
Un incendie ravage le cloître du XVIe siècle à Condom, détruisant des milliers de livres rares et relançant le débat sur le patrimoine
Un incendie a ravagé le cloître du XVIe siècle de la cathédrale Saint-Pierre de Condom vendredi soir, détruisant la bibliothèque municipale et endommageant environ 90 % de son fonds ancien de 4 300 volumes.
L'incendie et l'intervention
Peu après 21 h 30, vendredi 12 juin, des flammes ont jailli de la bibliothèque occupant l'étage supérieur du cloître du XVIe siècle attenant à la cathédrale Saint-Pierre de Condom, une ville d'environ 6 000 habitants dans le Gers, dans le sud-ouest de la France. Le feu a rapidement consumé la toiture, les flammes atteignant plus de sept mètres de hauteur, selon le colonel Jean-Louis Ferres, directeur du service d'incendie et de secours du Gers.
Cinquante pompiers et quinze véhicules ont été déployés pour maîtriser l'incendie. Le maire a prévenu que le plus grand risque pendant l'incendie était sa propagation potentielle à la cathédrale elle-même et à l'ancien tribunal adjacent, aujourd'hui sous-préfecture. L'opération s'est poursuivie toute la nuit, l'incendie étant maîtrisé tôt samedi matin. Deux pompiers ont été blessés lors de l'intervention. La cause serait accidentelle, mais les enquêtes se poursuivent.Un feu très virulent, qui dans la première heure était en combustion libre, avec des flammes visibles de plus de 7 mètres de haut.
- L'incendie éclate vers 21 h 30 à la bibliothèque du cloître ; 50 pompiers déployés, flammes de plus de 7 m
- Incendie maîtrisé tôt le matin ; le maire signale 90 % des 4 300 livres endommagés, appel aux bénévoles
Dévastation des collections historiques
La bibliothèque abritait le fonds ancien de la ville, comprenant environ 4 300 livres et manuscrits datant du XVIe au XIXe siècle. Le maire Jean-François Sabathier a confirmé qu'environ 90 % de la collection avait été endommagée – certains volumes complètement brûlés, d'autres saturés d'eau par les efforts des pompiers.
Parmi les objets irremplaçables détruits figurait un missel ayant appartenu à Jacques-Bénigne Bossuet, qui fut évêque de Condom au XVIIe siècle avant de se rendre à Meaux. Le maire a noté que les archives cadastrales de la ville avaient été sauvées et que des efforts étaient en cours pour sécuriser le cloître lui-même, qui présente une voûte qu'il a qualifiée de remarquable. Des bénévoles étaient recherchés samedi pour aider à sauver les volumes qui pourraient être préservés malgré les dégâts des eaux.C'était le joyau de notre collection. Pour nous, c'est le même choc émotionnel que l'incendie de la cathédrale Notre-Dame à Paris.
Une série d'incendies du patrimoine
L'incendie de Condom est le dernier d'une série de sinistres touchant des édifices religieux et historiques dans la France rurale. Le même vendredi, une chapelle à Trégastel, dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, a été à moitié détruite par un incendie. Trois semaines plus tôt, une chapelle du village de Cernay, dans le Bas-Rhin, avait subi d'importants dégâts. Dans chaque cas, les élus locaux sont confrontés à des coûts de restauration élevés et à des obstacles logistiques. La récurrence soulève des questions sur la prévention des incendies et la vulnérabilité des bâtiments anciens non équipés de systèmes de suppression modernes.
Le déficit de financement pour les églises rurales
L'émotion suscitée par la perte de Condom reflète une frustration plus large face aux disparités de financement du patrimoine. Alors que l'incendie de Notre-Dame en 2019 a suscité une réponse internationale massive, générant environ 900 millions d'euros de dons, les églises de village peinent souvent à obtenir des sommes même modestes pour leur entretien de base. Comme le souligne le reportage vidéo de Franceinfo, l'assurance de ces bâtiments historiques est souvent prohibitif pour les petites communes. La Fondation du patrimoine a lancé un appel aux dons pour la chapelle de Cernay, mais les habitants et les maires estiment que le soutien systémique reste insuffisant. Le maire de Cernay, s'exprimant après les dégâts, a reconnu le tribut émotionnel mais a promis de reconstruire, notant que le défi nécessiterait un temps et un travail considérables.


