
Mattarella célèbre les 80 ans de l'Accord de Paris et de l'autonomie du Trentin-Haut-Adige
Le président Sergio Mattarella s'est rendu à Trente et à Merano samedi pour marquer le 80e anniversaire de l'Accord de Paris de 1946, qui a établi une autonomie spéciale pour le Trentin-Haut-Adige après la chute du fascisme.
Origines de l'autonomie régionale
Le 5 septembre 2026, le président italien Sergio Mattarella a participé aux cérémonies officielles dans le Trentin-Haut-Adige pour commémorer le 80e anniversaire de l'Accord de Paris. L'événement, tenu au Teatro Sociale de Trente et à Merano sous le titre « 1946-2026 : 80 ans d'une République et d'une Autonomie spéciale », a réuni des responsables nationaux et régionaux. Mattarella a décrit les huit décennies depuis l'accord comme une période de paix, d'ouverture européenne et de solidarité sociale qui a surmonté les divisions passées. La célébration a lié la création de l'autonomie spéciale directement au 80e anniversaire de la République italienne, établie par le référendum constitutionnel de juin 1946.
Fondements diplomatiques après le régime totalitaire
Le cadre juridique du territoire est issu de l'accord diplomatique signé en 1946 par le Premier ministre italien Alcide De Gasperi et le ministre autrichien des Affaires étrangères Karl Gruber. Mattarella a expliqué que l'accord a réglé les différends frontaliers et minoritaires qui persistaient depuis le traité de Saint-Germain de 1919. Le règlement d'après-guerre a spécifiquement remplacé les politiques ethniques coercitives des régimes totalitaires, notamment l'accord d'option de 1939 entre Benito Mussolini et Adolf Hitler qui forçait les germanophones à choisir entre la relocalisation en Allemagne ou l'assimilation totale. Le 14 juin 1946, De Gasperi a prononcé un discours radiophonique national assumant les fonctions provisoires de chef de l'État et s'engageant en faveur d'une république démocratique pour tous les citoyens.
Lors de son discours aux participants au Teatro Sociale, Mattarella a présenté l'autonomie régionale comme une défense active des institutions démocratiques contre la dictature.
La République et les autonomies, et parmi elles les spéciales, sont étroitement liées les unes aux autres et ont nourri et marqué le développement de la démocratie italienne en opposition au fascisme et en discontinuité par rapport aux caractéristiques de l'Italie préfasciste.
Protection des minorités et intégration européenne
Le pacte De Gasperi-Gruber a créé des garanties spécifiques pour les identités linguistiques des populations germanophone et ladine de la région. Mattarella a observé que la Constitution italienne a ensuite renforcé le principe selon lequel les individus ne devraient jamais se sentir étrangers dans leur propre patrie. Les relations bilatérales entre l'Italie et l'Autriche sont entrées dans une nouvelle phase en 1995, lorsque l'Autriche a adhéré à l'Union européenne et que l'accord de Schengen est entré en vigueur. Mattarella a déclaré que les frontières européennes ouvertes ont transformé d'anciens obstacles naturels et administratifs en points de rencontre pour les communautés voisines.
- Le traité de Saint-Germain réglemente les territoires contestés après la Première Guerre mondiale.
- L'accord Mussolini-Hitler force les germanophones à choisir l'émigration ou l'assimilation.
- Alcide De Gasperi assume les pouvoirs provisoires de chef de l'État après le vote constitutionnel.
- De Gasperi et Gruber signent l'Accord de Paris établissant l'autonomie spéciale.
- L'Autriche rejoint l'Union européenne alors que l'accord de Schengen entre en vigueur.
- Le président Sergio Mattarella assiste aux cérémonies du 80e anniversaire à Trente et à Merano.
Réforme statutaire et administration locale
Les dirigeants régionaux et les membres du cabinet se sont concentrés sur les responsabilités pratiques de gouvernance qui accompagnent l'autonomie spéciale. Maurizio Fugatti, le président de la province autonome de Trente, a déclaré que l'autonomie exige une responsabilité directe envers les citoyens et une participation civique soutenue, plutôt que de simples transferts financiers et pouvoirs réglementaires. Le ministre des Affaires régionales et des Autonomies, Roberto Calderoli, a salué la récente réforme du Statut régional, qui a résulté de négociations entre le gouvernement central et les administrations locales. Calderoli a noté que l'objectif principal pour les décennies à venir reste la mise en œuvre effective de ces pouvoirs réformés dans les deux provinces.


