
Andy Burnham en passe d'entrer au 10 Downing Street alors que 322 députés travaillistes le consacrent prochain leader sans opposition
Tous ses rivaux étant mathématiquement exclus, l'ancien maire de Manchester sera officiellement élu vendredi prochain et doit préciser un programme que ses alliés disent encore flou à seulement dix jours de son entrée au 10 Downing Street.
Le sacre
Andy Burnham deviendra leader du Labour sans opposition après que 322 députés ont signé ses papiers de nomination le premier jour de la course, rendant impossible la candidature de tout autre concurrent. Le futur Premier ministre a passé une grande partie de la semaine en discussions avec des hauts fonctionnaires et doit être intronisé vendredi prochain, avant de prendre ses fonctions dans environ dix jours. Il fera face à une réunion publique avec les députés travaillistes lundi où il sera interrogé sur son plan pour le pouvoir.
Il est important que lorsqu'Andy franchira cette porte, il ait un plan bien élaboré, car gouverner est difficile en Grande-Bretagne, et de nombreux défis et chocs se présenteront à lui.
Une page blanche
Les alliés concèdent que presque tout le programme de Burnham est incertain. Il a signalé son souhait de réduire les impôts pour les bas salaires tout en s'engageant à financer « intégralement » le Plan d'investissement pour la défense, suscitant des questions sur la manière dont ces deux promesses peuvent être conciliées. Rachel Reeves a prévenu que lui et son équipe doivent être « vraiment clairs sur ce qu'ils veulent accomplir » et rester « concentrés comme un laser sur les choses qui l'ont toujours motivé ».
Pressions politiques
Le nouveau Premier ministre fait face à des demandes immédiates de ses propres bancs. Un recueil d'essais organisé par la New Economics Foundation l'appelle à tracer une trajectoire de dix ans pour revenir à un niveau de dépenses de 0,7 % du revenu national pour l'aide internationale, objectif abandonné en 2020. Fleur Anderson, ancienne ministre, écrit que « se retirer des engagements de développement est en fin de compte une fausse économie ». Parallèlement, la promesse de Burnham d'exporter le modèle de franchisage des bus de Manchester au reste du pays a suscité une réponse prudente du Cornwall Council, qui estime qu'un « changement radical » des subventions serait nécessaire pour desservir les zones rurales.
Ce qui compte, ce ne sont pas des objectifs annuels mécaniques, mais l'établissement d'une trajectoire crédible à long terme autour de laquelle les gouvernements partenaires, les institutions multilatérales, les ONG et les organisations locales peuvent planifier.
Le pari Farage
Nigel Farage a annoncé qu'il quittait son siège de Clacton dans les 24 heures suivant son retour des États-Unis, déclenchant une élection partielle. Des alliés ont déclaré que cette décision était une tactique préméditée pour reprendre l'agenda à Burnham, dont l'ascension rapide avait érodé la position de Reform UK dans les sondages. « C'était Nigel qui reprenait le contrôle. C'était 'Andy Burnham par-ci, Andy Burnham par-là' », a confié un allié à The Independent. L'équipe de Farage avait même simulé un scénario catastrophe dans lequel il perdrait le vote et reviendrait plus tard comme leader lors d'une élection générale.
Le choix du chancelier divise le parti
Le maire de Londres, Sadiq Khan, a fait pression en privé sur Burnham pour qu'il nomme Ed Miliband chancelier, arguant que le secrétaire à l'Énergie possède les compétences politiques nécessaires pour mener à bien la dévolution. Miliband fait face à une vive opposition de la part des dirigeants syndicaux et des députés travaillistes écossais qui estiment que sa position sur le zéro émission nuit à la production en mer du Nord et à la base industrielle. La secrétaire générale d'Unite, Sharon Graham, a prévenu que placer Miliband au Trésor mettrait « un nœud coulant autour du cou » de la création d'emplois. Un député travailliste a déclaré : « Si Ed va au Trésor, on peut aussi bien faire nos valises et rentrer chez nous. » D'autres noms circulent, notamment la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, le ministre du Travail et des Retraites Pat McFadden et le chef de file Jonathan Reynolds.
Mettre Miliband au Trésor reviendrait à mettre un nœud coulant autour du cou de la création d'emplois.
La suite
Burnham passe le week-end dans sa circonscription de Makerfield. Il répondra aux questions des députés travaillistes lors de la réunion publique de lundi avant le vote formel pour la direction vendredi. Son choix du chancelier, attendu peu après, sera le premier test pour savoir si son instinct de plaire à tous les camps peut survivre aux choix qu'exige le gouvernement.
- Burnham obtient 322 nominations de députés, assurant une course à la direction sans opposition
- Réunion publique avec les députés travaillistes
- Élu officiellement leader du Labour
- Devrait prendre ses fonctions de Premier ministre


