
Le PP saisit le Tribunal constitutionnel après que le Congrès a bloqué le vote sur des élections anticipées et déplace le débat au Sénat
Le Parti populaire va demander au Tribunal constitutionnel d'annuler la décision du Bureau du Congrès de bloquer un vote symbolique appelant Pedro Sánchez à dissoudre le Parlement et à convoquer des élections anticipées. Le parti transfère également la motion au Sénat, où il détient la majorité.
Le veto et le recours
Mardi, le Bureau du Congrès, contrôlé par le PSOE et Sumar, a bloqué deux amendements à une motion du PP qui auraient exhorté le Premier ministre Pedro Sánchez à dissoudre le Parlement et à convoquer des élections anticipées. Les amendements, l'un du PP et l'autre de Junts, étaient quasiment identiques. Le Bureau a fait valoir que la convocation d'élections est une prérogative présidentielle et que la motion empiétait sur cette compétence. Le PP a immédiatement déposé une demande de réexamen et, jeudi, a annoncé qu'il saisirait le Tribunal constitutionnel si le veto n'était pas levé. Le parti a qualifié la décision de « nouvel abus de pouvoir » de la présidente du Congrès, Francina Armengol, et de « changement de critère opportuniste », notant que des motions non contraignantes similaires avaient été autorisées par le passé.
- Le PP et Junts déposent des amendements ; la Mesa del Congreso y oppose son veto.
- Le PP dépose un recours en réexamen ; transfère la motion au Sénat ; Feijóo traite Sánchez de « lâche ».
- Le PP annonce un recours devant le Tribunal constitutionnel.
- Débat prévu au Sénat.
Arithmétique politique
Le vote aurait été symbolique, mais son poids politique était clair. Le PP, Vox et Junts détiennent ensemble 177 sièges sur les 350 du Congrès, une majorité absolue. Si les amendements avaient été débattus, ils auraient probablement été adoptés, démontrant qu'une majorité de députés souhaite des élections. Des sources du PP ont déclaré à EL MUNDO que le Bureau avait agi « arbitrairement » parce que Sánchez « allait perdre » le vote. Junts, un allié du gouvernement, ne peut pas saisir seul le Tribunal constitutionnel car il ne dispose pas des 50 députés requis.
La manœuvre au Sénat
Alors que la contestation judiciaire suit son cours, le PP a déposé le même texte au Sénat, où il détient la majorité absolue. La motion, qui reproduit mot pour mot l'amendement de Junts, est inscrite à l'ordre du jour du débat du mercredi 24 juin. Le PP espère contraindre Junts à voter en faveur, marquant ainsi ce qui serait le premier rejet explicite du gouvernement par l'un de ses partenaires parlementaires. Jusqu'à présent, Junts s'est abstenu sur des initiatives similaires du PP à la chambre haute.
Réactions et accusations
Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a accusé Sánchez d'avoir « peur de la démocratie » et de « bâillonner » le Parlement. « Vous ne voulez pas que nous votions aux urnes et vous ne voulez pas que nous votions au Parlement. Vous n'êtes pas un démocrate », a déclaré Feijóo lors de la séance de contrôle du gouvernement de mercredi. La porte-parole du PP, Ester Muñoz, a ajouté :
Le PP nie toute coordination avec Junts, qualifiant les amendements simultanés de coïncidence, mais reconnaît que l'épisode reflète la distance croissante de Junts vis-à-vis du gouvernement.Le jour où un Parlement est bâillonné, la démocratie meurt.


