
Audio d'un ex-chef de la police suppliant une subordonnée d'avoir des relations sexuelles : le juge ouvre une procédure sommaire pour agression sexuelle
Un juge madrilène a renforcé les charges contre José Ángel González, l'ancien directeur adjoint des opérations de la Police nationale espagnole, après qu'un enregistrement audio l'a capté en train de supplier une inspectrice subordonnée d'avoir des relations sexuelles et admettant l'avoir invitée chez lui.
L'audio qui a changé l'affaire
L'enquête sur José Ángel González, qui a démissionné de son poste de DAO le 17 février 2026, a été déterminée par un appel téléphonique enregistré peu après l'agression présumée du 23 avril 2025. Dans cet appel, obtenu exclusivement par EL MUNDO, González dit à l'inspectrice : « Je n'aurais jamais pensé que tu puisses être si, si, si têtue et que tu me laisses ainsi, alors que tu vois que je te supplie de faire l'amour avec toi. » À la minute 2 min 30 s, il ajoute : « Je ne sais pas pourquoi je t'ai fait monter chez moi. »
Je ne sais pas pourquoi je t'ai fait monter chez moi.
L'avocat de la victime, Jorge Piedrafita, a soumis l'enregistrement le 7 mai, et il a été vérifié judiciairement le 5 juin. Le juge, David Maman Benchimol, a confronté l'audio à la déclaration de González du 17 mars, dans laquelle il affirmait n'avoir jamais dit à l'inspectrice de monter et qu'elle « montait toujours ».
De l'information préliminaire à la procédure sommaire
Le 11 juin, la présidente du tribunal madrilène de la violence contre les femmes n° 8 a transformé l'affaire d'une information préliminaire en une procédure sommaire ordinaire, une étape franchie lorsque le crime présumé peut entraîner une peine supérieure à neuf ans. Le juge a écrit que les faits « présentent les caractéristiques d'un présumé crime d'agression sexuelle » et que l'affaire doit être examinée par la Cour provinciale de Madrid.
Un ensemble de preuves a été constitué, permettant la poursuite de l'action pénale.
L'ordonnance n'ouvre pas encore de procès, mais elle indique que l'enquête a mis au jour des motifs suffisants pour poursuivre. Le juge a demandé aux deux parties si elles souhaitent demander des mesures d'instruction supplémentaires et a ordonné l'obtention du casier judiciaire de l'accusé.
La défense contre-attaque
L'avocat de González, José Carlos Velasco, a déposé une demande de non-lieu, arguant qu'« il n'existe pas d'indices rationnels suffisants de criminalité » pour étayer l'accusation. La défense soutient que le témoignage de l'inspectrice a varié au cours de sa déposition et qu'elle agissait par « jalousie, attentes frustrées et intérêts professionnels ».
Nous n'avons pas affaire à une version ferme et cohérente, mais à un récit qui a varié au fur et à mesure que sa déclaration avançait et que des fragments de l'audio étaient diffusés.
La victime, qui a déposé sa plainte le 9 janvier 2026, maintient que González lui a ordonné de le conduire à sa résidence officielle du ministère de l'Intérieur, puis l'a agressée sexuellement en abusant de son autorité.
La suite
L'affaire se dirige désormais vers un procès potentiel devant la Cour provinciale de Madrid. Piedrafita affirme qu'il présentera des preuves supplémentaires pour « renforcer le cadre probatoire » et exposer ce qu'il appelle les mensonges de l'accusé. La décision du juge d'ouvrir une procédure sommaire, plutôt que de poursuivre l'information préliminaire, reflète la gravité de l'infraction présumée et le poids des preuves médicales, psychologiques et audio déjà rassemblées.
- L'agression sexuelle présumée a lieu à la résidence officielle de González.
- La victime dépose une plainte officielle.
- González démissionne de son poste de directeur adjoint des opérations.
- González témoigne devant le juge, nie avoir invité la victime à monter.
- L'avocat de la victime soumet l'enregistrement audio accablant.
- L'audio est vérifié judiciairement.
- Le juge transforme l'affaire en procédure sommaire ordinaire.
- La défense demande un non-lieu ; le juge interroge les parties sur les preuves supplémentaires.


