
Le plan de privatisation de la Coupe du monde à 20 milliards $ de la FIFA provoque une révolte de l'UEFA et des critiques de l'UE
La FIFA souhaite vendre une participation de 20 % dans une nouvelle entité commerciale de 20 milliards de dollars détenant les droits de la Coupe du monde, avec le fonds de Joshua Kushner parmi les investisseurs. L'UEFA a convoqué une réunion d'urgence et l'UE met en garde contre un examen au titre du droit de la concurrence.
Le plan
La FIFA a confirmé le 29 juillet qu'elle crée une nouvelle entité commerciale, Fifa Forward Enterprise (FFE), valorisée à 20 milliards de dollars. L'instance dirigeante entend vendre une participation minoritaire d'environ 20 % à des investisseurs privés, levant ainsi environ 4,2 milliards de dollars. Parmi les premiers investisseurs figure Thrive Eternal, un fonds dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump. La banque d'investissement JP Morgan conseille sur l'opération. La FIFA indique que l'entité regroupera les activités commerciales et la gestion des événements pour la Coupe du monde et la Coupe du monde des clubs, les recettes étant destinées au développement du football. Selon la proposition, la FIFA conserverait au moins 51 % de FFE, les 211 fédérations membres détiendraient collectivement 20 %, et les investisseurs privés prendraient le reste.
Réaction immédiate
Le plan a suscité une réaction immédiate et vive de l'UEFA, qui a publié un communiqué déclarant que le projet « franchit une ligne que les institutions régissant le football ne devraient jamais franchir ». La confédération européenne a convoqué une réunion d'urgence en ligne de ses 55 associations membres pour le jeudi 30 juillet afin de coordonner une position commune, certains responsables évoquant un possible boycott des compétitions de la FIFA. La Concacaf, confédération d'Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, a également exprimé sa profonde inquiétude face à l'absence de procédure réglementaire, notant que les détails ont été rendus publics avant toute discussion avec les instances dirigeantes.
La FIFA ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s'enrichir elle-même et ses amis. Le football peut se développer d'une autre manière. Le moment est venu de vraiment placer les fédérations, les clubs, les ligues, les joueurs et les supporters au centre.
Intervention politique
La controverse a rapidement débordé dans la politique. Le commissaire européen aux Sports, Glen Micallef, a publié un long fil sur X, déclarant que « ce n'est pas du baseball » et que la Coupe du monde reste le plus grand tournoi sportif de la planète. Il a averti que la commercialisation incessante du football est devenue « corrosive » et que la Commission européenne examinerait les propositions au titre du droit de la concurrence de l'UE, compte tenu de l'alignement potentiel des pouvoirs réglementaires de la FIFA avec des intérêts financiers privés.
Le succès commercial devrait renforcer le football, pas le dévorer. Bas les pattes de notre sport.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham est également intervenu, déclarant que le football appartient aux supporters qui remplissent les stades semaine après semaine, par tous les temps. Il a fait valoir que la Coupe du monde n'est pas un produit et qu'en vendre ne serait-ce qu'une partie, c'est vendre le tout.
Vous pouvez l'embellir comme vous voulez, mais une fois que vous en avez vendu une partie, vous avez vendu le tout.
Les enjeux
Les critiques craignent que la propriété privée ne pousse la FIFA vers des tournois plus fréquents et plus importants pour maximiser les rendements. Des rapports mentionnent une possible Coupe du monde tous les deux ans avec 64 équipes ou plus, des prix de billets plus élevés, un calendrier encore plus chargé et des risques accrus pour la santé des joueurs. La Coupe du monde qui vient de s'achever a généré un record de 15 milliards de dollars de revenus, mais les opposants soutiennent que la recherche de rendements commerciaux toujours plus élevés réduirait le football à un simple spectacle. La FIFA rétorque que l'afflux de capitaux lui permettrait de distribuer davantage de fonds aux fédérations membres pour construire des centres sportifs, former des entraîneurs et développer les secteurs de la jeunesse.
Prochaines étapes
La FIFA a envoyé une lettre à l'ensemble des 211 fédérations, offrant 40 millions de dollars chacune si elles soutiennent le plan d'ici le 19 septembre ; celles qui refusent recevraient 2,7 millions de dollars. La proposition doit ensuite être approuvée par le Conseil de la FIFA composé de 38 membres et par une majorité de fédérations lors du Congrès de la FIFA en mars 2027, la même réunion au cours de laquelle Gianni Infantino devrait se présenter à sa réélection, actuellement en tant que seul candidat.
- La FIFA confirme son plan de créer FFE et de vendre une participation minoritaire à des investisseurs privés, dont Thrive Eternal de Joshua Kushner.
- L'UEFA tient une réunion d'urgence en ligne avec 55 associations membres pour coordonner l'opposition.
- Date limite pour que les fédérations soutiennent le plan et reçoivent 40 millions de dollars ; les non-soutiens reçoivent 2,7 millions de dollars.
- Vote du Congrès de la FIFA sur le plan et élection présidentielle, Infantino étant actuellement le seul candidat.


