
La justice tchèque autorise l'extradition de la néo-nazie allemande Marla Svenja Liebich
La Haute Cour de Prague a rejeté tous les recours de l'extrémiste de droite condamnée Marla Svenja Liebich, ouvrant la voie à son transfert de la détention tchèque vers une prison allemande dans les jours à venir.
La décision de justice met fin à la bataille judiciaire
La Haute Cour de Prague a rejeté mardi les derniers recours de la néo-nazie allemande Marla Svenja Liebich, confirmant qu'elle sera remise aux autorités allemandes pour purger sa peine de prison. La décision est définitive et sans appel, a indiqué un porte-parole du tribunal. Liebich, 55 ans, avait contesté à la fois l'ordre d'extradition et l'impartialité du juge président du tribunal régional de Pilsen, qui avait approuvé son transfert début juin.
La Haute Cour de Prague a statué que, dans les deux cas, elle n'a pas jugé la plainte de la personne requise fondée. Cette décision signifie que la présidente de la chambre du tribunal régional de Pilsen n'a pas été exclue de la décision sur le fond, et dans la seconde affaire, la remise de la personne requise à la République fédérale d'Allemagne a été confirmée.
Contexte de la condamnation allemande
Liebich a été condamnée en juillet 2023 par le tribunal de district de Halle à un an et six mois de prison ferme pour incitation à la haine, diffamation et insultes. À l'époque, elle était encore juridiquement un homme sous le nom de Sven. Après le verdict, elle a utilisé la loi allemande sur l'autodétermination pour faire modifier son inscription de genre en féminin, une démarche que les médias allemands ont décrite comme une tentative tactique d'éviter l'incarcération dans une prison pour hommes.
Arrestation et détention en Tchéquie
Après un mandat d'arrêt européen de plusieurs mois, Liebich a été arrêtée le 9 avril dans la ville frontalière tchèque de Krasná, près d'Aš. Elle est depuis détenue en vue de son extradition à la prison de Pilsen, un établissement qui héberge plus de 1 200 détenus, dont des criminels violents. Les conditions y sont considérées comme sévères. Liebich a déclaré lors des procédures qu'elle ne voulait pas être envoyée en Allemagne parce qu'elle craignait pour sa vie dans une prison allemande pour hommes.
- Condamnée par le tribunal de district de Halle pour incitation à la haine, diffamation et insultes ; change ensuite de genre juridique.
- Arrêtée à Krasná, en République tchèque, après des mois de cavale européenne.
- Le tribunal régional de Pilsen ordonne l'extradition vers l'Allemagne.
- La Haute Cour de Prague rejette tous les recours, confirmant l'extradition.
Prochaines étapes
La procédure standard exige désormais que la police tchèque procède à l'extradition dans un délai de dix jours. Liebich pourrait en théorie déposer un dernier recours devant la Cour constitutionnelle de Brno, mais cela est considéré comme peu probable. La décision administrative finale incombe au ministre tchèque de la Justice, Jeronym Tejc, ancien social-démocrate nommé par le parti ANO du Premier ministre Andrej Babiš. Une fois transférée, Liebich devrait être conduite à l'établissement pénitentiaire de Chemnitz.
Débat sur la loi sur l'autodétermination
Cette affaire a relancé le débat en Allemagne sur la loi sur l'autodétermination qui permet de changer de genre juridique par simple déclaration. Les critiques estiment que l'utilisation de cette disposition par Liebich pour potentiellement influencer son affectation carcérale révèle une faille, tandis que les partisans de la loi soutiennent qu'elle ne doit pas être jugée sur un seul cas de supposé abus.


