Les États-Unis bloquent l'accès étranger aux meilleurs modèles d'IA d'Anthropic, plaçant la souveraineté numérique au cœur de la campagne présidentielle française
Washington a ordonné à Anthropic de couper l'accès à ses modèles d'IA les plus puissants pour tous les ressortissants étrangers, plongeant immédiatement les candidats à la présidentielle française dans un débat houleux sur la souveraineté numérique.
L'ordre
Le vendredi 12 juin, le gouvernement américain a ordonné à Anthropic de suspendre l'accès à ses modèles d'IA les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5, pour « tout ressortissant étranger, à l'intérieur ou à l'extérieur des États-Unis », y compris les propres employés étrangers de l'entreprise. La directive a été émise dans le cadre des contrôles à l'exportation, Washington invoquant des risques pour la sécurité nationale. Anthropic a révélé cette décision dans un communiqué d'entreprise, la qualifiant de mesure sans précédent.
Le gouvernement américain nous a ordonné de suspendre l'accès de tout ressortissant étranger, à l'intérieur ou à l'extérieur des États-Unis, à nos modèles les plus puissants.
Une fracture préexistante
Cette décision n'est pas tombée du ciel. Début mars, le Pentagone a annulé ses contrats avec Anthropic, qualifiant l'entreprise de « risque pour la chaîne d'approvisionnement ». Anthropic était la seule entreprise d'IA dont les modèles étaient accrédités pour des travaux de défense classifiés. Elle a intenté un procès, affirmant avoir été punie pour avoir refusé que son IA soit utilisée pour la surveillance de masse ou les armes autonomes.
- Le Pentagone annule tous les contrats avec Anthropic, désignant l'entreprise comme un risque pour la chaîne d'approvisionnement.
- Les États-Unis ordonnent à Anthropic de suspendre l'accès à ses modèles les plus puissants pour tous les ressortissants étrangers.
- Les candidats à la présidentielle française réagissent, transformant l'ordre en un débat sur la souveraineté.
La classe politique française réagit
Le samedi 13 juin, des poids lourds de l'ensemble de l'échiquier présidentiel français se sont emparés de la décision. Jordan Bardella du Rassemblement national y a vu la preuve que l'IA est déjà un enjeu majeur de souveraineté nationale.
Cette décision soudaine nous rappelle que l'intelligence artificielle est déjà un enjeu majeur de souveraineté nationale. La France doit accélérer son soutien à la pépite Mistral AI et à l'ensemble de l'écosystème IA.
Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, a présenté la décision comme un signal d'alarme pour l'indépendance numérique tout en la dénonçant comme un règlement de comptes politique du gouvernement américain contre une entreprise connue pour sa position éthique en matière d'IA.
Depuis 2016, LFI a classé le domaine numérique comme la nouvelle frontière de l'humanité et refuse que la France soit une colonie numérique des États-Unis. Cette décision prouve l'urgence d'être indépendant et souverain.
Un avertissement de vassalisation
Le candidat Renaissance Gabriel Attal a déclaré que « la guerre de l'IA a déjà commencé » et a mis en garde contre un risque de « vassalisation totale de la France ». Il a établi un parallèle géopolitique entre le goulot d'étranglement de l'IA et le détroit d'Ormuz.
Nous ne pouvons pas compter sur les autres car cela nous rend vulnérables, la décision des États-Unis le montre. Anthropic est leur détroit d'Ormuz.
Édouard Philippe d'Horizons a déclaré que Washington soumettait le développement de l'IA à sa logique de puissance, soulignant que la France ne contrôle ni les modèles ni l'infrastructure de calcul, qu'il a qualifiés d'essentiels comme l'électricité ou Internet.
Un point d'inflexion dans la campagne
L'action américaine a brutalement placé la souveraineté numérique au centre de la course présidentielle française. Sur tout l'échiquier politique, les candidats invoquent désormais la nécessité de soutenir les entreprises d'IA nationales, en particulier Mistral AI, et de réduire la dépendance à l'égard des infrastructures d'IA contrôlées par les États-Unis. Ce qui a commencé comme une manœuvre de contrôle des exportations est devenu un enjeu déterminant d'une élection nationale.

