
Israël poursuit ses frappes au Liban malgré le cessez-le-feu, menaçant l'accord de Trump avec l'Iran
Quelques heures après l'entrée en vigueur d'une trêve entre Israël et le Hezbollah négociée par les États-Unis et le Qatar, des frappes aériennes israéliennes ont tué au moins cinq personnes dans le sud du Liban, menaçant le fragile accord-cadre américano-iranien.
Trêve sous les bombes
Vendredi, Israël et le Hezbollah ont conclu une trêve sous la médiation des États-Unis et du Qatar, devant entrer en vigueur à 16 heures (heure locale). En quelques heures, les médias d'État libanais ont fait état de frappes aériennes et d'attaques de drones israéliennes dans le sud du Liban, notamment autour du bastion du Hezbollah à Nabatieh. L'agence de presse libanaise NNA a indiqué que cinq personnes avaient été tuées à Arab Salim et dans d'autres villages, et l'armée libanaise a accusé Israël d'attaques « brutales » qui minent la stabilité. L'armée israélienne a répliqué que le Hezbollah avait tiré plus de 50 projectiles dans la nuit, provoquant des frappes de représailles contre des cibles du Hezbollah.
La stabilité pour Israël et le Liban ne peut être atteinte que si le Hezbollah cesse de violer les accords de cessez-le-feu.
Ces violations mettent directement en danger l'accord-cadre plus large entre les États-Unis et l'Iran, signé mercredi, qui prévoyait un cessez-le-feu régional incluant le Liban.
Les renseignements américains préviennent que Netanyahou pourrait saboter l'accord
Le Washington Post a cité des rapports des renseignements américains indiquant que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est susceptible de saboter l'accord sur l'Iran, poussé par la pression politique intérieure avant les élections d'automne. Un sondage d'un grand institut de réflexion israélien en mai a montré que 70 % des Israéliens soutiennent l'intensification de la lutte contre le Hezbollah.
Toute cessation des hostilités ou tout retrait du Liban serait perçu en Israël comme une défaite pour Netanyahou.
Des responsables américains ont averti en privé Israël contre des actions qui pourraient compromettre l'accord du président Trump, mais les frappes continues au milieu de la trêve suggèrent que Netanyahou pourrait privilégier la survie de sa coalition aux efforts de paix menés par les États-Unis.
Les diplomates se précipitent pour des pourparlers en Suisse
Le premier cycle de pourparlers post-accord, prévu vendredi à la station suisse de Bürgenstock, a été annulé à la dernière minute après la recrudescence des affrontements entre Israël et le Hezbollah. Le vice-président américain JD Vance a renoncé à son départ. Samedi, cependant, des informations ont fait état de l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et du conseiller présidentiel Jared Kushner se rendant en Suisse ou déjà sur place, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi prévoyait de les rejoindre. Le Pakistan, qui avait assuré la médiation de l'accord-cadre initial, a poursuivi la diplomatie de navette : le ministre de l'Intérieur Mohsin Naqvi est arrivé à Téhéran pour rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et Araghtchi afin de discuter des prochaines étapes.
Le prix de la paix
L'Iran a lié un règlement final à des concessions économiques massives. L'accord-cadre mentionne un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars, même si les observateurs indiquent que Téhéran pourrait accepter 24 milliards de dollars en deux tranches. Crucialement, l'Iran exige la levée des sanctions bancaires pour retrouver l'accès à la finance internationale et reprendre les ventes légales de pétrole, sa principale source de revenus. Sans cela, insiste Téhéran, il n'y aura pas d'accord final. L'accord en 14 points prolonge également le cessez-le-feu de 60 jours et rouvre le détroit d'Ormuz.
- Les États-Unis et l'Iran signent un accord-cadre en 14 points pour un cessez-le-feu régional.
- Trêve entre Israël et le Hezbollah convenue, devant entrer en vigueur à 16 heures (heure locale).
- Le cessez-le-feu entre en vigueur ; en moins d'une heure, 12 frappes aériennes israéliennes signalées. Les pourparlers prévus en Suisse annulés.
- La NNA libanaise fait état de 5 morts dans les frappes nocturnes ; le Hezbollah tire plus de 50 projectiles. Les envoyés américains Witkoff et Kushner se rendent en Suisse ; le Pakistanais Naqvi arrive à Téhéran.


