Une commission d'enquête du Sénat français recommande de supprimer les admissions ouvertes à l'université et de quintupler les frais de scolarité
Un rapport d'une commission d'enquête du Sénat français propose de supprimer l'accès garanti à l'université pour les titulaires du baccalauréat et de porter les frais d'inscription en licence à 900 euros pour lutter contre l'échec universitaire.
Fin de l'admission automatique à l'université
Une commission d'enquête du Sénat français sur l'excellence académique a publié un rapport le 9 septembre 2026 recommandant de mettre fin au droit automatique des bacheliers à intégrer une université publique. Dans le cadre juridique actuel, le baccalauréat constitue le premier grade de l'enseignement supérieur, conférant à ses titulaires un droit théorique à une place à l'université. La commission a proposé de reclasser le baccalauréat comme une condition d'éligibilité de base plutôt qu'un droit garanti, citant un niveau moins élevé de l'examen. Le paquet de réformes exhorte les universités à fixer des quotas d'admission de manière indépendante et à refuser les candidats ne répondant pas aux prérequis académiques exigés. La sénatrice Les Républicains Laurence Garnier, rapporteure de l'enquête lancée par son groupe parlementaire en mars 2026, a présenté les conclusions aux côtés d'autres contributeurs, dont le sénateur Max Brisson.
Augmentation des frais de scolarité proposée
Le rapport présente 10 recommandations pour réviser le financement et la structure des universités, menées par une forte hausse des droits d'inscription étudiants. La commission a proposé de porter les frais de scolarité annuels à 900 euros pour les programmes de licence et à 1 300 euros pour les programmes de master. Les frais d'inscription actuels dans l'enseignement supérieur public français se situent entre 178 et 254 euros par an. Les rapporteurs ont déclaré que les nouveaux tarifs représenteraient moins de 10 % du coût moyen de la formation tout en inversant ce qu'ils ont décrit comme une impression défavorable créée par une inscription quasi gratuite. Au-delà des licences, l'enquête appelle à formaliser la sélectivité pour les admissions en master et à augmenter la rémunération financière des doctorants.
- Frais de licence proposés
- 900 €
- Frais de master proposés
- 1300 €
Taux d'échec élevés et inadéquation structurelle
L'enquête a identifié des taux d'abandon élevés comme une faiblesse majeure du système universitaire français actuel. Seule la moitié des étudiants inscrits en première année de licence accèdent à la deuxième année, et seulement un tiers terminent leur cycle de trois ans dans les délais impartis. Au bout de cinq ans, la moitié de tous les étudiants inscrits quittent l'université sans avoir obtenu aucun diplôme, un taux d'échec supérieur de 10 points de pourcentage à la moyenne de l'OCDE. Selon les chiffres de la Cour des comptes, ce mode de sélection par l'échec coûte 534 millions d'euros chaque année. Le rapport a également identifié des déséquilibres dans l'affectation des étudiants, notant que les diplômés des filières professionnelles et technologiques représentent 17 % des admissions en première année de licence générale, tandis que les Instituts universitaires de technologie (IUT) remplissent plus de 52 % de leurs places avec des titulaires d'un baccalauréat général.
Garnier a critiqué la charge imposée aux établissements publics lors de la présentation des conclusions.
On demande à l'université de courir un marathon avec trois kilos de plomb dans le sac à dos et d'arriver première à la ligne d'arrivée.
Perception du public et division politique
Les données d'opinion publique incluses dans le rapport montrent que si 62 % des Français conservent une image positive globale des universités, 58 % jugent l'insertion professionnelle des diplômés insuffisante. En outre, seuls 15 % des personnes interrogées associent spontanément l'université à l'excellence académique. La part des étudiants du supérieur fréquentant l'université est passée de 60 % en 2018 à 54 % en 2025. Les propositions ont suscité une opposition immédiate au sein même de la commission d'enquête. Pierre Ouzoulias, sénateur communiste qui présidait la commission, a rejeté les recommandations clés et a plaidé pour restaurer le niveau académique du baccalauréat plutôt que de limiter l'accès à l'université.
- Image positive générale
- 62 %
- Insatisfaction quant à l'insertion professionnelle
- 58 %
- Bacheliers généraux en IUT
- 52 %
- Part des bacs pro et techno en 1re année de licence
- 17 %
- Lien spontané avec l'excellence académique
- 15 %


