Gouvernement · Magdebourg et Berlin

Les dirigeants allemands envisagent l'article 37 sur la coercition fédérale contre l'AfD en Saxe-Anhalt

De hauts responsables politiques allemands ont invoqué l'article 37 de la Loi fondamentale pour faire respecter les lois fédérales si l'Alternative pour l'Allemagne forme un gouvernement régional en Saxe-Anhalt.

Texte IA fondé sur les articles de Handelsblatt, Süddeutsche Zeitung, ZEIT ONLINE et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Magdebourg, Berlin · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. 2024L'AfD arrive en tête dans toute la Saxe-Anhalt aux élections municipales.
  2. Septembre 2026L'AfD remporte l'élection régionale de Saxe-Anhalt avec près de 44 % des voix.
  3. 11 septembre 2026Thorsten Frei et Wolfgang Kubicki évoquent l'article 37 et le mécanisme de coercition fédérale.
  4. 12 septembre 2026La ministre de la Justice Stefanie Hubig détaille les pouvoirs d'instruction fédérale avec l'accord du Bundesrat.

Débat sur la coercition fédérale

Après la victoire de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) aux élections régionales de Saxe-Anhalt, de hauts responsables politiques fédéraux ont évoqué la possibilité d'utiliser la coercition fédérale (Bundeszwang) prévue à l'article 37 de la Loi fondamentale. Le chef du groupe parlementaire de l'Union, Thorsten Frei (CDU), et la ministre fédérale de la Justice, Stefanie Hubig (SPD), ont déclaré que ce mécanisme pourrait contraindre une administration régionale à respecter les lois fédérales en cas de comportement inconstitutionnel. Cette disposition permet au gouvernement fédéral, avec l'approbation du Bundesrat, d'imposer les obligations fédérales à une autorité régionale récalcitrante. L'article 37 n'a jamais été invoqué dans l'histoire de la République fédérale depuis 1949.

Mécanismes et pouvoirs constitutionnels

En vertu de l'article 37, le gouvernement fédéral a le pouvoir de prendre les mesures nécessaires pour qu'un État fédéré remplisse ses obligations. Parmi les interventions possibles évoquées par les juristes constitutionnels et les parlementaires figurent l'émission d'instructions directes aux agences régionales, la réduction des fonds fédéraux, la mise sous administration forcée de certains ministères ou le déploiement de la Police fédérale (Bundespolizei). La ministre de la Justice Stefanie Hubig a décrit des scénarios potentiels, comme un gouvernement régional ordonnant aux autorités locales de cesser de traiter les demandes de naturalisation ou d'interrompre l'enregistrement des mariages homosexuels.

« Le gouvernement fédéral pourrait alors adresser une instruction directe aux autorités régionales compétentes pour qu'elles appliquent les lois. Cela nécessiterait l'accord du Bundesrat. »

Stefanie Hubig, ministre fédérale de la Justice

Le professeur émérite de droit constitutionnel Christoph Degenhart a noté que la mesure la plus sévère consisterait à nommer un commissaire fédéral pour assumer certaines fonctions exécutives. Cependant, Degenhart a précisé qu'il n'existe aucun précédent juridictionnel concernant les limites exactes de l'article 37, ajoutant que le gouvernement régional de Magdebourg pourrait contester de telles actions fédérales devant la Cour constitutionnelle fédérale.

Dynamiques de coalition à Magdebourg

Ces discussions font suite à l'élection régionale en Saxe-Anhalt, où l'AfD est arrivée en tête avec près de 44 % des voix. Malgré ce résultat, il manque au parti trois sièges pour obtenir la majorité absolue au parlement régional (Landtag). Les partis traditionnels, dont la CDU, le SPD, Die Linke et les Verts, ont exclu toute coalition avec l'AfD, que l'Office de protection de la constitution classe comme d'extrême droite avérée. Pour former un gouvernement, l'AfD aurait besoin du soutien de l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui s'est montrée ouverte à des discussions préliminaires, ou de la défection de certains députés de la CDU.

Réactions politiques dans tous les partis

Des parlementaires de tous les partis fédéraux ont souligné que les instruments constitutionnels restent disponibles pour protéger les institutions démocratiques si un cabinet dirigé par l'AfD refusait d'appliquer les lois fédérales, comme les quotas de répartition des réfugiés prévus par la loi. Le dirigeant du Parti libéral-démocrate (FDP), Wolfgang Kubicki, a également noté qu'un gouvernement de l'AfD serait lié par le droit fédéral, applicable via le Bundeszwang. Frei a qualifié cette mesure de dernier recours que l'État emploiera si nécessaire pour protéger l'ordre constitutionnel.

« Si la situation l'exige, nous ferons bien sûr respecter la Loi fondamentale et utiliserons tous les instruments à cette fin. Les institutions de notre État doivent assurer cela. Nous sommes une démocratie militante. »

Thorsten Frei, chef du groupe parlementaire de l'Union

Frei a également commenté les résultats de la CDU en Saxe-Anhalt, qualifiant le résultat électoral d'abyssal, tout en notant que l'AfD était déjà arrivée en tête dans toute la Saxe-Anhalt lors des élections municipales de 2024 et que la CDU avait obtenu environ 19 % en Saxe-Anhalt lors de l'élection fédérale.

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