
Affrontements à Bruxelles entre jeunes masqués et policiers lors d'un rassemblement contre l'austérité
Des canons à eau et des gaz lacrymogènes ont été utilisés vendredi près de la gare centrale de Bruxelles, la police affirmant que les émeutiers n'étaient pas liés au rassemblement syndical contre les coupes budgétaires.
Affrontements près de la gare centrale
La police et des manifestants masqués se sont affrontés vendredi dans le centre de Bruxelles, alors que les syndicats défilaient contre les plans d'austérité du gouvernement fédéral. Des dizaines de manifestants, souvent jeunes et vêtus de noir, ont lancé des pierres et des pétards sur les policiers à la gare, et ont allumé plusieurs incendies, dont un sur un tas de vélos en libre-service et de trottinettes électriques. Les forces de l'ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des charges à la matraque, et la circulation ainsi que les transports publics ont été perturbés dans toute la ville. Les affrontements se sont ensuite déplacés vers la gare du Midi, où la foule a tenté un itinéraire non autorisé vers Saint-Gilles et où plusieurs centaines de manifestants ont jeté des pierres et des objets sur les policiers avenue Fonsny.
- La tension monte près de la gare alors que plusieurs centaines de jeunes rejoignent les manifestants, selon la police
- Le cortège quitte la gare Centrale, selon 7sur7
- Le premier groupe FGTB arrive calmement à la gare du Midi
Manifestants, police et syndicats
La police a estimé le rassemblement à environ 30 000 personnes, Tgcom24 a évoqué environ 50 000 participants et 7sur7 a titré sur une fourchette de 30 000 à 50 000. Selon la police, la tension est montée près de la gare à partir de 10h30, lorsque plusieurs centaines de jeunes ont rejoint les manifestants, et une équipe de l'AFP sur place a vu des groupes de plusieurs centaines de personnes s'affronter à plusieurs reprises avec les policiers dans un nuage de gaz lacrymogène. Les dirigeants syndicaux ont déclaré que les émeutiers n'avaient rien à voir avec leur marche, qui s'est déroulée pacifiquement selon l'AP, avec des participants vêtus de rouge ou de vert. Marie Gobert, mère célibataire et assistante sociale venue de Namur avec l'une de ses filles, a déclaré à l'AP que les frais de scolarité avaient augmenté en même temps que les transports publics et les billets de train. Elle a dit :
Je travaille, mais je n'arrive pas à joindre les deux bouts.
Gobert a également déclaré que le système éducatif était démantelé et que les jeunes qui veulent s'exprimer ne sont pas écoutés. Elle a ajouté :
On sent la tension sociale, on sent la colère qui commence à monter partout.
Négociations budgétaires et revendications syndicales
L'AP rapporte que le gouvernement belge peine à finaliser son budget pour l'année prochaine et que le pays est englué dans la dette publique, comme la France et l'Italie voisines. Le Premier ministre Bart De Wever cherche à économiser 10 milliards d'euros dans les années à venir, et les négociations de coalition sur les coupes doivent se poursuivre jusqu'au 13 octobre. Les syndicats réclament une hausse des impôts sur les revenus les plus élevés plutôt que des coupes dans des domaines comme la santé ou une augmentation de la TVA, et ils ont proposé des alternatives budgétaires d'un montant de 21 milliards d'euros. Vendredi matin, une importante délégation de la CSC a été reçue pendant environ une heure par le président des Engagés, Yvan Verougstraete, au siège du parti. Verougstraete a qualifié les discussions de sincères et calmes, et il a défendu l'élargissement de la base imposable pour réduire le coût du travail, en particulier pour les bas salaires. Il n'a pris aucun engagement ferme et a déclaré :
Je ne leur ai évidemment pas promis la lune et les étoiles.
Liège et la suite
Liège a été le centre de plusieurs jours de protestations qui ont dégénéré en violences, et la ville a interdit les rassemblements publics. L'AP a fait état de plus de 200 arrestations et de dizaines de policiers blessés, tandis que JN a chiffré les arrestations à environ 200. Des élèves du secondaire de la communauté francophone manifestent contre les coupes dans le budget de l'éducation, un mouvement en partie inspiré par les protestations en France. Le représentant syndical Luc Toussaint a déclaré que la situation se dégradait à un rythme accéléré et que les gens en avaient déjà assez. Le personnel ferroviaire doit faire grève pendant 24 heures lundi, avec moins de trains à partir de 22h00 dimanche, et des vols au départ de l'aéroport de Bruxelles ont été annulés.

