Diplomatie · Brasília, São Paulo et Washington
Le Brésil refuse les visas aux responsables américains envoyés pour scruter l'élection d'octobre, y voyant une manœuvre d'influence
Le ministère brésilien des Affaires étrangères a refusé les visas à deux responsables du département d'État américain qui prévoyaient de se rendre à Brasília la semaine prochaine pour discuter de l'intégrité électorale, une décision que des responsables brésiliens qualifient de tentative d'influencer le scrutin présidentiel d'octobre.
Texte IA fondé sur les articles de AP NEWS, The Wall Street Journal, Bloomberg Business et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
Riley M. Barnes et Samuel Samson ont déposé leur demande le 20 juillet et ont été refusés le vendredi 24 juillet ; le ministère brésilien des Affaires étrangères n'a pas divulgué les raisons.
Le département d'État a déclaré que la visite était une mission de routine sur l'intégrité électorale, la liberté religieuse et la liberté d'expression, et a qualifié les suggestions de manœuvre de « mensonge sans fondement ».
Dans le dernier sondage, Lula devance Flávio Bolsonaro de 48 % à 43 % au second tour ; au premier tour, Lula obtient 40 % et Bolsonaro 32 %.
Le président argentin Javier Milei s'est rendu au Brésil vendredi pour soutenir le sénateur Flávio Bolsonaro lors de sa convention d'investiture, un rare soutien présidentiel étranger.
Un droit de douane de 37,5 % sur les exportations brésiliennes est entré en vigueur vendredi, et deux gangs de trafiquants de drogue ont été désignés organisations terroristes étrangères en mai, deux mesures que le camp de Lula considère comme une ingérence électorale.
- 25 juil.Le président argentin Milei se rend au Brésil pour soutenir Flávio Bolsonaro lors de la convention du parti.
- 27 juil.Début prévu de la visite des responsables américains à Brasília.
- 4 oct.Élection présidentielle brésilienne.
Refus de visa
Le ministère brésilien des Affaires étrangères a confirmé samedi avoir refusé les visas à Riley M. Barnes, secrétaire adjoint au Bureau de la démocratie, des droits de l'homme et du travail du département d'État, et à Samuel Samson, secrétaire adjoint. Les deux hommes ont déposé leur demande le 20 juillet et ont été refusés vendredi, a déclaré un porte-parole du ministère, sans en divulguer les raisons. Deux responsables brésiliens, s'exprimant anonymement auprès de Reuters, ont indiqué que l'initiative américaine était perçue comme une tentative d'influencer l'élection présidentielle du 4 octobre, dans laquelle le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva affronte le sénateur Flávio Bolsonaro.
Réponse américaine
Le département d'État a décrit le voyage, prévu du 27 au 30 juillet à Brasília, comme une visite de routine pour rencontrer des responsables gouvernementaux, des chefs religieux et d'autres personnes au sujet de l'intégrité électorale, de la liberté religieuse et de la liberté d'expression.
« Toute insinuation d'une « manœuvre » visant à saper l'élection d'une nation démocratique est un mensonge sans fondement. »
Le département n'a pas immédiatement commenté la question de savoir si les responsables voyageraient quand même.
Enjeux électoraux
Lula briguera un nouveau mandat face à Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, dont la famille entretient des liens étroits avec l'administration Trump. L'ancien président Bolsonaro purge une peine de 27 ans de résidence surveillée pour une tentative de coup d'État et a, pendant des années, semé le doute sur le système de vote électronique du pays sans fournir de preuves. Son fils a répété certaines de ces affirmations jusqu'à samedi, lorsque le Parti libéral l'a confirmé comme son candidat à São Paulo. Les derniers sondages donnent à Lula une avance de 48 % à 43 % au second tour, en légère hausse par rapport à 47 % contre 43 % en juin. Dans un scénario de premier tour, Lula est en tête avec 40 %, suivi de Flávio Bolsonaro à 32 %, Ronaldo Caiado à 4 %, et Romeu Zema et Renan Santos à 3 % chacun. Si aucun candidat ne dépasse 50 % des suffrages valables, les deux favoris s'affronteront au second tour.
- Lula da Silva
- 40 %
- Flávio Bolsonaro
- 32 %
- Ronaldo Caiado
- 4 %
- Romeu Zema
- 3 %
- Renan Santos
- 3 %
Données tirées du texte de l’article
Intervention régionale
Le président argentin Javier Milei s'est rendu au Brésil vendredi pour soutenir le sénateur Bolsonaro lors de la convention du parti, une intervention rare d'un chef d'État étranger. Ce soutien insuffle de l'énergie à une campagne que les autres partis conservateurs ont boudée pendant que Jair Bolsonaro purge sa peine. L'apparition de Milei pourrait aider le sénateur à consolider un champ fragmenté.
Contexte commercial et sécuritaire
Le refus de visa fait suite à deux actions américaines que le gouvernement Lula considère comme des pressions en année électorale. Vendredi, une hausse des droits de douane allant jusqu'à 37,5 % sur des milliers d'exportations brésiliennes est entrée en vigueur, Washington invoquant une concurrence déloyale et des pratiques de travail forcé. L'administration Lula rejette ces deux accusations. L'administration Trump a également classé les deux plus grands groupes de trafic de drogue du Brésil – le Premier Commandement de la Capitale et le Commandement Rouge – comme organisations terroristes étrangères fin mai, peu après que le sénateur Bolsonaro et son frère Eduardo aient rencontré des responsables américains, dont le président Donald Trump. Lula s'oppose à ces désignations.
Poser une question sur ce texte
Sources et contexte
- AP NEWSBrazil's government denies visas to US officials over upcoming elections
- The Wall Street JournalBrazil Denies Visas to U.S. Officials Over Election-Interference Fears
- Bloomberg BusinessBrazil Blocks Visas of US Envoys Over Election Interference Fear
- The IndependentBrazil denies visas to Trump officials over election interference fears
- Samuel Samson
- Secrétaire d'État adjoint américain dont le visa a été refusé.
- Luiz Inácio Lula da Silva
- Président brésilien sortant candidat à sa réélection.
- Flávio Bolsonaro
- Sénateur et candidat à la présidence, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro.
- Jair Bolsonaro
- Ancien président brésilien purgeant une peine de 27 ans de résidence surveillée pour une tentative de coup d'État.
- Eduardo Bolsonaro
- Député fédéral et frère de Flávio Bolsonaro, qui a rencontré des responsables américains.
- Javier Milei
- Président argentin qui a soutenu Flávio Bolsonaro lors de sa convention d'investiture.
- Donald Trump
- Président américain dont l'administration a pris des mesures que Lula considère comme une ingérence électorale.
- Lieux
- Washington
Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.
Soutenir Pollar