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Migration·-3 h

Les émeutes anti-immigration à Belfast révèlent des fractures sectaires persistantes, des décennies après les Troubles

Après l'inculpation d'un Soudanais pour une agression au couteau, des émeutiers masqués ont incendié des voitures et pris pour cible des habitations de minorités dans des quartiers unionistes de Belfast, suscitant des accusations d'implication de paramilitaires loyalistes.

Une étincelle dans des tensions qui couvaient depuis longtemps

Les jours de violences anti-immigration qui ont éclaté cette semaine à Belfast ont mis en lumière la manière dont trois décennies de conflit sectaire, connues sous le nom des Troubles, continuent de structurer la vie quotidienne en Irlande du Nord. Une vidéo choquante montrant un homme sauvagement poignardé a circulé lundi, et un ressortissant soudanais a ensuite été inculpé. Dès mardi soir, des émeutes avaient éclaté dans des quartiers ouvriers majoritairement unionistes, où des agitateurs – pour la plupart de jeunes hommes masqués – ont mis le feu à des voitures et à des maisons et ciblé des foyers appartenant à des minorités ethniques.

Nous avons toujours un héritage de conflit, de conflit sectaire ici.

Une géographie de la ségrégation

Les violences se sont déroulées en grande partie dans ce que l'on appelle les zones d'interface, où des clôtures et des panneaux séparent encore les quartiers protestants et catholiques. À Tiger's Bay, un bastion unioniste, quatre maisons d'immigrés ont été attaquées et certains habitants opposés aux émeutes ont refusé de parler aux journalistes de peur d'être identifiés. Sur la Newtownards Road, à l'est de la ville, des carcasses de voitures calcinées et des murs noircis étaient les seules traces restantes des troubles.

L'ombre persistante des paramilitaires

Dans le sillage des événements, des résidents locaux et des hommes politiques pro-irlandais ont pointé du doigt les groupes paramilitaires loyalistes, qui conservent une influence sur les garçons et les jeunes hommes des zones protestantes. Seán Óg Ó Murchú, auteur et républicain basé à Belfast, a décrit cette influence comme un héritage direct des Troubles. Le Belfast Telegraph a cité une source loyaliste affirmant que les groupes n'organisaient ni n'encourageaient les violences, mais qu'ils se tenaient délibérément en retrait et refusaient d'intervenir pour les arrêter.

Il y a une influence des organisations paramilitaires du côté unioniste. C'est en quelque sorte la gueule de bois des Troubles.

Une crise sociale derrière la colère

Les chercheurs relient les émeutes à des griefs économiques profonds. Dans les communautés défavorisées, beaucoup accusent les immigrés d'être responsables du mauvais accès au logement, aux soins de santé et à l'éducation. Les chiffres du gouvernement publiés le mois dernier montrent que la proportion de jeunes de 16 à 24 ans sans emploi et ne suivant ni études ni formation en Irlande du Nord a atteint 11,6 %, soit une hausse de 1,9 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent.

Je soupçonne que la plupart de ceux qui participent à ces émeutes et à ces manifestations violentes se sentent marginalisés et manquent d'espoir.

Les échos du passé

Pour des universitaires comme Joanne Hughes de l'Université Queen's de Belfast, qui étudie l'éducation dans les sociétés divisées, ces émeutes rappellent que l'accord de paix du Vendredi Saint de 1998 n'a pas effacé la ségrégation communautaire. Elle note que des niveaux élevés de division communautaire persistent, en particulier dans les zones les plus défavorisées. Jusqu'en 1998, la région était déchirée par la violence entre les républicains, majoritairement catholiques, cherchant la réunification avec l'Irlande, et les unionistes protestants défendant la place de la province au sein du Royaume-Uni.

Chronologie des émeutes anti-immigration de Belfast
  1. Une vidéo choquante d'une agression au couteau brutale circule ; un homme soudanais est inculpé.
  2. Des émeutes anti-immigration éclatent tard mardi dans des quartiers ouvriers unionistes.
  3. Des chercheurs et des habitants relient les violences à l'héritage des Troubles et à l'influence paramilitaire.
Belfast

6 sources

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