
Le Parlement européen approuve le règlement sur le rapatriement, Meloni s'en réclame comme d'une victoire pour le modèle albanais de l'Italie
Le Parlement européen a donné son approbation finale à un nouveau règlement sur le rapatriement, permettant des retours plus rapides et des centres dans des pays tiers. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a présenté le vote (418 voix pour, 218 contre) comme une victoire historique pour le modèle pionnier de l'Italie avec l'Albanie.
Approbation finale à Strasbourg
Le 17 juin 2026, le Parlement européen a approuvé le nouveau règlement de l'UE sur le rapatriement par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions. Le vote a été porté par une majorité de droite composée du Parti populaire européen (PPE), des Conservateurs et réformistes européens (CRE), des Patriotes pour l'Europe et de l'Europe des nations souveraines, avec une division parmi les libéraux de Renew Europe (37 pour, 21 contre, 12 abstentions). Les groupes de gauche, notamment les Socialistes et démocrates, La Gauche et les Verts, ont voté contre. Le règlement entre désormais en vigueur en tant qu'élément clé du Pacte migration et asile de l'UE.
Ce que le règlement change
Les nouvelles règles établissent un cadre commun de l'UE pour le retour des ressortissants de pays tiers n'ayant pas le droit de séjourner légalement. Les migrants seront tenus de coopérer avec les autorités ; en cas de non-coopération, de risque de fuite ou de menace pour la sécurité, une détention pouvant aller jusqu'à 24 mois, prolongeable de six mois supplémentaires, pourra être ordonnée. Les autorités nationales peuvent, avec une autorisation judiciaire, fouiller et saisir les effets personnels et les appareils électroniques pour faciliter les retours. Pour la première fois, le règlement autorise les États membres à transférer les migrants (à l'exception des mineurs non accompagnés) vers des centres de retour dans des pays tiers ayant signé des accords bilatéraux, à condition que les droits de l'homme, le droit international et le principe de non-refoulement soient respectés.
Aujourd'hui, nous disposons d'outils communs de rapatriement qui s'appliquent à tous les États européens sans délais bureaucratiques, ce qui signifie une plus grande rapidité et efficacité. Le règlement encourage le retour volontaire mais prévoit également des instruments plus efficaces pour le retour forcé, tels que la détention, les obligations de résidence, la surveillance électronique et les interdictions d'entrée.
Meloni revendique une victoire historique
La Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui participait au sommet du G7 à Évian, a célébré le résultat comme un « grand succès pour l'Italie en Europe » dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Elle a souligné que le règlement suit la voie du protocole controversé de l'Italie avec l'Albanie, qui a établi deux centres pour migrants sur le territoire albanais.
Le règlement prévoit également la possibilité d'ouvrir des centres de rapatriement dans des pays tiers, suivant ainsi la voie ouverte par le gouvernement italien avec le protocole avec l'Albanie, une solution innovante que la gauche italienne et européenne a tenté de combattre par tous les moyens, mais qui, grâce à ce gouvernement, est désormais devenue un outil à la disposition de toute l'Europe.
Meloni a ajouté que le gouvernement avait promis aux Italiens de « défendre les frontières » et que ce vote tenait cette promesse. Le modèle albanais, bien qu'entravé par des contentieux judiciaires en Italie, a suscité l'intérêt d'autres États membres de l'UE et du Royaume-Uni, selon l'agence ANSA.
Le parcours législatif
Le règlement a été présenté pour la première fois par la Commission européenne en mars 2025. Un accord politique provisoire entre le Parlement européen et les États membres de l'UE a été trouvé au début du mois de juin 2026. Le vote final en plénière le 17 juin a confirmé la rapidité du parcours législatif, faisant de ce texte l'un des premiers dossiers majeurs liés à la migration à être approuvé par la nouvelle majorité de droite qui s'est constituée autour du PPE et des CRE après les élections européennes de 2024.
- La Commission européenne présente une proposition pour un nouveau règlement sur le rapatriement
- Le Parlement européen et les États membres de l’UE parviennent à un accord provisoire sur le texte
- Le Parlement européen donne son approbation finale avec 418 voix pour
Réactions politiques et prochaines étapes
Le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, a salué le vote, déclarant : « Avec ce nouveau règlement, nous mettons de l'ordre dans notre maison européenne. » Les eurodéputés italiens de Forza Italia, de la Ligue et de Fratelli d'Italia ont voté pour, tandis que le Parti démocrate, le Mouvement 5 étoiles et la Gauche italienne s'y sont opposés. Le règlement obligera les États membres à mettre en œuvre le cadre, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux accords bilatéraux pour des centres de retour dans des pays tiers.


