Les Houthis s'emparent du détroit de Bab el-Mandeb alors que l'Arabie saoudite ferme l'oléoduc Est-Ouest
Des combattants houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge et de l'île de Périm, poussant l'Arabie saoudite à interrompre cinq millions de barils de pétrole brut par jour via son oléoduc Est-Ouest après des frappes de drones.
Avancée rapide sur la côte et capture du détroit
Les forces houthies ont pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb à la suite d'une offensive rapide vers le sud le long du corridor occidental du pays. Le mouvement a capturé la ville portuaire clé de Mokha jeudi, avant de s'emparer de l'île de Périm (également connue sous le nom de Mayun) dans le goulot d'étranglement vendredi. L'opération soudaine a mis fin à une période de calme relatif de quatre ans qui prévalait depuis qu'une trêve négociée par l'ONU avait interrompu les combats à grande échelle en 2022. Samedi, les forces gouvernementales yéménites soutenues par l'Arabie saoudite ont lancé des contre-attaques près du port de Mokha, le porte-parole des forces armées Majid al-Nazili faisant état de la destruction de véhicules et de combattants houthis à l'extérieur de la ville et le long de la route de Dhubab. Le contrôle du détroit donne au groupe une surveillance directe sur le trafic maritime se dirigeant vers le canal de Suez.
- Les forces houthies capturent la ville portuaire de Mokha sur la mer Rouge.
- Les Houthis prennent le contrôle de l'île de Périm et du détroit de Bab el-Mandeb.
- Les forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite lancent des contre-attaques près de Mokha.
- Le président iranien Masoud Pezeshkian nie toute implication de l'État dans l'offensive.
Infrastructures énergétiques et fermetures d'oléoducs
L'escalade a immédiatement affecté les routes énergétiques régionales à travers la péninsule arabique. Des milices chiites pro-iraniennes en Irak ont lancé des frappes de drones contre l'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie saoudite, forçant Riyad à interrompre le transit de pétrole brut via le système. L'oléoduc transporte normalement environ cinq millions de barils de pétrole par jour, fonctionnant comme une voie de contournement principale autour du détroit d'Ormuz lors des tensions régionales consécutives aux bombardements du 28 février. Les autorités saoudiennes ont annoncé qu'elles ne riposteraient pas militairement aux attaques de drones irakiennes, accédant à une demande diplomatique directe du Premier ministre irakien. Le blocage maritime simultané à Bab el-Mandeb et la perturbation de l'oléoduc ont accru la pression sur les expéditions internationales de pétrole.
Téhéran prend ses distances alors que les frappes transfrontalières se poursuivent
Suite aux avancées rapides au Yémen, le président iranien Masoud Pezeshkian a rejeté les affirmations selon lesquelles Téhéran aurait dirigé les opérations de son allié régional. Pezeshkian s'est adressé directement à l'Arabie saoudite, cherchant à séparer la politique de l'État iranien des actions du mouvement houthi.
Nous ne sommes pas en guerre avec l'Arabie saoudite. Les Houthis ont leurs propres problèmes.
Malgré les désaveux iraniens, les hostilités transfrontalières se sont étendues. Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree a annoncé sur X que le groupe avait visé des dépôts d'armes et des centres de commandement à la base militaire de Sharurah en Arabie saoudite, située près de la frontière yéménite. Le groupe a déclaré que l'installation était visée parce qu'elle sert de base opérationnelle pour des actions contre le Yémen.
Bilan humanitaire et conflit interne
Les combats renouvelés dans l'ouest du Yémen ont provoqué de lourdes pertes et des déplacements parmi les populations civiles. Les affrontements depuis la reprise des hostilités ont tué plus de 500 personnes, selon les chiffres fournis par les sources houthies et gouvernementales. L'Organisation internationale pour les migrations a signalé que les combats dans l'ouest du Yémen ont déplacé 76 000 personnes depuis juillet, tandis que les autorités du Djibouti voisin ont confirmé qu'environ 1 400 réfugiés ont traversé la mer pour chercher refuge. Le conflit ravive les divisions internes au Yémen, où le mouvement chiite zaïdite dirigé par Abdul Malik al Houthi contrôle Sanaa et les provinces du nord depuis 2014, tandis que le gouvernement internationalement reconnu conserve son autorité dans les régions du sud.


