
L'aéroport de Nuremberg paralysé après un code de détournement envoyé par un vol en provenance de Corfou et une alerte aux drones
La police a bouclé l'aéroport de Nuremberg, en Bavière, mardi 13 octobre, après qu'un avion en provenance de Corfou a émis un code d'urgence pour interférence illicite. Des Eurofighter ont escorté l'appareil, qui s'est posé sans encombre, la police n'ayant constaté aucun danger au sol.
L'aéroport fermé vers midi
La police a bouclé l'aéroport de Nuremberg (Albrecht Dürer Airport), en Bavière, avant midi mardi 13 octobre, et le trafic aérien a été interrompu. L'aéroport a indiqué que cet arrêt du trafic était dû à une situation d'urgence en vol. La fermeture est intervenue peu avant l'atterrissage prévu, vers 12h15, d'un avion de ligne venant de l'île grecque de Corfou. L'aéroport est l'un des deux principaux de Bavière avec Munich ; il a accueilli près de 550 000 passagers en août, ce qui en fait le cinquième aéroport allemand selon le groupe de travail des aéroports allemands (ADV).
- Trois pilotes signalent indépendamment un possible drone au décollage ou à l'atterrissage
- L'avion de Corfou passe son squawk à 7500 et devient injoignable par radio ; des Eurofighter l'escortent
- La police boucle l'aéroport et le trafic aérien est interrompu
- Atterrissage prévu de l'avion de Corfou, qui se pose sans encombre
- Les vols peuvent à nouveau décoller et atterrir à l'aéroport
Code de détournement et escorte de chasseurs
L'avion de Corfou a modifié son squawk, le code à quatre chiffres qui identifie un appareil auprès du contrôle aérien, pour le passer à « 7500 ». Selon la police, ce code signale une interférence illicite ou un détournement, et le pilote était injoignable par radio. On ignore encore pourquoi ce code d'urgence a été émis et ce qui est arrivé au pilote. Des avions de chasse de l'escadre aérienne tactique 74 de Neuburg an der Donau ont escorté l'appareil dans l'espace aérien allemand, selon Deutsche Flugsicherung, avant de regagner leur base après l'atterrissage. Un porte-parole de l'aéroport a indiqué que l'avion s'était posé sans encombre.
Après l'atterrissage, les passagers sont restés à bord pendant que des forces spéciales inspectaient l'appareil. Un porte-parole de la police a déclaré que les passagers et les pilotes allaient bien et que tout était en ordre dans l'avion. La police n'a pas précisé le nombre d'agents engagés.
Une nuit marquée par de possibles observations de drones
Plus tôt, entre 2 heures et 4 heures, trois pilotes ont signalé indépendamment avoir vu, au décollage ou à l'atterrissage, un objet qui pourrait être un drone. La police aux frontières de l'aéroport de Nuremberg, en lien avec l'aéroport et les autorités de navigation aérienne, a lancé des recherches, notamment avec un hélicoptère de police, sans trouver de drone. La police a également ouvert une enquête sur les perturbations du trafic durant la nuit de lundi à mardi. La cause de l'alerte n'était pas établie au moment des informations.
Retards et reprise des vols
Selon un porte-parole de l'aéroport, six vols ont été retardés, deux à l'arrivée et quatre au départ. Deux vols à destination de Nuremberg ont été déroutés vers d'autres aéroports par précaution, et la chaîne polonaise Polsat News a cité Cologne et Prague comme points de déroutement. Les vols ont pu redécoller et atterrir à nouveau à partir d'environ 13h30, a indiqué le porte-parole de l'aéroport.
- Arrivées retardées
- 2 vols
- Départs retardés
- 4 vols
Contexte plus large
The Independent rapporte que les autorités européennes ont renforcé la surveillance du ciel ces dernières semaines, face à une multiplication d'incidents de drones pour la plupart inexpliqués. Le gouvernement allemand a imputé le mois dernier à la Russie une tentative d'attaque à l'aéroport de Leipzig/Halle en août, au moyen d'un drone chargé d'explosifs, et a annoncé la fermeture d'un consulat russe, entre autres mesures. Le président russe Vladimir Poutine a rejeté les accusations de Berlin. Moscou est largement accusé par les responsables occidentaux de mener une campagne de sabotage et de déstabilisation visant à saper le soutien à l'Ukraine. Les enquêteurs n'ont pas encore expliqué l'alerte de Nuremberg.


