
La France confirme une cyberattaque sur le système fiscal ayant exposé les données de 678 437 personnes
Le ministère français des Finances a confirmé une cyberattaque sur le système fiscal de la DGFiP ayant exposé les données de 678 437 personnes, avec une deuxième fuite touchant potentiellement 2 millions de propriétaires.
Brèche et découverte
Le ministère français de l'Économie et des Finances a annoncé jeudi 13 août que le système d'information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a été la cible d'un « accès illégitime » à la fin juin 2026, à la suite d'une usurpation d'identité. L'intrusion visait Impots.gouv.fr, le portail officiel de la DGFiP destiné aux particuliers et aux professionnels. L'accès a été coupé à la fin juin dans le cadre de contrôles effectués par la DGFiP, mais l'attaquant avait déjà pu consulter et extraire des données concernant à la fois des particuliers et des professionnels. Mercredi 12 août, un acteur malveillant a publiquement revendiqué l'intrusion, incitant Bercy à confirmer la brèche le lendemain, près de deux mois après les faits. Le ministère n'a pas précisé la nature des données ni le nombre de contribuables concernés dans son communiqué.
Bercy a déclaré que les premières investigations ont confirmé que l'accès avait permis la consultation et l'extraction de données malgré la coupure.
Les premières investigations confirment que cet accès, qui avait été coupé à la fin juin dans le cadre des contrôles effectués, a néanmoins permis la consultation et l'extraction de données concernant des particuliers et des professionnels.
Échelle de la première fuite
Bien que Bercy n'ait pas fourni de chiffres, le site spécialisé French Breaches, qui documente les cyberattaques commises en France, a rapporté jeudi matin que 678 437 personnes sont concernées, dont 392 867 particuliers et 285 570 professionnels. French Breaches a déclaré sur X que le fichier est désormais en vente pour plusieurs milliers d'euros. Le Parisien a noté que les données volées sont bien plus confidentielles qu'une simple adresse ou numéro de sécurité sociale, sans préciser la nature exacte des données fiscales concernées. L'écart entre le chiffre cité par Le Parisien (678 438) et French Breaches (678 437) n'a pas été expliqué.
- Particuliers
- 392867 personnes
- Professionnels
- 285570 personnes
Une deuxième fuite, plus importante, revendiquée
Jeudi soir, un représentant de French Breaches a déclaré à l'AFP qu'une nouvelle fuite liée à la DGFiP avait été revendiquée, concernant cette fois près de deux millions de propriétaires de biens immobiliers et fonciers en France. Selon French Breaches, le pirate affirme détenir les noms, dates de naissance, adresses, identifiants de propriété, parcelles cadastrales et informations sur les biens détenus. Le pirate affirme également avoir toujours accès au compte DGFiP. Bercy n'a pas répondu à cette deuxième revendication dans son communiqué. Le site French Breaches a été momentanément indisponible jeudi soir.
- Accès illégitime au système DGFiP via usurpation d'identité ; accès coupé lors des contrôles
- Un acteur malveillant revendique publiquement l'intrusion
- Bercy annonce la brèche ; French Breaches rapporte 678 437 personnes touchées
- French Breaches rapporte une deuxième fuite revendiquant près de 2 millions de propriétaires
Réponse du gouvernement et prochaines étapes
Bercy a déclaré qu'après la revendication de l'attaque mercredi, la DGFiP a immédiatement mis en œuvre de nouvelles mesures de restriction pour mettre fin à la brèche et empêcher de nouveaux accès illégitimes. Des enquêtes sont en cours pour déterminer précisément quelles données ont été compromises et combien d'utilisateurs sont concernés. Les équipes informatiques de la DGFiP travaillent avec le Haut fonctionnaire de défense et de sécurité. Les utilisateurs concernés recevront des notifications individuelles précisant les données qui ont pu être consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter. Comme c'est la procédure standard dans ce type d'incident, la DGFiP notifiera la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), déposera une plainte pénale et communiquera de nouveaux éléments au fur et à mesure de l'avancement des enquêtes.


