La Banque du Japon porte son taux directeur à 1 % lors d'un vote à 7 contre 1, en l'absence du gouverneur ; le yen réduit ses gains
La Banque du Japon a relevé mardi son taux directeur d'un quart de point pour le porter à 1 %, son niveau le plus élevé depuis 1995. Le vote s'est conclu par 7 voix contre 1, en l'absence du gouverneur Kazuo Ueda, hospitalisé pour un kyste hépatique. Le yen s'est brièvement apprécié avant de réduire ses gains, tandis que les contrats à terme sur obligations ont reculé.
La décision
La Banque du Japon a relevé mardi son taux directeur de 25 points de base pour le porter à 1 %, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis 1995. Le vote, adopté par sept voix contre une, a eu lieu lors d'une réunion tenue sans le gouverneur Kazuo Ueda, actuellement traité pour un kyste hépatique infecté. La BOJ a indiqué qu'une normalisation supplémentaire de sa politique était prévue, avec l'arrêt progressif de la réduction de ses achats d'obligations.
Réaction des marchés
Le yen s'est initialement raffermi à 160,05 pour un dollar après l'annonce, avant de réduire ses gains pour s'échanger à 160,21. Les contrats à terme sur obligations ont conservé leurs pertes alors que les investisseurs digéraient ce virage restrictif. Le taux était proche de zéro depuis deux décennies, et la BOJ n'a commencé à le relever qu'en mars 2024, mettant fin à 17 ans de gel.
Absence du gouverneur
Kazuo Ueda, figure centrale de la décision sur les taux, a manqué la réunion pour la première fois depuis sa prise de fonction. Il avait exprimé son soutien à une politique plus restrictive ces dernières semaines.
Même si la situation reste incertaine, s'il est jugé que les risques de hausse des prix l'emportent sur les risques de baisse de l'activité économique, il sera nécessaire de discuter en profondeur des avantages et des inconvénients d'une hausse du taux d'intérêt directeur.
Inflation et pressions énergétiques
Les prix de gros au Japon ont augmenté de plus de 6 % en mai par rapport à l'année précédente, soit le rythme le plus rapide en trois ans. La flambée des prix mondiaux de l'énergie, alimentée en partie par la guerre en Iran, a nourri l'inflation dans cette économie dépendante des importations. Toutefois, l'inflation à la consommation en avril s'établissait à 1,4 %, en dessous de l'objectif de 2 % de la BOJ.
Après vingt ans de déflation, le Japon est désormais dans un cycle inflationniste. La politique monétaire de gestion de crise n'est plus nécessaire et la BOJ souhaite revenir à une politique monétaire normale.
Contexte politique
La Première ministre Sanae Takaichi, partisane d'une expansion budgétaire, avait précédemment écarté l'idée de hausses de taux. Elle n'a pas critiqué publiquement la décision de mardi, bien qu'elle soit confrontée à la pression de réduire le coût de la vie. L'arbitrage de la BOJ est délicat : des taux plus élevés aident à maîtriser l'inflation mais augmentent les coûts d'emprunt pour le gouvernement et les entreprises.


