
Le Premier ministre grec Mitsotakis rejette un prêt pour les marbres du Parthénon et exhorte le Royaume-Uni à restituer les frises
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé Londres à faire preuve de courage politique et à réunir les marbres du Parthénon à Athènes, rejetant les cadres de prêt calqués sur la tapisserie de Bayeux.
Appel à la réunification des sculptures
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a publié une tribune dans The Guardian le 24 septembre 2026 appelant au retour des marbres du Parthénon du British Museum à Athènes. Mitsotakis a soutenu que la résolution du différend nécessite une action décisive du gouvernement britannique pour rassembler les sculptures du Ve siècle en Grèce. Le gouvernement grec maintient que les frises ont été pillées en 1802 par Lord Elgin, l'ambassadeur britannique auprès de l'Empire ottoman, qui les a ensuite vendues au British Museum. La Grèce a explicitement rejeté toute proposition qui l'obligerait à reconnaître la propriété britannique ou à accepter un arrangement de prêt temporaire pour des artefacts provenant de son propre monument.
Mitsotakis a présenté la réunification de la collection divisée comme une base pour une coopération culturelle plus large entre Londres et Athènes.
Ce dont on a besoin maintenant, c'est de la volonté politique et du courage de franchir le pas décisif, de réunir les sculptures et de transformer un différend historique en un acte unique d'amitié culturelle.
Évolution des positions politiques britanniques
Cet appel diplomatique intervient dans un paysage politique londonien en mutation après une transition à la tête du Royaume-Uni. Le Premier ministre Andy Burnham a pris ses fonctions en juillet 2026, succédant à Keir Starmer au 10 Downing Street. Avant d'entrer au gouvernement, Burnham s'était publiquement déclaré favorable au retour des sculptures en Grèce sans conditions. Fin août 2026, Burnham a changé de position, déclarant au Financial Times que le sort des sculptures relevait uniquement des administrateurs du British Museum. Les dispositions juridiques britanniques établies par le British Museum Act de 1963 continuent d'interdire à l'institution de se dessaisir et de transférer définitivement des artefacts de sa collection permanente.
Rejet du modèle de prêt de Bayeux
Le débat a refait surface après que le British Museum a organisé un prêt de dix mois de la tapisserie de Bayeux depuis la France, exposant pour la première fois à Londres ce textile de près de 70 mètres, vieux de près de 1 000 ans. Le directeur du British Museum, Nicholas Cullinan, a suggéré dans le Financial Times que l'accord de prêt transmanche pourrait servir de modèle pour résoudre le différend sur le Parthénon. Mitsotakis a rejeté ce cadre dans son article, arguant que les deux artefacts représentent des situations de conservation totalement différentes. Il a noté que la tapisserie de Bayeux reste une œuvre continue intacte, tandis que les sculptures du Parthénon ont été taillées au burin et divisées entre Londres et Athènes. Mitsotakis a déclaré qu'aucun musée n'envisagerait de couper la tapisserie de Bayeux en deux pour des expositions séparées, ajoutant que la frise du Parthénon représente une expression architecturale indivisible de la démocratie athénienne.
État des discussions bilatérales
Les discussions directes entre le gouvernement grec et le British Museum se poursuivent depuis 2021 pour résoudre la question de la garde des frises. Le Daily Telegraph a rapporté le 23 septembre 2026 que ces négociations de plusieurs années avaient échoué en raison de la frustration grecque face au manque de progrès concrets. Un porte-parole du British Museum a contesté les allégations d'une rupture, déclarant à l'AFP mercredi soir que la position de l'institution et son ouverture à un accord restaient inchangées. Le gouvernement britannique maintient que Lord Elgin a acquis les sculptures légalement sous la domination ottomane, laissant les deux nations divisées sur le titre légal et les mécanismes d'une éventuelle restitution.
- Lord Elgin retire les sculptures du Parthénon et les transfère ensuite au British Museum
- Le British Museum Act est promulgué, interdisant à l'institution de se dessaisir d'objets de sa collection
- La Grèce et le British Museum entament des discussions bilatérales formelles sur l'avenir des frises
- Andy Burnham succède à Keir Starmer comme Premier ministre britannique au 10 Downing Street
- Andy Burnham déclare que les sculptures relèvent du British Museum, modifiant sa position antérieure
- Le Daily Telegraph rapporte l'échec des discussions, ce qu'un porte-parole du British Museum dément
- Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis publie une tribune dans The Guardian appelant à la réunification

