
Le Washington Post qualifie la France d'homme malade de l'Europe alors que les taux obligataires dépassent 5 %
Les rendements des obligations souveraines françaises à dix ans ont dépassé 5 % après une récente vague de ventes, et le Washington Post estime que les difficultés budgétaires de la France pourraient se propager à l'ensemble de la zone euro.
Le marché obligataire et le verdict
Dans un éditorial publié vendredi, le Washington Post affirme que la France a remplacé la Grèce et l'Italie comme « homme malade de l'Europe ». Le journal cite une récente vague de ventes sur les obligations souveraines françaises, qui a poussé les rendements à dix ans au-dessus de 5 %, un niveau inédit depuis des années. L'éditorial qualifie cette vague de ventes de symptôme d'un problème plus large et avertit que les difficultés budgétaires françaises risquent de propager des turbulences économiques à toute la zone euro. Les investisseurs s'inquiètent, écrit le journal, parce que les perspectives budgétaires apparaissent de plus en plus sombres et que le système politique divisé semble incapable d'empêcher l'État de glisser vers l'insolvabilité.
La France est désormais l'homme malade de l'Europe, aux prises avec une combinaison de dépenses sociales astronomiques, de déficits croissants et d'une « bombe de la dette » qui approche.
Déficit, dette et emprunts
Le déficit budgétaire français dépasse actuellement 5 % du PIB, bien au-dessus de la limite de 3 % fixée par l'Union européenne. La dette publique a atteint près de 3 600 milliards de dollars, soit 119 % du PIB, et le gouvernement prévoit d'emprunter 386 milliards de dollars supplémentaires l'an prochain. L'éditorial indique que la France consacre plus de 57 % de son PIB au secteur public, une part supérieure à celle d'autres pays européens qui dépensent eux aussi généreusement pour les programmes sociaux. Le reproche central du journal est que le pays dépense plus pour entretenir son réseau de protection sociale et sa bureaucratie que ce qu'il perçoit en impôts.
- Dette publique
- 119 % du PIB
- Dépenses du secteur public (plus de 57 %)
- 57 % du PIB
- Déficit budgétaire (plus de 5 %)
- 5 % du PIB
Le problème de la France est simple : le pays dépense plus pour entretenir son réseau pléthorique de filets de sécurité sociale et une bureaucratie gouvernementale croissante qu'il ne perçoit en impôts.
Manifestations et blocage politique
Des manifestations de rue ont lieu dans les villes françaises depuis la fin septembre, et les manifestants réclament davantage de dépenses pour l'éducation. Le Post rappelle qu'Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle de 2017, avait promis de sortir de l'impasse politique et de remettre de l'ordre dans les finances publiques, sans y parvenir. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reporté à après les élections la réforme des retraites, impopulaire, en 2025, afin de survivre à une motion de censure. L'éditorial soutient que chaque fois que les dirigeants politiques tentent, même légèrement, de réduire le système de protection sociale, ses principaux bénéficiaires descendent dans la rue, conformément à la tradition de la Révolution française.
- Macron promet de sortir de l'impasse politique et de remettre de l'ordre dans les finances publiques, ce que le Post estime non réalisé
- Lecornu reporte à après les élections la réforme des retraites, impopulaire, pour survivre à une motion de censure
- Début des manifestations de rue, les manifestants réclamant davantage de dépenses pour l'éducation
- L'éditorial du Washington Post qualifie la France d'homme malade de l'Europe
Ce que le Post annonce ensuite
L'éditorial indique que les principaux candidats à la prochaine élection présidentielle n'inspirent pas une grande confiance aux investisseurs. Il ajoute que le système politique divisé semble incapable d'empêcher l'État de sombrer dans l'insolvabilité. Le journal affirme que la volonté politique de s'attaquer aux causes de la situation fait défaut. Son avertissement central est que les difficultés budgétaires françaises pourraient se propager à toute la zone euro.

