
Le bilan du séisme au Venezuela atteint 1 719 morts, plus de 50 000 disparus et des critiques croissantes sur la réponse de l'État
Cinq jours après que deux puissants séismes ont dévasté le Venezuela, le bilan officiel des morts a dépassé les 1 700, tandis que plus de 50 000 personnes sont toujours portées disparues, alors que les équipes de secours font face à une frustration croissante face à la gestion de la crise par le gouvernement.
Le bilan s'alourdit
Les chiffres officiels publiés par le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, faisaient état de 1 719 morts au 29 juin, et de 5 034 blessés. Parmi les victimes, au moins 56 ressortissants portugais et luso-descendants, dont huit enfants, même si certains rapports avancent le chiffre de 60. Les autorités n'ont pas donné de bilan des disparus, mais un registre non officiel cité par l'agence EFE estimait à 68 900 le nombre de personnes portées disparues. Le gouvernement a décrété une semaine sans cours et lancé des inspections de bâtiments, codant les structures en jaune, bleu ou rouge selon le danger.
Opérations de secours et réalité sur le terrain
Des équipes internationales du Pérou, du Salvador et du Venezuela ont travaillé sans relâche. Aaron Vargas, 21 ans, coincé dans un immeuble effondré à Caraballeda, a été sorti vivant après une opération de 43 heures. Plus tôt, Belkys Barreto, 60 ans, avait survécu 86 heures ensevelie dans un immeuble de 15 étages. Cependant, la fenêtre pour retrouver des survivants se rétrécissait.
Il y a plus de fusils que de pelles. Malheureusement, c'est l'aide de l'État, de l'Exécutif, qui s'est limité à mettre des obstacles par l'intermédiaire des militaires, au lieu d'apporter une aide rapide avec des machines et des choses essentielles comme une meuleuse pour couper les barres d'acier, des perceuses, des marteaux perforateurs… tout cela n'est pas venu et nous manque cruellement.
- Deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 frappent le Venezuela, provoquant des destructions massives.
- Belkys Barreto, 60 ans, secourue après 86 heures coincée dans un immeuble de 15 étages.
- Une réplique de magnitude 4,6 secoue La Guaira et Caracas.
- Bilan officiel mis à jour : 1 719 morts, 5 034 blessés, plus de 50 000 disparus.
- Aaron Vargas, 21 ans, sorti vivant des décombres à Caraballeda après une opération de 43 heures.
Dévastation à La Guaira
L'État côtier de La Guaira a été l'un des plus durement touchés. Des images de drones montraient des quartiers entiers où aucun bâtiment n'était resté debout. Francis Martín, 24 ans, qui s'est échappée avec sa mère, a décrit la scène à EFE.
La présidente Delcy Rodríguez a annoncé que 75 % de l'électricité avait été rétablie et que 90 % des routes étaient praticables, mais cette affirmation a été accueillie avec dérision par les habitants, qui ont déclaré que la police et la Garde nationale n'avaient fait que poser pour des photos.Il n'y a rien, il n'y a rien pour nous là-bas, une ville où l'on ne peut pas vivre, où il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, pas de bâtiments, pas de supermarché, pas d'hôpital, rien.
La communauté portugaise durement touchée
Le ministre des Affaires étrangères Paulo Rangel a prévenu que le nombre de ressortissants portugais ayant « tout perdu » se comptait par milliers. La communauté portugaise au Venezuela compte environ 220 000 citoyens plus 300 000 à 350 000 luso-descendants. Le gouvernement a initialement alloué 400 000 € pour des projets humanitaires et 257 000 € supplémentaires à des associations portugaises sur le terrain, avec la promesse d'ouvrir un compte de dons officiel pour se prémunir contre les fraudes.
Rangel a précisé que le Portugal n'organisait pas de rapatriements ; 17 citoyens qui étaient bloqués dans le pays devaient rentrer chez eux à bord d'un avion de l'armée de l'air revenant d'une mission de fret.Le nombre de ressortissants portugais qui ont tout perdu est vraiment très élevé.
Réponse internationale
La Chine a promis 13 millions d'euros d'aide, avec la possibilité d'en ajouter davantage plus tard. Le président du Salvador a partagé des vidéos de sauvetage sur les réseaux sociaux. L'ancien président destitué Nicolás Maduro, s'exprimant depuis sa détention mais actif en ligne, a remercié la communauté internationale pour son soutien lors de ce qu'il a appelé l'un des moments les plus douloureux du Venezuela.


