
Le Parti populaire espagnol accuse le Maroc de la crise de Ceuta après les critiques de Rabat
Le parti d'opposition espagnol a rejeté vendredi les remontrances du ministère marocain des Affaires étrangères, accusant Rabat d'une attaque hybride lors de l'afflux de 80 000 migrants à Ceuta en juillet.
Conflit sur la responsabilité de la crise frontalière de Ceuta
La principale force d'opposition espagnole, le Parti populaire (PP), a publié une déclaration officielle vendredi pour contrer les critiques diplomatiques du gouvernement marocain concernant la crise frontalière de Ceuta. Cette réponse fait suite à un communiqué publié jeudi par le ministère marocain des Affaires étrangères, dirigé par Nasser Bourita. Dans ce document, Rabat a rejeté toute responsabilité dans les entrées frontalières, refusé de servir de bouc émissaire électoral dans les querelles internes espagnoles et accusé les partis politiques chevronnés de tomber dans une rhétorique populiste. La direction autour d'Alberto Núñez Feijóo a répondu que la défense des frontières nationales et de la sécurité des citoyens reste une priorité absolue pour le parti.
Rien n'est au-dessus de la défense de l'Espagne.
Qualification de l'afflux de juillet comme une attaque hybride
Le PP a maintenu son évaluation officielle de la brèche frontalière du 30 juillet 2026, lorsqu'un afflux de 80 000 migrants a traversé la ville autonome nord-africaine de Ceuta. Dans la déclaration de vendredi, le parti a défini les événements comme une violation grave de l'intégrité territoriale de l'Espagne et de l'Europe, décrivant l'afflux comme une attaque hybride exécutée par l'instrumentalisation de la migration irrégulière. Citant des rapports officiels déclassifiés par le gouvernement espagnol, l'opposition a affirmé que les autorités marocaines sont responsables de la rupture, soit par participation active, soit par négligence délibérée. Le PP a exigé une révision complète de la gestion conjointe des frontières, accompagnée d'actions transparentes et de garanties vérifiables de Rabat que de tels incidents ne se reproduiront pas.
- Un afflux de 80 000 migrants entre à Ceuta, déclenchant la crise frontalière
- Le ministère marocain des Affaires étrangères rejette toute responsabilité et critique la rhétorique politique espagnole
- Le Parti populaire espagnol publie une déclaration accusant le Maroc par action ou omission
Défense de la justice et de la souveraineté territoriale
La fracture diplomatique s'est développée parallèlement à une enquête pénale menée par la juge María Tardón à l'Audience nationale espagnole, ainsi qu'à un vote parlementaire au Congrès des députés concernant la nationalité sahraouie jeudi. Les responsables marocains avaient critiqué les institutions judiciaires espagnoles et la rhétorique de l'opposition, accusant des personnalités politiques d'utiliser le royaume à des fins politiques internes. Dans sa réponse, le PP a averti que les commentaires extérieurs ne doivent pas saper ou conditionner les procédures judiciaires en cours en Espagne. Le parti a également réaffirmé que Ceuta et Melilla sont des territoires espagnols, soulignant que des relations bilatérales stables avec le Maroc exigent un respect mutuel, une loyauté institutionnelle, une réciprocité et une adhésion stricte à la souveraineté des États.
Il revient exclusivement à la justice espagnole, dans l'exercice de son indépendance et de notre souveraineté nationale, de déterminer les faits, d'évaluer les preuves et, le cas échéant, d'établir les responsabilités appropriées.
Questions adressées à l'administration Sánchez
Au-delà de ses critiques envers Rabat, le PP a dirigé son attention vers le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et son administration. L'opposition a repris plusieurs questions soulevées dans la dépêche du ministère marocain des Affaires étrangères, exigeant de savoir pourquoi le gouvernement central n'a pas exécuté les procédures de rapatriement pour ceux qui sont entrés irrégulièrement à Ceuta. Le PP a noté l'engagement officiel du Maroc à admettre les rapatriés, s'interrogeant sur la raison pour laquelle les mineurs non accompagnés restent séparés de leurs familles malgré les demandes formelles marocaines pour leur retour immédiat. Le parti a maintenu que le gouvernement espagnol dispose des outils juridiques pour résoudre le différend et est obligé d'expliquer son inaction.

