
Le G7 s’unit derrière l’Ukraine au sommet d’Évian : Trump promet de rétablir les sanctions pétrolières, le Royaume-Uni fournira de l’uranium enrichi
Les dirigeants du G7 ont conclu un sommet de deux jours à Évian-les-Bains par un engagement commun à intensifier les sanctions contre la Russie et à étendre le soutien militaire à Kiev. Donald Trump a annoncé qu’il rétablirait les sanctions pétrolières, tandis que Keir Starmer a dévoilé un accord de 210 millions de livres sterling pour fournir de l’uranium enrichi aux centrales nucléaires ukrainiennes.
Une déclaration commune et davantage d’armes pour Kiev
Les dirigeants du G7 ont approuvé une déclaration commune tôt mercredi 17 juin, se déclarant « unis dans notre soutien indéfectible à l’Ukraine ». Le texte, publié après une séance de travail en présence de Volodymyr Zelensky, promet « d’accroître la pression sur l’économie de guerre russe » et de renforcer les sanctions, en ciblant explicitement les secteurs pétrolier et gazier. Le groupe s’est également engagé à accélérer les livraisons de systèmes de défense aérienne, de missiles supplémentaires et de capacités de frappe à longue portée, ainsi qu’à explorer des licences permettant à l’Ukraine d’accroître sa propre production militaire.
Ce G7 est un moment de prise de conscience stratégique où tous ensemble – les États-Unis, le Japon, le Canada, les Européens – nous avons décidé d’agir de concert aux côtés de l’Ukraine, pour défendre notre unité, les valeurs auxquelles nous croyons et la situation actuelle.
Trump change de cap sur le pétrole russe
Donald Trump, qui s’était jusqu’à récemment concentré sur la confrontation avec l’Iran, a profité du sommet pour annoncer un changement. Citant l’accord américano-iranien conclu le 15 juin, il a déclaré que le pétrole « circulerait désormais librement », permettant à Washington de rétablir des pénalités qui avaient été suspendues pour maintenir les prix du brut sous contrôle. « Nous pourrons bientôt rétablir les sanctions », a-t-il déclaré aux journalistes, sans donner de calendrier précis. L’annonce a immédiatement ébranlé le marché moscovite : les valeurs énergétiques russes ont chuté mardi, entraînant la principale bourse du pays à son plus bas niveau depuis un an.
La seule raison pour laquelle je m’implique, c’est que je n’aime pas voir 25 000 jeunes mourir chaque mois, chaque mois 25 000 personnes meurent, des jeunes, ils commencent tout juste leur vie. Ils vont sur ce front et ils se font pulvériser, et l’Ukraine perd aussi beaucoup de monde.
De l’uranium enrichi britannique pour les centrales ukrainiennes
Parallèlement à la campagne de sanctions, le Royaume-Uni a annoncé un accord énergétique concret. Downing Street a déclaré que 210 millions de livres (243 millions d’euros) de financement à l’exportation permettraient à l’entreprise britannique Urenco de fournir de l’uranium enrichi à l’opérateur nucléaire ukrainien Energoatom. Keir Starmer a présenté cette mesure comme faisant partie d’un effort plus large visant à « tarir les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et à fournir de l’énergie à l’Ukraine pour les hivers à venir. »
Nous soutiendrons l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra et cette annonce le renforce.
L’économie russe et les tensions sur le champ de bataille
La menace de sanctions intervient à un moment fragile pour la Russie. Des frappes de drones ukrainiens ont touché à plusieurs reprises des raffineries, des ports et des dépôts de carburant en profondeur sur le territoire russe. Le 16 juin, un drone a frappé une raffinerie près de Moscou, tandis que des bombardements russes sur Kiev et d’autres villes ont tué au moins 11 personnes le jour de l’ouverture du sommet. La production pétrolière du Kremlin a désormais baissé pendant six mois consécutifs, érodant une source clé de recettes budgétaires. Sur le front, après des gains hivernaux, les forces russes n’avancent plus ; Kiev affirme avoir repris près de 600 km² depuis le début de l’année.
Nous devons être prêts à mettre davantage la pression sur Vladimir Poutine pour mettre fin à cette guerre.
- Les États-Unis et l’Iran concluent un accord ; Trump déclare que le pétrole « circulera librement ».
- Une attaque de drone frappe une raffinerie près de Moscou ; des frappes russes sur l’Ukraine tuent au moins 11 personnes.
- Trump rencontre Zelensky, puis annonce son intention de rétablir les sanctions sur le pétrole russe.
- Starmer dévoile un accord de fourniture d’uranium enrichi de 210 millions de livres pour les centrales nucléaires ukrainiennes.
- Le G7 publie une déclaration commune promettant davantage d’aide militaire et des sanctions renforcées.
Une démonstration d’unité et un moment « patron »
À huis clos, l’atmosphère parmi les dirigeants européens s’est éclaircie. Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui n’avait pas parlé à Trump depuis plusieurs semaines après des critiques sur la guerre en Iran, a déclaré que les discussions lui donnaient « un certain sentiment d’optimisme ». Trump, qui évite souvent les réunions multilatérales, a signé la déclaration commune et tenu une réunion de 70 minutes avec Zelensky. Tous ses moments n’ont pas été diplomatiques : arrivé en retard à une séance de développement mercredi, il s’est arrêté en bout de table et a annoncé : « Je suis le patron », provoquant des rires avant de prendre place.


