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Le journaliste d'investigation polonais Leszek Kraskowski détenu pour trois mois, l'opposition et les instances médiatiques crient au scandale

Un tribunal de Varsovie a ordonné une détention provisoire de trois mois pour Leszek Kraskowski, un journaliste d'investigation connu pour ses reportages sur l'affaire Polnord impliquant le député de la coalition au pouvoir Roman Giertych. Le parquet invoque des menaces de mort et la possession illégale d'un pistolet à gaz, tandis que les critiques qualifient cette arrestation de tentative politiquement motivée de faire taire un opposant au gouvernement.

L'arrestation et les charges

Leszek Kraskowski, ancien journaliste d'investigation pour des médias dont Rzeczpospolita, Wprost et Super Express, a été arrêté le 9 juin 2026 et placé en détention provisoire pour trois mois par un tribunal de Piaseczno. Le parquet de district l'a accusé d'avoir proféré des menaces pénales à l'encontre du commandant de la police du district de Piaseczno et de possession illégale d'un pistolet à gaz et de 54 cartouches sans permis. Selon le procureur Antoni Skiba, Kraskowski n'a pas reconnu les faits lors de son interrogatoire.

La justification du parquet

Après les appels du médiateur Marcin Wiącek et du président du Press Club Polska Marcin Lewicki, le parquet régional de Varsovie a repris l'affaire et a expliqué les motifs de la détention. Le porte-parole, le procureur Piotr Antoni Skiba, a déclaré que les éléments de preuve indiquaient une forte probabilité que le suspect ait commis les actes reprochés. Le parquet a fait valoir que la libération de Kraskowski pourrait entraîner une fraude procédurale, une entrave à la justice ou une fuite. Skiba a noté que le courriel de menace lui-même démontrait une disposition à faire pression sur les personnes impliquées dans l'affaire, et que la découverte d'une arme et de munitions dans la voiture du suspect rendait les menaces plus crédibles. Le parquet a également joint les pièces d'une enquête précédemment suspendue dans laquelle Kraskowski est accusé de maltraitance envers des membres de sa famille, une affaire qui était au point mort parce qu'il ne s'était pas présenté à plusieurs reprises à des examens psychiatriques ordonnés par le tribunal.

La réalisation de ces menaces a été rendue plus probable par le fait qu'une arme et des munitions, dont la possession sans permis est interdite, ont été trouvées dans la voiture dans laquelle le suspect a été arrêté.

Réactions politiques et institutionnelles

L'arrestation a suscité de vives réactions de la part de figures de l'opposition et d'organismes de défense de la liberté des médias. L'ancien ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, aujourd'hui vice-président de Droit et Justice, a qualifié les accusations de prétexte primitif pour faire taire un journaliste critique du gouvernement. Il a directement lié la détention aux reportages de Kraskowski sur l'affaire Polnord, déclarant que le journaliste avait mis en lumière le rôle clé de Roman Giertych, avocat et député de la Coalition civique au pouvoir, dans le prétendu pillage de la société Polnord. Ziobro a noté que Kraskowski avait déjà été confronté à des menaces, notamment des coups de feu tirés sur sa maison et sa voiture, sans qu'aucun auteur n'ait été arrêté pendant trois mois.

Je suis convaincu que l'affaire de la prétendue menace et du pistolet à gaz n'est qu'un prétexte primitif pour priver le journaliste de son arme la plus dangereuse, qui est sa plume, et pour finalement le briser.

Le vice-Premier ministre Władysław Kosiniak-Kamysz, interrogé à ce sujet sur Polsat News, a déclaré que tout devait être expliqué et qu'il n'y a pas de détentions sans fondement dans un État de droit.

Le régulateur des médias et les préoccupations concernant la liberté de la presse

Le Conseil national de l'audiovisuel a publié un déclaration exprimant sa ferme opposition à la détention, qualifiant l'arrestation de trois mois de mesure drastique et excessivement sévère, d'autant plus que la police n'avait pas réagi lorsque Kraskowski avait signalé avoir été menacé avec un couteau par un inconnu. Le Conseil a déclaré que les actions contre Kraskowski s'inscrivent dans une série de provocations contre des journalistes et des médias indépendants critiques du gouvernement de Donald Tusk, citant les récentes intrusions policières dans les bureaux et les domiciles de journalistes de Telewizja wPolsce24 et Republika. Le Conseil a mis en garde contre un effet dissuasif et une baisse drastique des normes de liberté d'expression, demandant des éclaircissements au Premier ministre.

Les actions des organes d'État contre le rédacteur Leszek Kraskowski font partie d'une série de provocations contre les journalistes, les rédactions et les diffuseurs indépendants qui critiquent la politique du gouvernement de Donald Tusk.

Conseil national de l'audiovisuel

Le lien avec l'affaire Polnord

Kraskowski a publié ces derniers mois sur son propre site internet et sa chaîne YouTube des documents détaillant l'affaire Polnord, une affaire de dépouillement présumé des actifs du promoteur immobilier Polnord. Ses reportages se sont concentrés sur le rôle de Roman Giertych et les liens avec le milliardaire Ryszard Krauze, une figure que Ziobro a décrite comme liée aux cercles du renseignement russe, à la politique et aux affaires douteuses. Les critiques de l'arrestation affirment que le moment et la sévérité de la détention sont directement liés à ce travail d'investigation.

Chronologie de l'affaire Leszek Kraskowski
  1. Leszek Kraskowski est arrêté par la police dans le comté de Piaseczno.
  2. Kraskowski est officiellement arrêté et inculpé ; un tribunal ordonne une détention provisoire de trois mois.
  3. Le Conseil national de l'audiovisuel publie un déclaration s'opposant à l'arrestation. Le médiateur et le Press Club Polska demandent des explications au parquet.
  4. Le parquet régional de Varsovie reprend l'affaire et explique les motifs de la détention. L'ancien ministre Zbigniew Ziobro et le vice-Premier ministre Władysław Kosiniak-Kamysz s'expriment publiquement.
Piaseczno · Varsovie

8 sources

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