Des milliers de personnes manifestent dans 30 villes argentines contre la politique d'austérité de Javier Milei
Les manifestants ont défilé du Congrès à la Plaza de Mayo à Buenos Aires et se sont rassemblés dans des dizaines de provinces, réclamant une grève générale contre la hausse du chômage, l'augmentation des tarifs des services publics et les coupes budgétaires.
Mobilisation dans trente villes
Des milliers de manifestants se sont rassemblés dans toute l'Argentine le samedi 19 septembre 2026 pour protester contre la politique économique du président Javier Milei. Les manifestations, organisées sous le slogan « Marcha de la bronca » (Marche de la colère), ont eu lieu dans plus de 30 villes, notamment Buenos Aires, Córdoba, Rosario, Bariloche, Mendoza, Mar del Plata et Salta. Dans la capitale, les foules se sont rassemblées près du Congrès national vers 15 heures, heure locale, avant de marcher vers la Casa Rosada et la Plaza de Mayo. Plus de 350 organisations sociales, politiques, étudiantes et de défense des droits de l'homme ont rejoint la marche, menée par des associations de retraités telles que la Coordinadora de Jubilados, aux côtés de syndicats et de partis de gauche. Les participants portaient des pancartes dénonçant les pertes d'emplois, les expulsions et la baisse du pouvoir d'achat. María Bellozo, une manifestante au chômage de 57 ans à Buenos Aires, a exprimé sa frustration face à l'administration actuelle.
On nous affame. C'est triste, ça me donne envie de pleurer, parce que nous ne méritons pas cela.
Indicateurs économiques et austérité budgétaire
Les manifestations reflètent un mécontentement croissant face aux mesures d'austérité mises en œuvre depuis l'arrivée au pouvoir de Milei en décembre 2023. Si l'administration a réduit l'inflation annuelle de 161 % à la fin 2023 à 33,5 % en août 2026, les réductions de dépenses ont impliqué la fermeture d'agences d'État, la suppression d'emplois publics et le plafonnement des négociations salariales collectives. Les données publiées jeudi 17 septembre 2026 par l'agence nationale de statistiques Indec ont placé le chômage à 7,9 %, son plus haut niveau depuis 2021. La même agence a indiqué que le secteur informel s'est étendu pour englober 45 % de la population active. En outre, les manifestants ont noté que plus de 30 000 entreprises ont fermé en raison de la hausse des coûts des services publics et de l'endettement des ménages. Maximiliano Jeger, un retraité de Buenos Aires, a souligné les effets de la déréglementation des services publics et du logement sur les budgets des ménages.
- Décembre 2023
- 161 %
- Août 2026
- 33.5 %
Tout a été déréglementé pour que le marché soit libre de faire ce qu'il veut. Les seules choses qui n'ont pas été libérées et qui n'augmentent pas sont les salaires et les retraites. Les classes populaires souffrent en ce moment.
- Taux de chômage
- 7.9 %
- Taux d'emploi informel
- 45 %
Revendications sociales et environnementales larges
Les manifestations ont rassemblé des groupes aux griefs divers dépassant les simples indicateurs économiques. Des groupes d'étudiants et des travailleurs de la santé ont protesté contre les coupes budgétaires dans les universités publiques, les hôpitaux et les institutions culturelles. Des organisations environnementales ont manifesté contre l'extraction des ressources, s'opposant à l'exploitation minière à grande échelle, à la fracturation hydraulique et à la déforestation. Des militantes des droits des femmes ont participé avec des foulards verts symbolisant le droit à l'avortement, tandis que des militants étudiants LGBT ont protesté contre les politiques sociales du gouvernement. Les manifestants ont également exprimé leurs inquiétudes concernant l'endettement croissant des ménages et les loyers inabordables. Jorge Rosas, un participant de 56 ans, a cité les expulsions et licenciements généralisés dans tout le pays comme raisons de se joindre à la marche.
Appels à une grève générale
À l'issue de la marche de Buenos Aires sur la Plaza de Mayo, les organisateurs ont présenté une déclaration commune critiquant la trajectoire économique du gouvernement. Le texte condamnait le modèle budgétaire de l'administration, critiquait les gouverneurs provinciaux pour leur complicité politique et visait la direction des confédérations syndicales nationales. Les orateurs ont particulièrement ciblé la Confédération générale du travail (CGT) et la Centrale des travailleurs argentins (CTA) pour leur attitude passive face aux décrets gouvernementaux. Myriam Bregman, députée du Front de gauche et l'une des principales organisatrices de la mobilisation, s'est adressée à la foule pour exiger une grève générale nationale contre les mesures d'austérité.
C'est de la colère mais aussi de l'espoir, qu'à partir de la lutte, de l'organisation, de toutes ces organisations syndicales, sociales et de défense des droits de l'homme que nous avons gagnées, nous pourrons construire quelque chose de différent, de démocratique par la base.


