
Aleksandar Vučić convoque des élections législatives anticipées en Serbie pour le 18 ou le 25 octobre
Le président serbe Aleksandar Vučić a annoncé à la télévision d'État que des élections législatives anticipées auront lieu le 18 ou le 25 octobre, avançant le scrutin prévu en décembre 2027 après des mois de protestations menées par des étudiants.
Calendrier électoral et chronologie
Le président serbe Aleksandar Vučić a annoncé jeudi lors d'une émission en direct sur le diffuseur public RTS que des élections législatives anticipées auront lieu le 18 ou le 25 octobre. Le scrutin national était initialement prévu pour décembre 2027, ce qui place le vote automnal plus d'un an avant le calendrier régulier. Vučić a indiqué que les autorités confirmeront la date définitive dans les prochains jours, décrivant le vote comme un choix direct entre le parti au pouvoir et le reste de l'échiquier politique.
Les élections législatives auront lieu le 18 ou le 25 octobre. La date exacte sera connue dans les prochains jours.
D'un côté, il y aura le Parti progressiste serbe avec sa liste, de l'autre toutes les autres options politiques.
Origines du mouvement de protestation
La décision de convoquer des élections anticipées fait suite à 18 mois de manifestations antigouvernementales et anticorruption à travers le pays. Le mouvement de protestation a débuté en novembre 2024 après l'effondrement d'un auvent de gare ferroviaire dans la ville septentrionale de Novi Sad, une catastrophe qui a tué 16 personnes. Les manifestants menés par des étudiants ont attribué la défaillance structurelle à la corruption systémique et à la mauvaise gestion de l'État, transformant les appels initiaux à une enquête transparente en revendications persistantes pour des élections générales anticipées.
La participation aux protestations a culminé en mai lors d'un rassemblement à Belgrade qui a rassemblé environ 180 000 personnes, selon les chiffres d'une organisation de comptage indépendante. Alors que la mobilisation de rue a ralenti plus tard dans l'été, les groupes étudiants ont confirmé leur intention d'entrer dans la compétition politique formelle en présentant leur propre liste électorale indépendante pour le vote automnal.
- Un auvent s'effondre à la gare de Novi Sad, tuant 16 personnes et déclenchant des protestations.
- Environ 180 000 manifestants se rassemblent à Belgrade pour exiger des comptes politiques.
- Le président Vučić annonce son intention de démissionner et d'organiser des élections anticipées.
- Vučić propose les 18 ou 25 octobre comme dates pour les élections législatives anticipées.
Rôles de direction et stratégie du parti
Vučić, âgé de 56 ans, détient le pouvoir national depuis 12 ans en tant que premier ministre ou président. Il a été élu président pour la première fois en 2017 et a été réélu pour un second mandat de cinq ans en 2022. Le 27 juin, Vučić a déclaré lors d'un rassemblement du parti qu'il démissionnerait dans les semaines à venir pour faciliter des scrutins parlementaires et présidentiels anticipés, marquant le début du calendrier de transition actuel.
Lors de l'émission de jeudi, Vučić n'a pas fixé de date précise pour quitter la présidence, bien qu'il ait précédemment indiqué qu'il démissionnerait immédiatement après avoir officiellement convoqué le vote parlementaire pour commencer la campagne. Les figures de l'opposition ont accusé à plusieurs reprises Vučić et ses alliés d'étouffer les médias indépendants, d'orchestrer des violences contre des rivaux politiques et d'entretenir des liens avec le crime organisé, accusations que Vučić et la coalition au pouvoir démentent. Les analystes rapportent qu'une victoire du Parti progressiste serbe permettrait à Vučić de revenir au poste de premier ministre, préservant ainsi son rôle central dans la gouvernance.
Exigences d'adhésion et relations étrangères
Les élections arrivent alors que la Serbie poursuit les négociations formelles d'adhésion à l'Union européenne tout en maintenant des partenariats diplomatiques et économiques de longue date avec la Russie et la Chine. Les responsables européens maintiennent que les pays candidats doivent démontrer des progrès en matière d'indépendance judiciaire, de liberté des médias, de lutte contre la corruption et de conditions pour un scrutin libre et équitable, en plus d'aligner la politique étrangère nationale sur celle du bloc.
Le vote d'octobre prévu représente le point culminant de plus d'un an de pression publique sur le Parti progressiste serbe au pouvoir, testant si les coalitions d'opposition et les listes étudiantes peuvent défier le gouvernement aux urnes.


