Deutsche Umwelthilfe conteste la nouvelle loi sur le chauffage devant la Cour constitutionnelle
Le recours, qui sera déposé en septembre, soutient que le Gebäudemodernisierungsgesetz viole l’article 20a en autorisant de nouveaux chauffages au gaz et au fioul au-delà de 2044 et en ne garantissant pas la neutralité climatique d’ici 2045.
La nouvelle loi
Le Gebäudemodernisierungsgesetz, publié au Journal officiel fédéral la dernière semaine de juillet 2026, remplace la loi précédente sur le chauffage qui exigeait que tout nouveau système de chauffage fonctionne à 65 % d’énergies renouvelables. Selon les nouvelles règles, de nouveaux chauffages au gaz et au fioul pourront encore être installés à partir du 1er janvier 2029, à condition qu’ils utilisent une part croissante de combustibles neutres en CO₂ comme le biométhane. Pour les chauffages existants, un « quota de gaz vert » sera introduit à partir de 2028, commençant à 1 % maximum, mais les détails restent flous. La loi abandonne également l’interdiction précédente d’installer des chauffages au gaz et au fioul après 2044, interdiction qui faisait partie de la loi sur l’énergie dans les bâtiments.
Recours constitutionnel
Deutsche Umwelthilfe (DUH) a annoncé qu’elle déposerait un recours constitutionnel contre la loi devant la Cour constitutionnelle fédérale de Karlsruhe. La directrice fédérale Barbara Metz a déclaré à l’agence de presse Deutsche Presse-Agentur que l’avocat Remo Klinger prépare le dossier, le dépôt étant attendu en septembre.
Maintenant que nous connaissons la version définitive de cette loi, notre avocat Remo Klinger rédige le recours constitutionnel. Nous serons prêts à le soumettre à la Cour constitutionnelle fédérale en septembre.
Arguments juridiques
Le recours se concentre sur l’article 20a de la Loi fondamentale, qui oblige l’État à protéger les fondements naturels de la vie, également dans la responsabilité envers les générations futures. Metz a fait valoir que le secteur du bâtiment est une source importante d’émissions de CO₂ et que l’absence de neutralité climatique dans ce secteur compromettrait l’objectif global.
Le plus grave est que l’objectif de neutralité climatique d’ici 2045 ne peut être atteint avec cette loi. Après 2044, l’installation de chauffages au gaz et au fioul sera encore possible. Cette interdiction a disparu. Elle existait auparavant dans la loi sur l’énergie dans les bâtiments.
Metz a également critiqué ce qu’on appelle « l’escalier bio » (Biotreppe), qui exige une augmentation progressive de l’utilisation du biogaz, mais n’est réglementé que jusqu’en 2040.
L’escalier bio peut devenir très coûteux, car on ne sait pas si ces biogaz seront même disponibles. Tout ce qui se passe après 2040 reste ouvert et flou.
Elle a ajouté que les locataires n’ont pas leur mot à dire sur la technologie installée dans leurs immeubles, ce qui les expose à des coûts futurs inconnus.
Préoccupations plus larges et prochaines étapes
D’autres associations et experts ont également émis des doutes constitutionnels sur la nouvelle loi. Metz s’est dite confiante que la cour accepterait le recours, le contrastant avec une contestation antérieure infructueuse d’une limitation de vitesse qui ne visait qu’une seule mesure.
La loi sur la modernisation des bâtiments concerne quant à elle l’ensemble du secteur du bâtiment, avec de très nombreuses émissions de CO₂. Et elle représente un net recul en matière de protection du climat, ce qui n’est pas admissible.
La Cour constitutionnelle fédérale doit d’abord décider si elle accepte le recours pour un jugement. Si elle le fait, l’affaire pourrait créer un précédent quant à la mesure dans laquelle la législation climatique doit aller pour respecter les obligations constitutionnelles. La chronologie ci-dessous présente les dates clés de la mise en œuvre de la loi et du recours juridique.
- Publication du Gebäudemodernisierungsgesetz au Journal officiel fédéral
- La DUH dépose un recours constitutionnel devant la Cour constitutionnelle fédérale
- Introduction d’un quota de gaz vert pour les systèmes de chauffage existants, à partir de 1 %
- Nouveaux chauffages au gaz et au fioul autorisés s’ils utilisent une part croissante de combustibles neutres en CO₂
- Fin de la réglementation Biotreppe ; les obligations au-delà de 2040 sont floues
- Objectif de neutralité climatique de l’Allemagne, que la DUH estime irréalisable avec cette loi


