
La Cour de justice de l'UE autorise la compensation par solde net dans les affaires de prêts en francs suisses en Pologne
La Cour de justice de l'Union européenne a statué le 10 septembre 2026 que les juridictions nationales peuvent compenser les créances entre banques et emprunteurs dans les litiges relatifs à des prêts hypothécaires invalides en francs suisses, en n'accordant que la différence nette si le droit polonais le permet.
L'arrêt sur le règlement mutuel
La Cour de justice de l'Union européenne a rendu son arrêt le 10 septembre 2026 dans l'affaire C-510/25 (Adazik), répondant à des questions préjudicielles posées par le tribunal de district de Varsovie. Le litige concernait un prêt hypothécaire indexé sur le franc suisse contracté en 2005 et remboursé par anticipation en 2015, après quoi les emprunteurs ont exigé le remboursement intégral de toutes les échéances payées en raison de clauses contractuelles abusives. La cour luxembourgeoise a établi que les articles 6, paragraphe 1, et 7, paragraphe 1, de la directive 93/13/CEE n'imposent pas une procédure de règlement unique après la déclaration de nullité d'un contrat. Les juridictions nationales sont autorisées à appliquer la théorie du solde net (teoria salda) au lieu de la théorie des deux conditions, à condition que le droit polonais le permette. L'avocate Karolina Podlasin a noté que si le modèle des deux conditions nécessite des actions séparées pour la totalité du capital versé et des échéances payées, la règle du solde net limite la demande au surplus.
- Les emprunteurs contractent un prêt hypothécaire indexé sur le franc suisse en Pologne.
- Les emprunteurs remboursent le prêt par anticipation avant de demander un remboursement.
- La CJUE statue que le droit de l'UE autorise la compensation des créances selon la théorie du solde net.
Protection des consommateurs et conditions judiciaires
Le tribunal européen a précisé que l'application de la méthode du solde net ne doit pas aggraver la situation juridique du consommateur ni dissuader les individus d'exercer leurs droits de consommateur. Les emprunteurs conservent le droit de réclamer des intérêts de retard légaux, mais uniquement sur le montant excédentaire payé au-delà du capital reçu du prêteur. Lorsque le total des remboursements effectués par le consommateur ne dépasse pas le capital versé, aucun intérêt de retard n'est accordé. Les juges nationaux ne peuvent pas compenser les créances mutuelles sans que l'emprunteur en ait connaissance. Le tribunal doit informer le consommateur des conséquences juridiques de la nullité du contrat et de la compensation ; si le consommateur ne s'oppose pas à ces conséquences, le tribunal peut procéder à la compensation d'office. En outre, dans les cas où les décaissements et les remboursements ont été effectués dans des devises différentes, le droit polonais détermine si une compensation globale s'applique.
Réactions du secteur et impact juridique
Le secteur bancaire polonais a considéré cette décision comme une clarification importante pour les litiges en cours et futurs. Tadeusz Białek, président de l'Association bancaire polonaise (ZBP), a déclaré que l'arrêt renforce la prévisibilité en regroupant les créances dans une seule procédure judiciaire, ce qui réduit les coûts juridiques pour les tribunaux, les consommateurs et les prêteurs, tout en mettant fin aux structures de double facturation pour les cabinets d'avocats.
C'est une expression de bon sens que la Cour suit depuis un certain temps. L'objectif est de traiter les questions de règlement plus efficacement. La CJUE confirme également que le consommateur, en cas d'invalidation du contrat, ne peut exiger que le surplus au-dessus du capital versé.
PKO Bank Polski a noté que l'arrêt suit les décisions précédentes du 23 avril en confirmant que les consommateurs doivent restituer le capital reçu. Anna Cudna-Wagner, avocate chez CMS Cameron McKenna représentant PKO Bank Polski, a souligné les implications pratiques pour le règlement des litiges.
Il est particulièrement important que le règlement prenne en compte les prestations des deux parties et permette un règlement juste et proportionnel des obligations réciproques. C'est une solution qui augmente la prévisibilité tant pour les banques que pour les clients.
Les tribunaux nationaux polonais vont désormais évaluer si les règles de procédure polonaises permettent la mise en œuvre nationale de la compensation d'office dans les litiges en cours relatifs aux prêts en francs suisses.


