
La police de Delhi interpelle le fondateur du Cockroach Janta Party, Abhijeet Dipke, avant une manifestation interdite
Abhijeet Dipke et deux de ses collègues du parti ont été interpellés samedi à leur arrivée à l'aéroport de Delhi. Les autorités ont interdit la manifestation, déployé plus de 20 000 policiers et suspendu l'internet mobile dans le centre de New Delhi.
Interpellations à l'aéroport de Delhi
La police de Delhi a interpellé samedi Abhijeet Dipke, fondateur du Cockroach Janta Party (CJP), après l'atterrissage dans la capitale de son vol en provenance de Mumbai, la capitale financière du pays. Selon le parti, les co-responsables Saurav Das et Ashutosh Ranka ont été interpellés à bord du même vol à l'atterrissage. DW rapporte que la responsable de l'aide juridique du CJP, Ratna Singh, a également été interpellée. Des chaînes de télévision ont rapporté que des agents ont accueilli Dipke à l'aéroport et lui ont demandé d'annuler la manifestation, que les autorités avaient interdite. Dipke a diffusé la scène en direct sur Instagram et a demandé aux agents d'attendre que les passagers aient quitté l'appareil.
Venez nous arrêter, nous n'avons pas peur.
- Plus de 20 000 policiers déployés à Delhi, selon Press Trust of India
- Plus de 400 personnes soupçonnées de participer à la mobilisation arrêtées, selon les médias locaux
- Dipke, Das et Ranka interpellés après l'atterrissage à Delhi de leur vol en provenance de Mumbai
- La police ferme 45 entrées de stations de métro et suspend l'internet mobile pendant 24 heures dans le centre de Delhi
Une manifestation interdite avant même d'avoir lieu
Le CJP avait appelé à une manifestation à Jantar Mantar, dans le centre de Delhi, pour exiger la démission du chef de la Commission électorale, Gyanesh Kumar. Le rassemblement ne dispose d'aucune autorisation policière. L'agence de presse italienne AGI rapporte que plus de 400 personnes soupçonnées d'y participer ont été arrêtées dans la nuit dans plusieurs quartiers de la capitale, selon les médias locaux. La police a fermé samedi les entrées de 45 stations de métro et suspendu l'internet mobile pendant 24 heures dans une partie du centre de New Delhi. Indian Railways a annulé 245 trains à destination et en provenance de la capitale, dont des liaisons longue distance. Press Trust of India, cité par RFI, a rapporté que plus de 20 000 policiers ont été déployés à partir de vendredi soir.
- Policiers déployés (à partir de vendredi soir)
- 20000
- Personnes arrêtées dans la nuit (plus de)
- 400
- Entrées de stations de métro fermées
- 45
- Trains annulés
- 245
Les accusations à l'origine du mouvement
Le mouvement accuse Kumar d'être responsable de la radiation de millions de noms des listes électorales lors d'une révision spéciale des listes. RFI chiffre à 130 millions le nombre d'électeurs radiés et qualifie ces radiations de contestées. L'Indian Express a révélé l'affaire le 23 septembre, selon RFI. Les mesures des autorités sont aussi arrivées devant la Cour suprême, qui avait demandé d'éviter des perturbations généralisées des services de métro et de train et que la réponse soit proportionnée à la situation sur le terrain, rapporte AGI. L'avocat constitutionnaliste Prashant Bhushan a déclaré à RFI que la mobilisation est exceptionnelle.
Nous n'avions pas vu de manifestations de cette ampleur depuis l'arrivée au pouvoir de Modi.
Contexte du mouvement
La BBC rapporte que Dipke, 30 ans, venait d'achever un master à l'université de Boston lorsqu'il a publié en mai sur X : « Et si tous les cafards se rassemblaient ? ». Cette publication faisait suite à des propos du président de la Cour suprême indienne comparant certains jeunes chômeurs à des cafards, des propos qu'il a ensuite dit avoir été mal interprétés. La publication est devenue virale et le Cockroach Janta Party est né. En juillet, Dipke a assisté depuis la tribune aux célébrations de manifestants après la démission du ministre indien de l'Éducation. Avant le mouvement, Dipke avait travaillé avec le parti d'opposition Aam Aadmi Party (AAP), selon la BBC.
Lieu de détention incertain
La BBC a rapporté que le lieu où se trouvaient Dipke et ses collègues restait incertain et que la police n'avait pas expliqué publiquement les raisons de leur interpellation. Des informations font état de nombreuses autres personnes interpellées à Delhi et ailleurs, alors que la police tente d'empêcher les rassemblements. Le CJP affirme que la manifestation se poursuivra malgré les arrestations, selon AGI.


