
Les États-Unis étendent le filtrage des réseaux sociaux des demandeurs de visas aux journalistes étrangers
Le département d'État étend le filtrage des réseaux sociaux des demandeurs de visas aux journalistes étrangers et à certains travailleurs canadiens et mexicains, suscitant des critiques de la part des défenseurs de la vie privée au sujet de la dernière d'une série de mesures d'immigration sous l'administration Trump.
Extension du filtrage des réseaux sociaux
Le département d'État américain étend son filtrage des réseaux sociaux des demandeurs de visas étrangers aux journalistes étrangers et à certains travailleurs du Canada et du Mexique, selon un rapport du média conservateur The Daily Signal publié jeudi 6 août. Le rapport cite une note interne décrivant l'extension d'une initiative qui exige que les demandeurs de nombreux types de visas rendent leurs comptes de réseaux sociaux publics pour être examinés. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, et les comptes officiels du département d'État sur X ont tous deux partagé un lien vers l'article.
Cette exigence de filtrage s'applique déjà à de nombreuses catégories de visas, notamment les visas étudiants internationaux et les participants aux programmes d'échanges culturels, qui doivent modifier les paramètres de leur profil pour les rendre publics. L'extension concerne désormais les représentants des médias étrangers demandant des visas pour travailler aux États-Unis, ainsi que les demandeurs d'un type de visa destiné aux travailleurs du Canada et du Mexique.
Réponse du département d'État et critiques des ONG
Le département d'État a refusé de confirmer les détails du rapport, invoquant une politique de non-commentaire sur des « documents internes présumés ». Un porte-parole a défendu ce que le département appelle la « vérification de la présence en ligne », affirmant qu'elle est utilisée pour garantir que les demandeurs sont éligibles à un visa en vertu de la loi américaine.
Le département d'État procède à un filtrage et une vérification dans toute la mesure du possible de tout ressortissant étranger cherchant à entrer aux États-Unis afin de garantir qu'il respectera la loi américaine, y compris les conditions de son admission, et qu'il ne constitue pas une menace pour la sécurité, la sûreté publique ou les intérêts nationaux des États-Unis.
Le porte-parole a ajouté que les agents utilisent « diverses méthodes pour prendre des décisions éclairées qui protègent la sécurité nationale, préviennent la fraude et assurent un examen approfondi des demandeurs ». Des ONG ont critiqué cette politique, arguant qu'elle porte atteinte aux droits à la vie privée. Le secrétaire d'État Marco Rubio a réitéré la position de l'administration.
Avoir un visa est un privilège et non un droit.
Schéma plus large des discours en ligne dans l'immigration
Le filtrage des réseaux sociaux s'ajoute à une série de mesures prises par l'administration Trump depuis que le président a entamé son second mandat en janvier 2025 pour faire des discours en ligne un facteur dans les décisions d'immigration et de visas. L'USCIS a annoncé qu'il filtrerait les publications sur les réseaux sociaux des immigrants et des demandeurs de visas, y compris pour les contenus qu'il juge antisémites et « antiaméricanistes ». L'administration a annulé les visas d'étudiants étrangers aux États-Unis qui se livraient à des activités pro-palestiniennes, tentant dans certains cas d'expulser ces étudiants.
- Début du second mandat de Trump, initiant des mesures visant à faire des discours en ligne un facteur dans les décisions d'immigration et de visas
- Le DHS resserre les règles sur la durée de séjour des journalistes étrangers et autres titulaires de visas, y compris les étudiants, aux États-Unis
- The Daily Signal rapporte l'extension du filtrage des réseaux sociaux aux journalistes étrangers et à certains travailleurs canadiens et mexicains
- De nouvelles règles limiteraient les journalistes étrangers à des séjours de 240 jours, avec possibilité de renouvellements pour des périodes identiques
Le département de la Sécurité intérieure a resserré le mois dernier les règles concernant la durée pendant laquelle les journalistes étrangers travaillant aux États-Unis, ainsi que d'autres titulaires de visas, y compris les étudiants étrangers, peuvent rester dans le pays.
Nouvelles limites de séjour pour les journalistes étrangers
Par ailleurs, de nouvelles règles devraient entrer en vigueur prochainement, sauf si le Congrès les bloque, limitant les journalistes étrangers à des séjours de 240 jours, soit environ huit mois, sur le territoire américain. Les journalistes pourraient demander des renouvellements pour des périodes identiques. On ignore encore à quelle date la nouvelle politique de filtrage des réseaux sociaux annoncée entrerait en vigueur.


