
Le parti d'Abiy Ahmed remporte 90 % des sièges au Parlement éthiopien, le scrutin exclut le Tigré et une partie de l'Amhara
Le Parti de la prospérité a obtenu 438 sièges (90 % des résultats proclamés) lors des élections législatives du 1er juin en Éthiopie, garantissant quasiment à Abiy Ahmed un second mandat complet lorsque le nouveau parlement se réunira en octobre. Le vote n'a pas eu lieu au Tigré et dans certaines circonscriptions de l'Amhara en raison de l'insécurité.
Les résultats des élections
Le Bureau national électoral éthiopien (NEBE) a annoncé dimanche que le Parti de la prospérité au pouvoir a remporté 438 des 486 sièges pour lesquels les résultats ont été proclamés, après que le vote n'a pas eu lieu dans la région du Tigré et dans au moins huit circonscriptions de l'Amhara. Avec seulement 274 sièges nécessaires pour obtenir une majorité, la marge du parti laisse le Premier ministre Abiy Ahmed fermement aux commandes de la chambre basse de 547 sièges lorsque le nouveau parlement ouvrira ses portes entre fin septembre et début octobre. Ce résultat reflète celui des élections de 2021, lorsque le Parti de la prospérité avait également remporté plus de 90 % des sièges disponibles.
des conditions défavorables
L'ascension d'Abiy Ahmed
Abiy Ahmed est arrivé au pouvoir en 2018 après des manifestations massives contre le Front de libération du peuple éthiopien (EPRDF), une coalition qui avait gouverné pendant plus d'un quart de siècle. Il a dissous l'EPRDF l'année suivante et formé le Parti de la prospérité, consolidant son emprise sur la politique nationale. Sur le plan international, il a reçu le prix Nobel de la paix en 2019 pour avoir mis fin au conflit frontalier avec l'Érythrée. Sur le plan intérieur, il a d'abord libéré des journalistes et des prisonniers politiques, mais des organisations de défense des droits de l'homme accusent désormais son gouvernement de détenir des dissidents et de restreindre la société civile.
- Abiy Ahmed nommé Premier ministre après les manifestations contre l'EPRDF
- Forme le Parti de la prospérité ; dissout la coalition EPRDF
- Reçoit le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin au conflit frontalier avec l'Érythrée
- Début de la guerre civile au Tigré, qui dure jusqu'en novembre 2022
- Le Parti de la prospérité remporte plus de 90 % des sièges aux premières élections nationales
- Un accord de paix met fin à la guerre au Tigré
- Élections législatives ; le PP remporte à nouveau 90 % des sièges contestés
- Le nouveau parlement se réunit ; Abiy devrait être réélu Premier ministre
Suspension du vote et crises sécuritaires
Aucune élection n'a eu lieu au Tigré, où une guerre civile de deux ans entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (2020-2022) a fait des pertes catastrophiques. Les médias publics français estiment le bilan à 600 000 morts, avec environ un million de personnes toujours déplacées. Bien qu'un accord de paix en 2022 ait mis fin au conflit, le principal parti politique de la région a cherché en mai 2026 à reprendre le contrôle de l'administration régionale en violation de l'accord, ce qui a incité des responsables éthiopiens à avertir d'une nouvelle agitation. Ailleurs, des insurrections persistent : l'Armée de libération oromo en Oromia a tué des centaines de personnes, et la milice Fano a conquis de vastes parties de la campagne amhara depuis 2023. Le bureau électoral a indiqué que 15 circonscriptions dans trois États régionaux devront faire l'objet d'un nouveau scrutin.
Promesses économiques
Le Parti de la prospérité a fait campagne sur un programme d'amélioration de la sécurité alimentaire et d'accélération de la croissance économique. Le gouvernement prévoit une expansion du PIB supérieure à 10 % en 2026, faisant de l'Éthiopie l'une des économies à la croissance la plus rapide d'Afrique. Plus de 50 millions de citoyens se sont inscrits pour voter. Les partis d'opposition, fragmentés et affaiblis, ont accusé le gouvernement fédéral d'arrêter leurs dirigeants et de créer des obstacles juridiques, accusations que les autorités ont niées.
La suite
Avec 90 % des sièges proclamés, la nouvelle chambre réélira très probablement Abiy Ahmed lorsque la session parlementaire commencera à l'automne. Le vote pour le Premier ministre est prévu pour fin septembre ou début octobre. Abiy, désormais âgé de 49 ans ou, selon certains rapports, de 50 ans, effectuera alors un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la deuxième nation la plus peuplée d'Afrique, même si de vastes parties du pays restent en dehors de l'urne.


