
Trump promet de retirer la Syrie de la liste américaine du terrorisme, ouvrant la voie à la reconstruction
Le président Trump a annoncé que les États-Unis retireraient la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après avoir rencontré le dirigeant syrien Ahmed al-Charaa lors du sommet de l'OTAN à Ankara. Cette décision, soumise à un examen de 45 jours par le Congrès, vise à débloquer les investissements étrangers et la reconstruction.
L'annonce à Ankara
Le président Donald Trump a rencontré le président syrien Ahmed al-Charaa en marge du sommet de l'OTAN à Ankara mercredi et a déclaré son intention de retirer la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme. « Je pense que je le ferai. Pourquoi ne le ferais-je pas ? Il a fait un excellent travail », a déclaré Trump aux journalistes. Une lettre remise à al-Charaa après la réunion, consultée par Reuters, indiquait : « J'ai promis de lever tous les obstacles qui vous empêchent de reconstruire votre pays, et très bientôt vous pourrez enfin le faire. »
J'ai promis de lever tous les obstacles qui vous empêchent de reconstruire votre pays, et très bientôt vous pourrez enfin le faire.
Le département d'État américain a ensuite confirmé avoir informé le Congrès, déclenchant une période d'examen de 45 jours avant que le retrait ne puisse prendre effet. Le département dirigé par le porte-parole Marco Rubio a qualifié cette étape de « jalon dans les relations bilatérales renouvelées entre les États-Unis et la Syrie et dans l'histoire de la Syrie en tant que nation ».
Du commandant d'Al-Qaïda à allié des États-Unis
Al-Charaa, qui a autrefois dirigé le Front Al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, a rompu les liens avec le groupe en 2016 et a ensuite commandé la coalition rebelle islamiste qui a chassé Bachar al-Assad fin 2024. Trump a salué ses efforts contre le groupe État islamique et a déclaré : « Il est respecté par tout le monde, y compris par moi. » Le dirigeant syrien a remercié Trump pour cette décision, la qualifiant d'« historique » et affirmant que « tout le peuple syrien » en est reconnaissant car elle ouvre la voie à la reprise économique.
C'est une décision historique dont tout le peuple syrien vous remercie.
Al-Charaa a souligné l'importance du soutien international, en particulier de la Turquie et des pays du Golfe, pour la reconstruction. Il a présenté la Syrie comme un État prêt à se réintégrer dans la communauté internationale et ouvert aux investissements étrangers.
Enjeux économiques et promesses d'investissement
Le retrait de la liste du terrorisme est considéré comme une condition préalable aux investissements directs étrangers à grande échelle. Cette désignation, en vigueur depuis 1979, restreint l'aide américaine, les exportations d'armes et certaines transactions financières. La lettre de Trump précisait que « les entreprises américaines sont prêtes à investir en Syrie et à vous aider à rendre votre pays plus grand et plus prospère que jamais ». Plusieurs entreprises saoudiennes prévoient des milliards d'investissements, et d'autres États du Golfe ont promis une aide financière. Le mois dernier, Trump avait déjà signé un décret levant les sanctions américaines contre la Syrie, mettant fin à son isolement du système financier international.
La dimension Hezbollah
Trump a tenté de lier le retrait de la liste à l'idée que la Syrie aide Israël à combattre le Hezbollah, la milice chiite soutenue par l'Iran qui combat les forces israéliennes au Liban. Al-Charaa a ignoré la suggestion, le territoire syrien restant en partie occupé par les troupes israéliennes et une telle coopération déstabiliserait la situation fragile à l'intérieur du pays. Cet échange a mis en lumière les dynamiques régionales complexes entourant la réintégration de la Syrie.
La suite
Le Congrès a maintenant 45 jours pour examiner la mesure. S'il ne s'y oppose pas, la Syrie quittera officiellement la liste des États soutenant le terrorisme, une étape que le département d'État qualifie de création de « l'opportunité pour la reconstruction ». La chronologie ci-dessous retrace les étapes clés, de la désignation à aujourd'hui.
- La Syrie est placée sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme.
- Ahmed al-Charaa rompt les liens avec le Front Al-Nosra d'Al-Qaïda.
- La coalition rebelle d'al-Charaa chasse Bachar al-Assad, mettant fin à la phase la plus violente de la guerre civile.
- Trump signe un décret levant les sanctions américaines contre la Syrie, mettant fin à son isolement financier.
- Trump rencontre al-Charaa à Ankara et annonce le retrait de la liste du terrorisme.
- Le Congrès examine la mesure ; si elle n'est pas bloquée, la Syrie est officiellement retirée de la liste.


