
La justice française condamne l'ancien maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau à quatre ans de prison pour chantage à la sextape
La cour d'appel de Lyon a confirmé une peine de quatre ans de prison ferme contre l'ancien maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau pour avoir fait chanter son adjoint avec une vidéo filmée en secret.
Retour immédiat en prison
La cour d'appel de Lyon a ordonné l'incarcération immédiate de Gaël Perdriau le 10 septembre 2026, confirmant une peine de cinq ans de prison dont un an avec sursis pour chantage politique. L'ancien maire conservateur de Saint-Étienne a également été condamné à une amende de 50 000 euros et à une interdiction de se présenter à des fonctions publiques pendant dix ans, doublant la peine d'inéligibilité de cinq ans prononcée lors de son premier procès. La cour a émis un mandat de dépôt immédiat, renvoyant le politicien de 54 ans en détention après qu'il avait déjà purgé deux mois à la suite de sa condamnation initiale en décembre 2025. Les juges ont reconnu Perdriau coupable d'association de malfaiteurs, de chantage public et de détournement de fonds publics via des subventions municipales fictives versées à deux associations. Perdriau a protesté contre la décision directement dans la salle d'audience en signant les documents officiels de mise en détention.
Madame, vous venez de condamner un homme innocent.
Origines du complot d'extorsion
La procédure judiciaire découle d'un piège politique tendu contre Gilles Artigues, un ancien élu centriste qui était premier adjoint au maire de Saint-Étienne. Lors d'un déplacement à Paris fin 2014, Artigues a partagé un hôtel avec l'adjoint à l'éducation Samy Kéfi-Jérôme, qui avait organisé la visite d'une travailleuse du sexe dans une chambre équipée de caméras cachées. Artigues a été filmé à son insu en janvier 2015 alors qu'il recevait un massage intime, sans son consentement ni sa connaissance. Les conspirateurs, dont le directeur de cabinet du maire Pierre Gauttieri et l'instigateur Gilles Rossary-Lenglet, ont utilisé les images enregistrées à partir de 2016 pour neutraliser l'influence politique d'Artigues dans le département de la Loire. Perdriau a reconnu avoir utilisé un enregistrement audio en 2018 lors d'une confrontation houleuse, tout en affirmant n'avoir jamais commandité le tournage.
J'ai beaucoup souffert, et je sors de ces années très fatigué et très abattu.
- Gilles Artigues est filmé en secret dans une chambre d'hôtel à Paris avec une travailleuse du sexe
- Gaël Perdriau utilise un enregistrement audio pour menacer Gilles Artigues
- Mediapart révèle le complot de chantage contre Gilles Artigues
- Le tribunal correctionnel condamne Gaël Perdriau et ses co-prévenus en première instance
- La cour d'appel de Lyon tient les audiences du procès en appel
- La cour d'appel confirme la peine de quatre ans de prison ferme et ordonne la détention
Peines pour les co-conspirateurs
La cour d'appel a également prononcé des peines pour les autres figures clés impliquées dans le réseau de chantage à l'issue des audiences tenues en juin 2026. Gilles Rossary-Lenglet, qui a monté les images vidéo, a écopé d'une peine de quatre ans de prison dont deux ans avec sursis, modifiant sa peine initiale de première instance de quatre ans dont un an avec sursis. L'ancien adjoint à l'éducation Samy Kéfi-Jérôme, qui n'a fait appel que de sa condamnation pour recel de fonds détournés, a été condamné à une amende de 40 000 euros et à une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant cinq ans. Pierre Gauttieri, l'ancien directeur de cabinet qui a admis avoir organisé l'opération à la demande du maire lors de l'enquête, a renoncé à faire appel de sa condamnation de décembre 2025. Après ce premier jugement, la cour avait ordonné l'exécution provisoire, ce qui a destitué Perdriau de son poste de maire de Saint-Étienne.
- Gaël Perdriau
- 10 années
- Samy Kéfi-Jérôme
- 5 années
La défense se pourvoit en cassation
L'avocat de la défense Jean-Félix Luciani a annoncé que Perdriau allait se pourvoir en cassation devant la Cour de cassation française et déposer une demande de mise en liberté immédiate. Luciani avait plaidé lors des audiences de juin que le comportement de Perdriau relevait de menaces légales plutôt que de chantage criminel, une infraction passible de peines plus légères selon le code pénal français. Le scandale a été rendu public le 26 août 2022 après qu'un rapport d'enquête publié par Mediapart a détaillé l'existence de la vidéo compromettante. Après le verdict, Artigues a déclaré devant le tribunal qu'il espérait que la lourde peine dissuaderait d'autres élus de tenter de détruire des rivaux politiques. Les quatre principales personnes liées au stratagème de la mairie de Saint-Étienne purgent désormais des peines pénales.


