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Conflits·-2 h

Trump confirme avoir traité Netanyahou de « fou » à cause des frappes au Liban, les pourparlers de paix avec l’Iran en suspens

Le président américain a reconnu un échange téléphonique tendu au cours duquel il a réprimandé le Premier ministre israélien pour son action militaire au Liban, une campagne qui a poussé l’Iran à menacer de suspendre la diplomatie nucléaire.

L’appel téléphonique

Donald Trump a confirmé mercredi avoir traité Benjamin Netanyahou de « fou » lors d’un appel lundi, déclarant au podcast Pod Force One qu’il était « un peu contrarié qu’il se batte constamment avec le Liban ». Le site d’information Axios avait le premier rapporté cet échange, citant des responsables américains anonymes selon lesquels Trump avait employé un langage vulgaire et dit au Premier ministre : « T’es complètement fou. Tu serais en prison sans moi. Je te sauve les miches. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. »

Trump a minimisé l’idée qu’il était en colère. « Je ne dirais pas en colère. J’étais un peu contrarié », a-t-il déclaré. « J’aime beaucoup Bibi. Et je travaille très bien avec lui. »

La réponse de Netanyahou

Le Premier ministre israélien a balayé toute suggestion de désaccord. « Parfois, comme dans les meilleures familles, on a ces désaccords tactiques », a-t-il déclaré à CNBC mercredi. « On trouve toujours un moyen de les résoudre, et on le fait en très bons amis. » Il a ajouté que les deux dirigeants peuvent « être en désaccord le matin » et se mettre d’accord l’après-midi, et qu’ils parlent tous les deux jours de leurs « objectifs communs ».

Parfois, comme dans les meilleures familles, on a ces désaccords tactiques. On trouve toujours un moyen de les résoudre, et on le fait en très bons amis.

Les négociations avec l’Iran en péril

Cette confrontation intervient alors que Trump évalue un accord qui prolongerait le cessez-le-feu américano-iranien et ouvrirait des discussions sur le programme nucléaire de Téhéran. L’Iran a répondu aux frappes israéliennes au Liban en menaçant de suspendre les pourparlers avec Washington. La réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime mondiale vitale, est également en jeu. Trump a déclaré penser que le détroit se « résoudra assez rapidement » mais n’a pas exclu qu’il reste bloqué jusqu’à la fête du Travail le 7 septembre.

Je ne sais pas. Je veux dire, je pense que ça pourrait l’être (fermé jusqu’à la fête du Travail), mais je pense que c’est peu probable. Je pense que nous l’aurons. Je pense que ça va se résoudre assez rapidement.

Des objectifs de guerre divergents

Des experts ont prévenu que cet appel signalait une frustration de la Maison-Blanche près de 100 jours après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur des cibles en Iran le 28 février. Brett Bruen, ancien diplomate et président de l’agence de communication de crise Global Situation Room, a déclaré à la BBC que Netanyahou « a une longue histoire de danser seul, indépendamment de ce qu’il entend de Washington ». Trump, a-t-il ajouté, « a décidé de se lancer avec lui, et il apprend maintenant une leçon très difficile sur ce qui arrive quand on fait la guerre avec un dirigeant plutôt imprévisible dont le programme ne correspond pas toujours à ses propres priorités ».

Netanyahou a une longue histoire de danser seul, indépendamment de ce qu’il entend de Washington. Trump a décidé de se lancer avec lui, et il apprend maintenant une leçon très difficile sur ce qui arrive quand on fait la guerre avec un dirigeant plutôt imprévisible dont le programme ne correspond pas toujours à ses propres priorités.

Une alliance mouvante

El Confidencial rapporte que la discorde pourrait être structurelle, et non simplement tactique. Un sondage Gallup de février 2026 a révélé que 41 % des Américains sympathisent davantage avec les Palestiniens qu’avec les Israéliens, contre 36 % qui préfèrent Israël. L’article soutient que les objectifs américains et israéliens ont divergé au cours de plus de trois mois de guerre : Trump ne cherche plus un changement de régime en Iran mais veut des concessions sur les programmes balistiques et nucléaires et un retour au statu quo d’avant-guerre dans le détroit d’Ormuz, tandis qu’Israël continue de chercher la destruction maximale des capacités de l’État iranien et de ses alliés.

Moments clés de la discorde Trump-Netanyahou sur l’Iran
  1. Les États-Unis et Israël lancent des frappes conjointes sur des cibles en Iran, débutant le conflit de 100 jours
  2. Trump traite Netanyahou de « fou » à propos des bombardements renouvelés au Liban ; Israël et le Hezbollah acceptent une trêve le même jour
  3. Trump confirme l’appel téléphonique sur le podcast Pod Force One ; Netanyahou dit à CNBC qu’ils n’ont que des « désaccords tactiques »

Victimes et chronologie

Au moins 3 516 personnes ont été tuées au Liban depuis mars, selon le ministère de la Santé du pays. L’appel téléphonique a eu lieu le même jour où Trump a annoncé avoir obtenu des garanties de trêve de la part de Netanyahou et du Hezbollah, avant qu’Israël ne reprenne des bombardements à grande échelle. La guerre américano-iranienne a commencé par des frappes le 28 février et a maintenant dépassé le cap des 100 jours, les objectifs militaires et politiques entre Washington et Jérusalem restant non alignés.

Washington · Jérusalem · Téhéran · Beyrouth

8 sources

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