
Le projet de loi sur le temps de travail du ministre allemand du Travail provoque une rupture au sein de la coalition, la CDU et les employeurs crient au scandale
Un projet de loi du ministère allemand du Travail, qui assouplirait la journée de travail de huit heures uniquement pour les entreprises disposant de conventions collectives, a déclenché une vive dispute au sein de la coalition, le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, déclarant qu'il ne peut servir de base à la poursuite des travaux.
Le projet de loi limite la flexibilité aux entreprises liées par une convention collective
Le projet divulgué du ministère fédéral du Travail, dirigé par le SPD, propose que les partenaires de la négociation collective puissent convenir d'un temps de travail maximal hebdomadaire plutôt que quotidien. La loi actuelle fixe un plafond quotidien de huit heures, pouvant être étendu à dix dans certains cas, avec une certaine flexibilité déjà possible via les conventions collectives. Le nouveau projet, cependant, étendrait cette flexibilité uniquement aux entreprises liées par une convention collective. Pour les lieux de travail sans convention collective, la limite quotidienne resterait essentiellement en vigueur. Le projet prévoit également l'enregistrement électronique du début, de la fin et de la durée du temps de travail quotidien, en réponse aux arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne et du Tribunal fédéral du travail.
Rupture au sein de la coalition
L'accord de coalition entre la CDU/CSU et le SPD s'était engagé à créer la possibilité d'un temps de travail maximal hebdomadaire « conformément à la directive européenne sur le temps de travail, également et surtout pour une meilleure conciliation entre la vie familiale et professionnelle ». Les responsables de la CDU/CSU et les associations d'employeurs estiment désormais que le projet rompt cette promesse en liant l'assouplissement à l'existence d'une convention collective. Le projet violerait donc le pacte de coalition, selon eux.
Le projet en circulation du ministère fédéral du Travail ne correspond pas à l'accord sur la flexibilité du temps de travail dans l'accord de coalition et ne peut donc pas servir de base à la poursuite des travaux de la coalition sur cette question.
Les employeurs dénoncent des « schémas réglementaires obsolètes »
Les groupes d'employeurs ont immédiatement attaqué le projet. Le président de la Confédération des associations d'employeurs allemands (BDA), Rainer Dulger, a déclaré qu'il « contredit flagrante l'accord de coalition » et ne répond pas aux exigences d'un monde du travail numérique flexible. Le directeur général de Gesamtmetall, Oliver Zander, l'a décrit comme « un recueil des positions maximales des syndicats » et a ajouté que le projet « frise le refus de travailler et n'a rien à voir avec un ajustement pragmatique à la réalité du monde du travail ». La présidente de l'union des petites et moyennes entreprises de la CDU/CSU, Gitta Connemann, a qualifié le texte de « contre-projet à l'accord de coalition, au détriment des PME ».
Ce qui a été présenté ici n'est pas une réforme, mais un recueil des positions maximales des syndicats.
Le ministère insiste sur le fait que le projet n'est pas définitif
Le ministère du Travail a décrit le document comme un projet de travail interne encore en cours de coordination au sein du ministère et donc pas encore validé pour une consultation interministérielle ou la chancellerie. De tels projets de référence sont souvent utilisés pour tester l'ambiance politique. Le porte-parole de la CDU pour le marché du travail, Marc Biadacz, a souligné la position de l'Union selon laquelle un temps de travail maximal hebdomadaire devrait être accessible à tous les salariés, qu'ils soient ou non couverts par une convention collective.
La position de l'Union est claire : un temps de travail maximal hebdomadaire crée une flexibilité considérable dans une multitude de professions. Nous voulons rendre cela possible pour tous les salariés, qu'ils soient liés ou non par des conventions collectives.
Les syndicats maintiennent la pression
Les syndicats se mobilisent depuis des mois avec la campagne « Mit Macht für die 8 » contre toute abolition de la journée de huit heures, qui a été inscrite pour la première fois dans la loi en 1918. Le responsable politique du SPD pour le marché du travail, Jan Dieren, avait déjà précisé l'année dernière que la réforme de la loi sur le temps de travail n'était pas « un projet de prédilection » de son parti. Le projet actuel, en limitant tout changement aux entreprises liées par une convention collective, semble refléter l'influence des syndicats, mais suscite toujours une vive opposition de la part des employeurs et de la CDU.


