
La France refuse de geler l’impôt sur le revenu dans le budget 2027 pour éviter des hausses d’impôts automatiques
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé que la France indexera les tranches d’impôt sur le revenu sur l’inflation intégrale dans le budget 2027, évitant ainsi des hausses d’impôts mécaniques, tandis que l’exécutif cherche 30 milliards d’euros d’économies.
Décision d’indexation des tranches d’impôt
Le gouvernement français ne proposera pas de gel du barème de l’impôt sur le revenu dans son projet de loi de finances pour 2027. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé la position officielle de l’exécutif dimanche lors de son passage dans l’émission Grand Oral 2027, coanimée par BFMTV et Le Figaro. Bregeon a déclaré que le gel des tranches d’impôt sur le revenu avait été écarté car ce mécanisme augmenterait automatiquement l’imposition des contribuables français sans hausse d’impôt explicite votée par le Parlement. Au lieu de laisser les seuils d’imposition stagner alors que les salaires augmentent, l’exécutif prévoit de soumettre une proposition liant les tranches d’imposition directement à l’inflation intégrale. Bregeon a souligné lors de l’émission qu’une indexation partielle avait également été exclue par l’administration.
Nous allons proposer une indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation intégrale, pas en partie. Il n’est pas question de geler ce qu’on appelle le barème.
Engagements budgétaires et impact sur les ménages
La décision de lier les seuils d’imposition à l’inflation correspond aux engagements politiques énoncés par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Lecornu avait précédemment promis que l’administration n’introduirait pas de nouveaux impôts dans le cadre du budget 2027 à venir. Un barème non indexé ou gelé générerait des hausses d’impôts mécaniques en poussant les salariés dans des tranches supérieures à mesure que leurs revenus nominaux augmentent pour suivre les prix à la consommation. Bregeon a averti lors de son entretien que le gel des tranches créerait une hausse d’impôt automatique touchant tous les citoyens français, qualifiant le résultat potentiel d’injuste. En garantissant une indexation intégrale sur l’inflation, l’exécutif cherche à préserver le pouvoir d’achat réel des ménages imposables et à éviter des hausses d’impôt déguisées.
Réduction du déficit et économies
Tout en excluant les hausses d’impôts automatiques via le gel des tranches, l’exécutif reste confronté à des contraintes budgétaires strictes pour stabiliser les finances publiques. Le gouvernement français cherche actuellement 30 milliards d’euros d’économies pour réduire le déficit budgétaire de l’État et endiguer la dette publique. Cet objectif d’économies de 30 milliards d’euros oblige les ministres à trouver des réductions dans les dépenses publiques plutôt que de compter sur l’augmentation automatique des recettes provenant des tranches d’imposition. Lecornu et son cabinet doivent structurer le projet de budget 2027 autour de ces réductions de dépenses tout en respectant leur engagement de ne pas imposer de nouveaux prélèvements sur les ménages et les entreprises.
- La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon écarte le gel des tranches d’impôt sur le revenu lors de l’entretien du Grand Oral
- Année de mise en œuvre du budget de l’État visant une indexation intégrale sur l’inflation et 30 milliards d’euros d’économies
Négociations politiques et équilibre parlementaire
La présentation de la feuille de route budgétaire 2027 intervient dans un environnement politique divisé à Paris. Lors de son passage dominical, Bregeon a évoqué le paysage législatif, mettant en garde contre le poids politique et l’influence du Rassemblement national et de La France insoumise. Parallèlement à la présence de ces blocs d’opposition, le gouvernement fait face à des négociations en cours entre plusieurs figures politiques de premier plan, notamment Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Il n’est pas encore confirmé si et comment ces trois personnalités parviendront à un accord sur la stratégie législative. Le passage du budget 2027 au Parlement dépendra de la gestion de ces dynamiques politiques internes et de l’obtention d’un soutien pour les 30 milliards d’euros de réductions de dépenses prévues.


