des forces conventionnelles américaines.

L'OTAN dure de Hegseth et la pression publique

Hegseth a exigé que l'OTAN redevienne une « alliance militaire dure » avec une véritable dissuasion et la capacité de défendre l'Europe. Il a déclaré que les États-Unis seraient « francs, tant en privé qu'en public » en identifiant les alliés qui ne respectent pas l'engagement de dépenses de défense de 5 % du PIB, un objectif convenu par les 32 membres. De nombreux pays le respectent, a-t-il noté, mais « certains doivent encore faire plus, et nous serons francs à ce sujet ». Il a soutenu que le redéploiement militaire américain en Europe n'est pas un signe de désengagement des engagements mondiaux, mais plutôt le signe du leadership du président Trump.

Ce n'est pas seulement quelque chose que nous disons, c'est quelque chose que nous faisons. Nous devons être prêts à agir avec force.

Redéploiement des forces américaines et concept d'OTAN 3.0

Le mois dernier, Washington a informé ses alliés qu'il retirerait une partie importante des forces affectées au théâtre européen de l'OTAN (y compris des chasseurs, des pétroliers, des navires, des porte-avions et des sous-marins) et les redéploierait vers d'autres régions, comme l'Indo-Pacifique. Hegseth a présenté cette décision comme faisant partie de la création d'une « OTAN 3.0 », dans laquelle les membres européens et le Canada assurent la défense conventionnelle de la zone euro-atlantique, tandis que les États-Unis maintiennent leur dissuasion nucléaire. Le budget de la défense américaine pour 2027 a été fixé à 1 500 milliards de dollars, ce que Hegseth a décrit comme la construction de « l'arsenal de la liberté ».

Rutte minimise les inquiétudes, évoque la préparation européenne

Le secrétaire général de l'OTAN, Rutte, a reconnu que la réduction américaine est « immédiate », mais a souligné qu'en cas de guerre, tous les alliés, y compris les États-Unis, maximiseraient leurs efforts. Il a déclaré que la présence américaine en Europe sera « un peu moindre que par le passé » mais toujours « considérable », et a refusé de donner des chiffres précis car ces informations sont classifiées. Rutte a insisté sur le fait que les alliés européens et le Canada sont « prêts, disposés et capables de faire plus » et couvrent déjà une grande partie du déficit de ressources.

Que se passerait-il réellement si une guerre éclatait ? Si une situation relevant de l'article 5 se présente, alors tous les alliés, y compris les États-Unis, maximiseraient ce qu'ils peuvent faire pour garantir que nous puissions gagner la guerre.

L'Europe s'active pour combler le vide

Les alliés européens et le Canada révisent actuellement leurs contributions en forces et étudient l'augmentation des rotations en Europe de l'Est. L'Espagne et d'autres membres ont proposé de coopérer au nouveau modèle de force. Luis Simón, directeur du bureau de Bruxelles de l'Institut royal Elcano, a noté que les contributions américaines représentent des ensembles de combat entièrement intégrés, de sorte que le retrait, par exemple, d'une cinquantaine de chasseurs ou de huit pétroliers constitue un défi majeur. Les États-Unis ont également gelé le déploiement prévu de missiles Tomahawk en Allemagne et retirent 5 000 soldats de ce pays.

Changement stratégique et parapluie nucléaire

La Maison Blanche affirme que son engagement envers le parapluie nucléaire de l'OTAN reste « solide » et que la réaffectation des forces conventionnelles est une nécessité compte tenu des multiples théâtres d'opérations mondiaux. Rutte a utilisé une comparaison démographique pour faire valoir que l'Europe, avec ses 600 millions d'habitants, devrait être capable de se défendre contre la Russie et ses 140 millions, estimant qu'il est « un peu étrange » que l'Europe ait encore besoin d'autant d'aide d'un pays situé à huit heures de là, avec 350 millions d'habitants. Le fardeau passe désormais du partage au transfert : Washington veut que l'Europe dépense plus, fournisse plus de forces et assume plus de responsabilités.

Il est un peu étrange que nous ayons encore besoin d'autant d'aide d'un autre pays situé à huit heures de là, avec 350 millions d'habitants, pour nous défendre contre 140 millions.

Bruxelles

8 sources

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