
La France ordonne l'expulsion de deux diplomates iraniens après que Téhéran a interdit l'entrée à deux employés de l'ambassade
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé les expulsions après que Téhéran a interdit l'entrée à deux diplomates français qui avaient été détenus et intimidés par les forces de sécurité iraniennes en juillet.
Ordres d'expulsion émis à Paris
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi 18 août 2026 que la France expulsera deux diplomates iraniens dans les prochains jours. Cette mesure fait suite à la décision de Téhéran de déclarer deux employés de l'ambassade de France persona non grata après un différend dans la capitale iranienne le mois précédent. Barrot a annoncé cette décision sur le réseau social X et dans un entretien avec le journal régional La Montagne. Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur iranien au Quai d'Orsay mardi pour lui notifier officiellement la décision.
J'avais annoncé que cet acte intolérable aurait des conséquences. Et c'est le cas. Deux diplomates iraniens en France seront expulsés dans un avenir très proche.
La confrontation de juillet à Téhéran
Le différend a commencé par un incident le 19 juillet 2026 à Téhéran, où les forces de sécurité iraniennes ont détenu deux employés de l'ambassade de France, dont l'attaché culturel de la mission. Le personnel français rencontrait deux graphistes iraniens, Aria Kasaei et Elahe Naghilou, qui ont également été arrêtés lors de cette rencontre et restent en détention. Les responsables français ont déclaré que les diplomates ont été retenus pendant plusieurs heures, interrogés et soumis à une intimidation physique avant d'être relâchés.
Barrot avait condamné la détention le 20 juillet 2026, la qualifiant d'acte d'intimidation des services de sécurité iraniens qui violait l'immunité diplomatique. Les deux membres du personnel français ont ensuite quitté l'Iran. Les responsables français ont indiqué que ces employés étaient chargés de programmes de soutien à la société civile iranienne, en particulier des artistes et des chercheurs universitaires.
Allégations iraniennes et interdictions de voyage
Téhéran a rejeté les allégations de mauvais traitements, affirmant que les diplomates n'avaient été brièvement interrogés qu'après avoir assisté à une réunion avec des personnes recherchées par les autorités. Samedi 15 août 2026, le ministère iranien du Renseignement a accusé la France de mener un vaste projet visant à exercer une influence dans le pays et à agir contre l'indépendance iranienne.
Lundi 17 août 2026, le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé que les deux employés français ne seraient pas autorisés à retourner en Iran. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré que les responsables français avaient violé la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques par leurs engagements envers la société civile.
Au lieu de faire la lumière sur cette agression préméditée et délibérée, de punir les auteurs et de prendre les engagements nécessaires pour garantir la sécurité de nos locaux et de nos agents, conformément à leurs obligations internationales, les autorités iraniennes ont choisi de porter des accusations totalement fausses contre nos agents et de fabriquer un cas d'ingérence pour justifier leurs actions.
Rupture bilatérale et chronologie
Les expulsions mutuelles font suite à des tensions persistantes dans les relations entre Paris et Téhéran. Les porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, dont Pascal Confavreux et Glenn Salic, ont déclaré que les autorités iraniennes avaient fabriqué des allégations d'ingérence au lieu d'enquêter sur l'agression contre le personnel étranger. Barrot avait convoqué le chargé d'affaires iranien à Paris immédiatement après l'incident de juillet, ce qui a conduit aux ordres d'expulsion de mardi.
- Les forces de sécurité iraniennes détiennent deux diplomates français et deux graphistes iraniens à Téhéran.
- Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot condamne la détention et convoque le chargé d'affaires iranien.
- Le ministère iranien du Renseignement accuse la France de mener une opération d'influence en Iran.
- L'Iran informe la France que les deux diplomates français ne seront pas autorisés à revenir.
- La France convoque l'ambassadeur iranien et ordonne l'expulsion de deux diplomates iraniens.
