Le Sénat chilien adopte la réforme économique de Kast par 26 voix contre 24, le projet de loi retourne à la Chambre des députés pour un examen final
Le projet de loi, qui réduit l'impôt sur les sociétés et offre des garanties d'investissement, est désormais soumis à la Chambre des députés pour un vote final, tandis que l'opposition promet un recours constitutionnel.
Le vote
Après 12 heures de débat qui se sont prolongées jusqu'aux premières heures du jeudi 16 juillet, le Sénat a approuvé les articles essentiels de la « Loi de reconstruction et de développement économique et social » par 26 voix contre 24. Le projet de loi, qui contient environ 40 mesures, retourne maintenant à la Chambre des députés pour un examen final lundi et mardi, où la majorité de droite devrait l'adopter. Les sénateurs de l'opposition ont promis de contester la loi devant la Cour constitutionnelle.
Le Chili a besoin de croître et ce projet le rend possible.
Ce que contient la réforme
La pièce maîtresse est une réduction progressive du taux de l'impôt sur les sociétés de 27 % actuellement à 23 % d'ici 2029. Le gouvernement affirme que cela attirera les investissements et améliorera la compétitivité. Le projet de loi introduit également des garanties de stabilité fiscale pour les grands investissements : 10 ans pour les projets entre 50 et 100 millions de dollars, 15 ans pour ceux entre 100 et 350 millions de dollars, et 20 ans pour les investissements dépassant 350 millions de dollars.
- 50-100 M$
- 10 ans
- 100-350 M$
- 15 ans
- >350 M$
- 20 ans
D'autres dispositions incluent une indemnisation pour les entreprises dont les permis environnementaux sont révoqués par les tribunaux, des incitations au rapatriement des capitaux, une exonération temporaire de la TVA pour l'achat de logements, des avantages fiscaux pour les seniors sur leur première propriété, et un « droit à l'oubli financier » qui supprime les dettes prescrites des fichiers de crédit après cinq ans. La réforme simplifie également les permis pour les projets d'investissement.
Contexte économique
L'économie chilienne est atone. Le PIB a reculé de 0,5 % au premier trimestre 2026, après une croissance de 2,5 % en 2025, et l'activité économique a diminué pendant cinq mois consécutifs. Le chômage a atteint 9,4 % au cours de la période mobile de mars à mai, son plus haut niveau depuis juin 2021. La Banque centrale prévoit une croissance de seulement 1 % à 1,75 % pour 2026, tandis que le gouvernement a abaissé son objectif de croissance à long terme de 4 % à 3,5 % d'ici 2030. Le FMI a déclaré que le projet pourrait stimuler la croissance mais aussi peser sur les comptes publics.
Réactions et critiques
L'opposition estime que la réforme favorise les plus riches et réduira les recettes de l'État. La sénatrice Beatriz Sánchez a déclaré que chaque point de pourcentage de réduction représente 420 millions de dollars de moins pour les caisses publiques. La présidente du Parti socialiste, Paulina Vodanovic, l'a qualifiée de « seule réforme fiscale qui ne cherche pas à collecter plus, mais moins ». Un sondage Cadem a révélé que 56 % des Chiliens sont en désaccord avec les réductions d'impôts, et la popularité de Kast est en baisse. L'analyste politique Gilberto Aranda a décrit la politique comme un retour au modèle néolibéral orthodoxe de la fin des années 1970 et du début des années 1980.
Chaque point qui est abaissé signifie 420 millions de dollars de moins pour les recettes de l'État.
Ce projet est sans précédent. C'est la seule réforme fiscale qui ne cherche pas à collecter plus, mais moins, et à réduire les recettes fiscales pour provoquer la croissance.
La suite
La Chambre des députés débattra du projet de loi amendé les 20 et 21 juillet. Le bloc de droite détenant la majorité, l'approbation est probable. L'opposition prévoit de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, ce qui pourrait retarder la mise en œuvre. Pour Kast, qui a pris ses fonctions en mars en promettant un programme d'urgence économique, le vote du Sénat marque sa première victoire législative.
- Projet de loi présenté au Congrès
- Le Sénat approuve le projet de loi par 26 voix contre 24 après un débat de 12 heures
- La Chambre des députés entame l'examen final
- L'opposition dépose un recours devant la Cour constitutionnelle
